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Affiche pour Le Misanthrope

Le Misanthrope
(3.5/5)

Du 14 janvier 2026 au 24 janvier 2026

Dans ce chef-d’œuvre beaucoup plus étrange qu’on ne l’imagine, tout est jeu de pouvoir au détriment de l’autre.

Synopsis

Alceste, champion de la sincérité, est épris de Célimène, jeune veuve mondaine tout à la fois superficielle, profonde et attirante, courtisée par tout ce que Paris compte de courtisans infatués.

Le Misanthrope, comme le disait Louis Jouvet, "c’est la comédie d’un homme qui veut avoir un entretien décisif avec une femme qu’il aime et qui, au bout de la journée, n’y est pas parvenu".

Ni comédie, ni tragédie ; ni Philinte, ni Alceste. L’énigme reste ouverte et Georges Lavaudant continue son exploration des classiques, au plus près des mots et des corps.

L'avis de la rédaction

Molière s’amuse à tendre au genre humain un miroir souvent peu flatteur tout au long de son œuvre.

Avec le Misanthrope, il confronte les spectateurs à cette palette de comportements si propres à nos sociétés policées avec une virtuosité rare et une gourmandise assez jouissive.

Tous les personnages et toutes les scènes sont cultes.
Nous pouvons tous parfois nous reconnaître en Alceste, qui souhaite s’isoler du monde quand celui-ci paraît trop faux, trop hypocrite.

Alors, comment faire redécouvrir et entendre toute la saveur d’un tel monument de théâtre à un public en 2026 ?

George Lavaudant et sa troupe composent une mise en scène classique, laissant toute sa place au texte et à l’interprétation.

S’affranchissant de décors fastueux, sans pour autant tomber dans le minimalisme, l’enchaînement des actes provient d’un panneau tournant, présentant d’un côté une galerie des glaces révélatrice du vice, et de l’autre, la panoplie de tenues que porte la mondaine Célimène, en guise de chambre de cette dernière.

Les costumes sont à l’avenant, ne brillant pas par leur excentricité, mais donnant la priorité aux traits les plus saillants de chaque personnage.

On se concentre ainsi sur la force naturelle du texte et du jeu des interprètes.

Un choix judicieux avec un comédien aussi expressif qu’Eric Elmosnino en Alceste vindicatif.
Son personnage ainsi que celui de Mélodie Richard en Célimène volage sont les plus grands atouts de cette distribution.
Leurs échanges sont délicieux et soutiennent la pièce.

Dans les rôles secondaires, on apprécie le jeu ampoulé d’Aurélien Recoing en Oronte ainsi que les interventions bouffonesques des marquis Acaste et Clithandre, respectivement incarnés par Mathurin Voltz et Luc-Antoine Diquéro.

On regrette de n’être pas aussi emballés par les autres rôles qui peinent à trouver le bon niveau par rapport à ces performances.

Les acteurs et actrices cabotinent à l’envie avec ces rimes qui s’enchaînent.

Du sonnet « méchant » d’Oronte aux envolées lyriques d’Alceste, on ne sait parfois lequel nous amuse le plus.
La salle rit et prend conscience de la modernité du propos de Molière. C’est l’essentiel.
L’ensemble est efficace et on se plaît à observer ce ballet des mots et des sentiments qui s’entrecroisent pour ne jamais vraiment se toucher.

De quoi donner une nouvelle chance à la société, malgré ses défauts ?

Thomas Benatar

Théâtre de L'Athénée - Louis Jouvet

Superbe théâtre à l'italienne classé monument historique, l'Athénée est un lieu dédié au théâtre musical, à l'opéra de chambre et au théâtre contemporain. Il a été longtemps dirigé par le célèbre acteur et metteur en scène Louis Jouvet.

Square de l'Opéra Louis-Jouvet - 7 rue Boudreau
75009 Paris

Photo pour Théâtre de L'Athénée - Louis Jouvet