Julie Depardieu nous livre tous les secrets d'alcôve de cet amour fou.
Synopsis
La Misérable, c’est la mise en lumière de l’ombre de Victor Hugo, Juliette Drouet, qui raconte 50 ans d’un amour fou et d’une emprise réciproque. C’est la docilité d’une femme indocile qui s’est chargée d’accompagner le plus grand poète de tous les temps pour qu’il aille au bout de son œuvre.
Juliette est son héroïne, sa muse, sa passion, sa copiste, son inspiratrice, mais aussi sa prisonnière. Victor, l’enferme dans une chambre de bonne pendant 14 ans pour ne l’avoir rien qu’à lui. Elle lui écrira des milliers de lettres, pendant sa captivité, tout en restant son éternel soutien, dévouée corps et âme.
Deux êtres inséparables bercés par un amour secret et obsessionnel, pour le meilleur et pour le pire !
L'avis de la rédaction
Une femme, seule sur scène, face à la mémoire d’un homme qui écrasa tout sur son passage : Victor Hugo.
À travers la voix fine et vibrante de Julie Depardieu, c’est le portrait d’une amoureuse oubliée qui renaît, entre passion, dévotion et effacement.
Une heure dix pour retrouver Juliette Drouet, muse, amante et prisonnière volontaire d’un géant de la littérature, dans un moment de théâtre à la fois élégant, intime et profondément humain.
Julie Depardieu prête son souffle et sa fantaisie à cette femme de l’ombre dont la vie fut un roman.
Juliette Drouet, actrice contrainte d’abandonner sa vie légère par amour, consacra 50 ans de sa vie à Victor Hugo. Elle recopiait ses manuscrits, gérait sa correspondance et vécut recluse, comme une fidèle vestale au service du génie.
Le texte la montre parfois trop docile, soumise, passive, au point de reléguer son esprit audacieux et sa curiosité brûlante à l’arrière-plan.
Est-ce vraiment la femme qu’elle fut ? Ou celle qu’on a voulu qu’elle reste ?
Julie Depardieu, elle, parvient à fissurer cette image figée. Elle injecte à son interprétation une folie douce, une légèreté ironique, une intensité discrète et poignante. Son regard pétille, son corps se tord, sa voix tremble, elle n’imite pas Juliette, elle la traverse. Ce jeu de nuances donne au spectacle sa beauté et nous donne à voir celle d’une actrice qui, derrière la fragilité, laisse deviner la puissance d’un être libre. En chemise de nuit, livrée à elle-même, elle fait exister mille émotions sur ce plateau nu.
On sent que le potentiel de la comédienne n'a pas été totalement exploité, ce qui aurait permis d'avoir un récit, plus fort, plus dense. On sait ce dont elle est capable.
La mise en scène, sobre et un brin surannée, repose sur un dispositif minimaliste : quelques lumières, des transitions musicales et un espace unique, la chambre de l’amante.
On y sent un souffle un peu daté, presque d’un autre temps, pourtant ce dépouillement permet aussi de concentrer toute l’attention sur le texte et la performance. Le décor modeste devient le théâtre de toutes les passions, celui d’une femme qui aime, doute, rage, espère et pardonne.
La Misérable n’est pas un spectacle d’effets. C’est un moment suspendu, un murmure sur la fidélité, la solitude et l’amour absolu.
Un seul-en-scène touchant, porté par une actrice d’une sensibilité rare.
Julie Depardieu redonne à Juliette Drouet une voix, une dignité et une vraie présence.
Un hommage sincère à une femme libre dans son amour, qui continue de briller dans l’ombre du plus grand écrivain et pervers romantique.
Prisca C.