Un instant

Un instant
De Marcel Proust
Mis en scène par Jean Bellorini
  • Théâtre Gérard Philipe
  • 59, boulevard Jules-Guesde
  • 93200 Saint-Denis
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Écrit entre 1906 et 1922, À la recherche du temps perdu est un récit-fleuve de souvenirs, de l’enfance à l’âge adulte du narrateur, et, en filigrane, une intense réflexion sur la vie.

Œuvre sur la mémoire et le temps, portée par un style unique – une langue ciselée, savante et pourtant limpide –, elle conjugue l’introspection minutieuse d’une conscience et d’un cœur à l’observation acérée d’une société humaine à l’orée des bouleversements du XXe siècle.

Des quelque trois mille pages qui la composent, Jean Bellorini et Camille de La Guillonnière conservent les passages de l’enfance de l’auteur auprès de sa mère tant aimée et mettent en lumière la relation tendre et profonde avec la grand-mère, jusqu’à la mort de cette dernière. Ces deux femmes sont les figures protectrices et aimantes qui encouragent un petit garçon hypersensible dans son éveil à la vie et dans sa lutte contre un asthme sévère et des angoisses existentielles. Devenu homme, il les accompagnera à son tour dans l’épreuve de la maladie et de la mort.
Ce faisant, il procède à une analyse fine des mécanismes du deuil, de la distorsion temporelle entre le choc et sa conscientisation. Lorsqu’il décrit cet instant, surgi au hasard d’un geste banal, il est traversé par un bouleversement douloureux de l’âme. Et c’est sans doute parce qu’il veut conserver vivace cette sensation, parce qu’il veut conjurer l’inéluctable affadissement du souvenir, qu’il fige dans les mots ce « fragment d’existence soustrait au temps ». Écrire pour demeurer vivant.

Le duo entre Hélène Patarot, complice de Peter Brook, et Camille de La Guillonnière, acteur fétiche de Jean Bellorini, recèle de belles promesses. La délicatesse et la profondeur de leur jeu ne se départissent jamais d’humour. Macha Makeïeff les entoure d’objets et de meubles, égrenés comme des étoiles dont la lumière guide dans l’obscurité.

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23 nov. 2018
9/10
1 0
A notre entrée dans la salle, on est immédiatement saisi par la beauté de la scénographie qui s’offre à nous : des chaises par centaines, une chambre suspendue, une échelle, évidemment. Les deux acteurs font leur entrée, noir, ça commence.

Je retrouve alors avec plaisir la voix et le phrasé si particuliers de Camille de Guillonnière, qu’on pourrait écouter des heures durant. On fait la connaissance de la touchante Héléne Patarot, qui évoquera aussi son enfance : « ceci n’est pas une madeleine ». Il est doux de constater la complicité entre les deux acteurs. On prend surtout notre temps. C’est rare, de prendre le temps. Un temps précieux. Un moment délicat.
18 nov. 2018
9/10
2 0
Jean Bellorini imagine la rencontre de Marcel (narrateur de la recherche) et d’une femme exilée, d’origine vietnamienne ayant fui son pays étant enfant.

A travers les extraits magnifiques du chef d’œuvre de Proust et les souvenirs "d'Hélène" Jean Bellorini met en scène l’histoire de la mémoire, des sensations et des émotions qui réapparaissent au cours du chemin de l’existence à l’occasion d’une odeur, d’une saveur, d’une image, d’une musique …
Dans une lumière tamisée, côté jardin, Hélène Patarot, médite assise sur un banc dans un espace immense envahi de chaises (chaises en équilibre, chaises jonchées sur le sol, chaines construisant des cloisons…). Cela nous interpelle.
Côté jardin, on aperçoit Camille de la Guillonniére, derrière la fenêtre d’une petite pièce, suspendue dans l’espace par laquelle on accède au moyen d’une grande échelle. Il semble rêver…
Nos pensées vagabondent, Jean Bellorini et Macha Makeïeff jouent avec notre sensibilité et notre imaginaire à travers cette scanographie.
Dans cette atmosphère magique et mystérieuse, un dialogue va s’instaurer entre Camille et Hélène. Une grande complicité va s’établir entre eux. Les souvenirs d’Hélène resurgiront… Camille incarne Marcel, il nous conte ses souvenirs d’enfance à Combray.
Puis au fil du spectacle, Camille et Hélène s’approprieront tour à tour les mots et les pensées riches et profondes de Proust.
Le guitariste Jérémy Peret, au son de sa guitare, nous accompagne avec douceur dans le monde émouvant de la mémoire.
Doux moment de théâtre, les mots caressent les oreilles et chavirent le cœur.
« Car aux troubles de la mémoire, sont liées les intermittences du cœur » Marcel Proust.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor