Voraces

Voraces
  • Théâtre de l'opprimé
  • 78-80 rue du Charolais
  • 75012 Paris
  • L1 Reuilly Diderot - L8 Montgallet - L6 Dugommier
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Quatre personnages pris dans une attraction terrible vers leurs fins, ils marchent à l’instinct, selon leurs désirs. Chacun d’eux possède en lui une bête qui veut user de ses crocs.

Thomas et Léna sont ensemble, elle est plus jeune et elle l’aime à en mourir. Lui se fait ronger de l’intérieur, il cherche de l’aide chez son voisin, Simon, jeune homme trouble aux envies dangereuses.

Seule Alice a su dompter cette chose en elle. Elle arrive auréolée de lumière parmi eux. Comme des noyés qui se raccrochent au dernier objet flottant pour survivre, ils vont tenter de s’agripper à elle et essayer de l’entraîner avec eux. Elle est comme une comète, inaltérable, qui traverse le cosmos en laissant un sillage de carnage. Les gens qu’elle rencontre se fracassent sur son passage. C’est sa malédiction.

Deux présences sont là pour se nourrir de leurs troubles. Chantant et se mouvant dans l’ombre, elles sont des êtres sans âge, présents depuis toujours. Leurs voix réveillent les monstres qui ont faim.

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Une plongée dans les bas-fonds de la conscience humaine. Là où les fantasmes transgressent les interdits, où les désirs se confrontent aux empêchements et où la folie prend les armes de la violence.

Léna et Thomas vivent en couple, Alice et Simon en colocation. Des jeux d’attirance, de séduction et de répulsion vont s’échanger entre eux. Qui aime qui ? Qui veut être aimé ? Qui ne peut continuer d'aimer ? Qui d’entre eux est soumis à la démence, à ses monstres intérieurs qui étreignent, à ses mensonges qui s’envolent ?

Un magma d’impossibles destinées dans cette antre d’humanité brisée où en définitive on se demande si une trouble et puissante animalité domestique ou sauvage règne. Animalité qui implose ou explose selon les personnages tous perturbés et leurs relations toujours agressives. Voraces de la vie ou de la mort, on ne sait pas.

Une image nous reste, celle voilée de leurs corps nus s’emparant de nourritures avec férocité. Une autre aussi nous indique quelque chose à la fin de la pièce. Celle de Léna enlaçant Thomas et hurlant à Alice : « laisse-le, il est à moi ! » comme un fauve rugissant pour protéger sa proie.

Une succession de scènes étranges, au réalisme cru et à l'onirisme cauchemardesque, s’enchainent et s’enchevêtrent. Fulgurances, visions, rêves, illusions ou représentations du réel ?

Deux femmes aux corps mi nus mi maquillés d’un pelage, interviennent sans cesse. Elles s’interposent et chantent des arpèges fantasmagoriques aux tonalités psychédéliques.

Un décor dépouillé occupé par deux canapés et un voile de fond de scène qui sert d’écran de protection et de projection d’images vidéos.

Une tension permanente, pesante, tenace.

Les comédiennes et les comédiens jouent avec un époustouflant engagement. Tous les quatre sincères et précis dans les troubles magnifiques de leurs personnages.

Les deux chanteuses nous envoutent de leurs voix bien placées. La sonorisation varie la puissance, du murmure de leurs mélopées aux cris portés et tenus. Polyphonies, mélodies plates et onomatopées créent une ambiance sonore et musicale efficace et réussie.

Un spectacle impressionnant, d’une beauté âpre et singulière.

C’est le dernier temps du festival « Feux sur la jeune création » du Théâtre de l’Opprimé. Théâtre grâce auquel les découvertes d’un art théâtral contemporain ont une place et le public un lieu.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor