• Classique
  • Théâtre de Belleville
  • Paris 11ème

Un Garçon d'Italie

Un Garçon d'Italie
De Philippe Besson
  • Théâtre de Belleville
  • 94, rue Faubourg du Temple
  • 75011 Paris
  • Goncourt (l.11)
Itinéraire
Billets à 26,00
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Un homme est retrouvé mort.

Un meurtre ? Un suicide ? Un accident ?
Luca laisse derrière lui une compagne Anna, un amant Léo et une vie entrecoupée de silences.

Autour de son absence, ils tentent de reformer le visage de celui qu’ils ont terriblement aimé et de comprendre pourquoi celui-ci est parti.

Ce texte écrit trois fois à la première personne enchevêtre les points des trois personnages. Nous suivons au plus proche Luca, Anna et Léo dans la recherche de la vérité de leur vie, dans la découverte de leur réalité et surtout d’eux-mêmes.
En découvrant la profondeur de chaque personnage, « Un garçon d’Italie » nous amène à comprendre que l’Amour ne fait pas de nous seulement des victimes mais aussi souvent des coupables.

 

Note rapide
6,8/10
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Note de 4 à 7
67%
1 critique
Note de 8 à 10
33%
Toutes les critiques
19 juin 2019
8,5/10
1 0
Le spectacle commence dans le noir absolu. Apparaît ensuite un comédien, probablement de dos, puis un autre non loin de lui. Ils sont ensuite trois, toujours dans un noir profond, disposé en triangle, puis de nouveau il n'en subsiste qu'un et la lumière commence à monter.

Luca (Mathieu Touzé) est face à la mer, mais c'est peut-être un fleuve (sans doute les rives de l’Arno mais rien ne nous le prouve à ce stade), alors que retentit une musique dite classique. Il apprécie le parfum de la terre, qui est une bonne odeur de glaise, qui lui rappelle l’atelier de sculpteur de son grand-père.

Il y a du plaisir à devenir de la bouillie dit-il. Le spectateur a compris qu'il vient ou qu'il est en train de mourir. Il est invité d'emblée à remonter le cours de l'histoire pour percer l'énigme de ce jeune homme qui se déclare ordinaire.

Noir. C'est ensuite à Anna de nous relater (Estelle N’Tsendé) qu'elle a été appelée par la police pour reconnaitre le cadavre qui a été retrouvé noyé.

Noir. Dans la gare de Florence, Léo (Yuming Hey) s'étonne et s'inquiète de pas avoir vu son ami depuis une semaine. Il apprend dans la presse sa disparition. Aurait-il eu un accident ? Se serait-il suicidé ? Ou pire, a-t-il été assassiné ?

Le spectateur suivra Anna et Leo dans leurs hypothèses et entendra leurs confidences. Luca interviendra aussi, témoignant qu'on peut être mort et avoir des choses à dire… Nous assisterons tous à l'enterrement, en variant les points de vue, celui d'Anna qui n'est pas vraiment sa veuve, et celui de Léo qui aura peut-être été son plus grand amour. On devinera l'enfer dont les parents ne se remettront pas et on percevra dans chaque tête la part du chagrin et du devoir.

On entend un air d'opéra alors que Luca reprend avec dérision les paroles de la chanson d'Aznavour : ils sont venus, ils sont tous là.

Le comédien danse sur l'air de Ti amo de Sara Perche. Aucune voix ne l’emportera sur l’autre. Luca n’a jamais su choisir. Lorsqu’Anna rencontre Léo, l’équilibre est perdu et Luca n’aura plus qu’à s’effacer : on ne peut rien changer alors je vais laisser le vent emporter tout.

La musique tient une place importante dans ce spectacle fascinant où le spectateur doit faire des déductions pour reconstituer toute l'histoire qui va bien au-delà de savoir pourquoi ou comment Luca est mort. le public est en effet interrogé sur la responsabilité de chacun dans le bonheur de l'autre et sur la construction du modèle classique à deux.

A la fin le titre des Pretenders, I go to sleep, annonce la révélation.

Les émotions sont transmises sans artifice de mise en scène, sans décor, et avec peu de moyens. Il aura suffit par exemple que Leo retire sa casquette pour que l'atmosphère évolue. Chaque comédien est formidable et fait résonner le texte de Philippe Besson comme un poème.

En décembre 2018, Mathieu Touzé a été nommé co-directeur du Théâtre 14 - Théâtre Municipal de la Ville de Paris. Nous allons donc bientôt le voir à l'oeuvre dans l'élaboration de son propre lieu d'émotions et de sensations.
9 juin 2019
7,5/10
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Après en avoir entendu beaucoup de bien, je me suis laissé tenter par "Un Garçon en Italie" d’après le roman de Philippe BESSON au théâtre de Belleville. Je ne suis pas déçu et y ait passé un très bon moment. Le texte est poignant, les acteurs transmettent chaque émotion avec justesse. Le petit point noir tient pour moi dans la diffusion de musiques qui casse un peu le rythme qui s’instaure et a parfois un peu de mal à se réinstaller.

« Lorsque Luca est retrouvé mort sur les rives de l’Arno, sa compagne Anna a le triste privilège de devoir reconnaître son corps à la morgue, tandis que son amant Leo apprend dans la presse la disparition de celui qui fut peut-être le seul amour de sa vie. On peut être mort et avoir encore des choses à dire… »
14 juil. 2018
6/10
20 0
J’aime bien fonctionner par digressions et références (je sais que c’est pas bien, mais je le fais quand même). Sans forcément faire des comparaisons, mais au début de « Un garçon d’Italie », je pense d’abord à l’adaptation d’Emmanuel Noblet de « Réparer les vivants », le roman de Maylis de Kerangal : des mots extraits, adaptés d’un livre, aussi un beau travail autour de la lumière. Puis je pense aux mots de Chéreau : « Des visages et des corps ». Parce que quand on voit arriver les trois acteurs de cette pièce, on ne peut s’empêcher de se dire : « Mais ces visages, ces corps… qu’on ne voit pas si souvent au théâtre, me semble-t-il ». Même si j’avais déjà vu le convaincant Yuming Hey dans la dernière pièce de Pascal Rambert « Actrice ». Et on est happé par la parole, (chaque personnage raconte son point de vue), par les situations, tentant de remettre les pièces du puzzle ensemble.

Moment charnière : Yuming Hey chante, voix fragile, juste, tenue. Et c’est beau, vraiment. Je suis ému. Il se retourne, revient vers nous et envoie du bois. Et là je me dis : « Euh… » Je n’écoute plus les paroles, je vois la performance. Les deux autres acteurs pousseront également la chansonnette, mais je ne vois pas l’intérêt. Tout comme ce passage où, tandis que le personnage interprété par Mathieu Touzé parle, nous voyons les deux autres acteurs en arrière-scène, se changer, se désaltérer, passer un peignoir. Les acteurs ne sont plus les personnages. Pourquoi ? Alors je comprends qu’il doit y avoir une évolution, qu’on ne peut pas présenter pendant 1h15, toujours la même succession de prises de parole, et heureusement, mais il n’empêche, je n’ai pas compris et ça m’a quelque peu détaché du propos. Le temps alors s’étire, l’intérêt s’étiole. Nous apprenons enfin le pourquoi du comment mais je suis circonspect.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor