Voyage à Tokyo

Voyage à Tokyo
Mis en scène par Dorian Rossel
  • Théâtre Paris-Villette
  • 211, avenue Jean Jaurès
  • 75019 Paris
  • Porte de Pantin (l.5)
Itinéraire
Billets à 20,00
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Un couple de retraités fait le voyage à Tokyo pour retrouver enfants et petits-enfants. Dans le tourbillon de la grande ville, la famille est absorbée par le quotidien et le temps manque pour être ensemble.

Les enfants se cotisent pour offrir à leurs parents quelques jours de repos au bord de la mer mais l’hôtel balnéaire est bruyant, peuplé d’étudiants qui festoient. La mère est prise de vertiges…

 

La poésie d’Ozu donne à voir sans juger. Derrière l’apparente simplicité de sa fable, il révèle les moments de vérité des personnages, leurs espoirs, leurs regrets qui nous touchent au cœur en résonnant avec nos propres expériences. Il pose la question du temps qui passe, de la filiation et de l’éclatement de la cellule familiale dans un Japon qui se modernise.

 

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14 nov. 2016
6,5/10
33 0
Voyage à Tokyo est initialement un film de Yasujiro Ozu datant de 1953. Mais les adaptations ne font pas peur à Dorian Rossel. J’étais allée voir son adaptation du manga « Quartier lointain » de Jirô Taniguchi et j’avais trouvé cela fantastique. J’en garde encore aujourd’hui un souvenir plein d’émerveillement. Alors se sont les yeux fermés que je me suis dirigée vers le théâtre Paris-Villette pour découvrir sa nouvelle création. Je vous avoue n’avoir pas été déçue.

C’est toujours dans une ingénieuse économie de moyen et dans un sens du détail précis, que la magie opère. Un vieux couple monte à Tokyo pour venir y voir leurs enfants qui sont devenus indifférents à leur présence. Quelques lattes noires au sol avec des espaces tous les espaces y sont dessinés. Intérieur de logement, cuisine, chambre, lit, bar… tout y passe simplement et le lieu apparaît sous nos yeux.

Tout comme les comédiens (Rodolphe Dekowski, Xavier Fernandez-Cavada, Delphine Lanza, Yoshi Oïda, Fiona Sanmartin, Elodie Weber) où un changement d’accessoires comme un kimono permet le changement de personnages. Pas d’enfant dans la troupe ? Pas besoin, quelques panneaux avec des têtes d’enfants dessinés et hop, les horribles enfants sont présents. De la troupe, un seul japonais, Yoshi Oida, un jeune japonais de 85 ans, qui avait son accent le rend très touchant, du début à la fin. Les autres comédiens ne restent pas de côté puisqu’ils sont tous aussi brillants et surprenants les uns que les autres.

A côté de ces comédiens qui vont et viennent, tirant doucement de grands rideaux ou tournant des panneaux en plexi en fond de scène, deux musiciens, Alex Muller Ramirez et Immanuel de Souza ponctuent le récit de tous leurs instruments. Ils vont même faire une courte apparition dans l’histoire. Parfois, le son s’efface tellement il est en adéquation avec l’action qui est toujours douce et calme. Cela complète à la perfection, les sublimes lumières d’Abigail Fowler.

Damien Rossel met aussi en avant les petits drames familiaux qui déchirent de façon silencieuse cette famille. Les enfants ne sont pas morts à la guerre mais sont-ils reconnaissants à leurs parents ? Les aiment-ils ? Sont-ils bienveillants à leur encontre ? Existe-t-il encore un lien entre ces générations que les kilomètres, le temps et la vie sépare ? Le poids de l’honneur est-il toujours important dans un Japon plus moderne ?

Un spectacle qui pour traduit l’esprit japonais tout en lenteur, où chaque chose à sa place, à son temps et sa valeur. Les 1h30 s’évapore à une vitesse surprenante qui ne pourra que vous convaincre que vous avez vu un magnifique spectacle.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor