Un Jour en Octobre

Un jour en octobre raconte l’étrange destin de Catherine, fille–mère, dans une grande ville de province.

À son oncle M. Coste, qui est aussi son tuteur, elle désigne comme père de son enfant un lieutenant, du nom de Jean-Marc Marrien. Cet officier déclare pour sa part n’être jamais venu dans leur ville. Son oncle emmène alors le spectateur au coeur de son enquête, en complicité avec l’abbé Jattefaux, précepteur de sa nièce, afin de démêler les fils de la réalité.

Or, cette réalité s’avère intangible. La barrière entre rêve et certitude s’effondre peu à peu, faisant émerger la beauté de l’imagination et le pouvoir de l’auto conviction.

 

Un jour en octobre, de Georg Kaiser, mise en scène Agathe Alexis
Avec Hervé Van der Meulen, Ariane Heuzé, Bruno Boulzaguet, Benoit Dallongeville, Jaime Azulay

 

Théâtre de l'Atalante

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30 janv. 2018
8/10
2 0
Catherine est bien étrange, un sourire énigmatique sur les lèvres, c’est une femme-enfant. Pour son malheur, elle a eu un enfant hors des liens du mariage, le monde auquel elle appartient n’accepte pas.

Son oncle et tuteur, veut tout faire pour que le scandale n’éclabousse pas la famille. Il fait appel à l’abbé Jattefaux, la sœur de ce dernier a accueilli Catherine pour qu’elle accouche loin de la ville. M. Coste, convoque celui par qui le malheur est arrivé, le lieutenant Marrien. Celui-ci ne comprend rien, mais décide d’aller trouver M. Coste et d’éclaircir cette affaire.

Le lieutenant, homme d’honneur, affirme ne pas connaître Catherine et preuve à l’appui est certain de ne pas être venu dans cette ville au moment des faits. M. Coste est troublé, d’autant que sa nièce affirme que par amour, le lieutenant attendait la venue de l’enfant pour se déclarer.

Mais voilà, qu’intervient Leguerche, garçon boucher de son état, qui lui affirme être le père de l’enfant et gardera silence, contre de l’argent.

Que s’est-il passé cette nuit d’octobre ? Leguerche prétend qu’il allait retrouver sa promise dans la maison, mais que Catherine l’a entendu et attiré dans sa chambre. Quant au lieutenant il est moins certain de son emploi du temps, et se souvient qu’il est resté quelques heures en ville pour reprendre le train.

L’histoire n’est pas banale, une jeune fille tombe amoureuse folle d’un jeune lieutenant, qui ne prend pas garde à elle, mais sera entrainé dans sa névrose. Elle seule connait la vérité, mais son bonheur et son honneur seront à la merci d’un garçon boucher peu scrupuleux.

Un auteur que je ne connaissais pas, mais le travail d’Agathe Alexis est toujours passionnant, ces comédiens bien dirigés et convaincants, beaucoup d’émotions dans ce spectacle et d’interrogations aussi.

Une pièce à découvrir à l’Atalante.
9,5/10
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Cette pièce de Georg Kaiser écrite en 1925 et créée en 1928, prend les traits d’un drame de l’amour naissant, vibrant comme une ode à la sensualité extrême. Celle de Catherine, une jeune fille de « la bonne société » confrontée à ses premiers émois.

Entre le velours du désir et l’âpreté de la réalité, comment dire, comment montrer, comment raconter cette histoire si forte en émotions cachées, colorée d’un expressionnisme troublant ?

Le texte de Kaiser s’inscrit dans une toile de fond stricte où la morale bourgeoise ne peut que se récrier et réclamer le repentir et la rédemption d’une faute dont on ne connaitra jamais vraiment les contours véritables. Entre ce qui a été vécu ou rêvé par la jeune Catherine, entre la vindicte calculée ou la raison objective des deux jeunes hommes concernés.

La nuit d’un jour en octobre, Catherine fait entrer dans sa chambre un jeune homme qui repartira le lendemain, laissant assouvies les découvertes charnelles de l’abandon du corps aux voluptés amoureuses. De la grossesse qu’il a fallu cachée dans une maison de campagne à son retour chez son oncle monsieur Coste chez qui elle vit, on sait peu de choses.

La pièce commence alors que Coste enquête sur la paternité de cet enfant pour réparer la faute par le mariage. Le doute s’installe, la spéculation du garçon-boucher qui se dit le père et la troublante posture de l’officier militaire que Catherine désigne, vont nous faire trébucher sur la vérité, nous rétablir sur les faits et nous perdre dans cette sombre et magnifique histoire aux allures d’un conte fantasmagorique surprenant et captivant.

Catherine, as-tu rêvé tant tu espérais cet amour ? Nous diras-tu ce qui s’est passé ? le sais-tu ou te le caches-tu ? Mais quoi, le saurons-nous enfin ?

Le parti-pris de la mise en scène d’Agathe Alexis est brillant tant il époustoufle de ses différents possibles les lumières de la réalité, les flux du désir et les apparences du rêve éveillé. Nous sommes ballotés comme dans une barque à la dérive dont le gite rend instable l’équilibre. Nous sommes emportés et transportés dans un temps suspendu, un temps de théâtre, sans savoir à quelle vérité se fier ni même s’il faut se fier à une vérité. Quel plaisir que cette invitation au lâcher-prise où la seule certitude que nous ayons c’est que cette histoire est belle, troublante et bien montrée.

La distribution est convaincante et séduisante. La dignité et la droiture de l’oncle Coste est magnifiquement rendue par Hervé Van der Meulen, précis, tonique et sincère. On ne l’aime pas cet oncle mais on le comprend. Catherine est jouée admirablement par Ariane Heuzé, éprise, rêveuse presque éthérée, amoureuse quoi, un très joli jeu.

Jaime Azoulay campe un abbé aussi dévot que dévoué avec justesse. Bruno Boulzaguet sert un lieutenant droit dans ses bottes qui se laisse prendre aux délices de l’émotion, un jeu sensible pour un rôle délicat.

Benoit D’allongeville est le garçon-boucher, Il casserait la baraque si nous étions à la foire, tonitruant à souhait, d’une sincérité touchante et d’un abattage talentueux.

Une pièce surprenante et très bien jouée. Un travail soigné et agréable. Un temps de théâtre riche et mémorable.
7 janv. 2018
8,5/10
8 0
Un jour en octobre Georg Kaiser Théâtre de l’Atalante du 06/01 au 13/02

Lorsque la certitude du rêve amoureux devient réalité. C’est l'extraordinaire destin de Catherine. L’histoire d’une paternité controversée.
Catherine est une jeune femme candide et sincère. Elle dévoile avec une grande conviction amoureuse l’identité du père de son enfant : le lieutenant Marrien.
Mais Marrien niant cette paternité, il va s’en suivre un tourbillon de rebondissements.
Catherine va-t-elle persister dans la croyance de son rêve et de son amour malgré la cruelle réalité ?
Le lieutenant Marrien va-t-il être envoûté et séduit par la passion amoureuse de Catherine ?
Nous sommes transportés par cette fiction, les différents tableaux s’enchainent avec dynamisme.
Le rêve, la violence, l’amour, l’argent, la chair, l’esprit se confrontent avec force et passion.
La chorégraphie de la première rencontre imaginaire de Catherine et Marriem est un moment de pure émotion.
Les comédiens sont remarquables et authentiques, on y croit.
La mise en scène d’Agathe Alexis simple et épurée, engendre une puissance au jeu des comédiens.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor