Un conte de Noël

Un conte de Noël
De Arnaud Desplechin
Mis en scène par Julie Deliquet
  • Théâtre Gérard Philipe
  • 59, boulevard Jules-Guesde
  • 93200 Saint-Denis
Itinéraire
Billets de 8,00 à 40,00
À l'affiche du :
9 septembre 2021 au 27 septembre 2021
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 20:00
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Qu’est-ce qui relie une dramaturge à succès, un mathématicien distingué par la médaille Fields, un teinturier amateur de free jazz, une femme souffrant d’une maladie de la moelle osseuse, un veuf semi-escroc et joueur un peu trop porté sur la boisson, un adolescent soigné pour troubles psychotiques ? une dramaturge à succès, un mathématicien distingué par la médaille Fields, un teinturier amateur de free jazz, une femme souffrant d’une maladie de la moelle osseuse, un veuf semi-escroc et joueur un peu trop porté sur la boisson, un adolescent soigné pour troubles psychotiques ?

Même question sous une autre forme : quel point commun entre une maison, des histoires, des secrets, un air, un repas, une scène et une fête ? La famille, bien sûr. En l’occurrence, celle des Vuillard, dont trois générations se retrouvent à Roubaix à l’occasion d’un Noël peu ordinaire... 

Pour un cinéaste-auteur tel qu’Arnaud Desplechin et son coscénariste Emmanuel Bourdieu, la famille est bien plus qu’un thème : un sujet à part entière, à la fois collection foisonnante de personnages singuliers et totalité dépassant la somme de ses parties, porteuse d’une personnalité propre. Entre liens du sang et alliances matrimoniales, au carrefour du naturel et du social, de l’individuel et du collectif, de la donnée originelle et de l’institution légale, elle déploie un espace temps particulier, souvent très dramatique, et fournit au collectif In Vitro une matière inépuisable.

En adaptant pour une scène bifrontale Un conte de Noël, film qui ne cesse de se souvenir du théâtre, Julie Deliquet aborde ici l’une des formes françaises et contemporaines de la dramaturgie familiale, après une Noce (d’après Brecht), un Vania (d’après Tchekhov) et un Fanny et Alexandre (d’après Bergman) très remarqués.

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17 sept. 2020
7,5/10
2
A Roubaix, Abel (Jean-Marie Winling) et Junon (Marie-Christine Orry) vivent depuis leur mariage dans une jolie maison. Il est teinturier, elle élève les quatre enfants qui sont nés. L’ainé, Joseph, est mort à l’âge de six ans de maladie sans pouvoir être sauvé par un don d’organe. Depuis, son fantôme hante la maison et particulièrement Henri (Stephen Butel), l’enfant conçu pour le sauver, mais en vain car incompatible, il est détesté par sa propre mère Junon. Élisabeth (Julie André), la fille ainée, et son brillant mari (Olivier Faliez) partagent cette haine, ils ont littéralement banni Henri des réunions de famille depuis 5 ans. Le dernier de la fratrie, le gentil Ivan (Eric Charon), sa belle femme Sylvia (Hélène Viviès), le neveu alcolo Simon (Jean-Christophe Laurier), et deux petits-enfants, déjà adolescents, complètent cette famille déchirée.

Ils vont se retrouver pour Noel car Junon est malade. Seule une greffe de moelle peut la sauver. Il faut que tous soient présents : Henri fait donc son come-back et sa présence souffle sur des braises qui raniment les passions et les haines.

Arnaud Desplechin, originaire de Roubaix, dissèque avec finesse les relations familiales : secrets refoulés, amours oubliés, colères intestines… Chaque faille est exploitée pour nous permettre d’entrer au cœur de cette cellule familiale dysfonctionnelle. Son écriture est acide et les répliques cinglantes fusent, faisant de ce texte qui a d’abord été un film, une base idéale pour une adaptation théâtrale.

C’est Julie Deliquet et le collectif In vitro qui ont pris possession du texte pour le monter sur les planches mais avec un style bien particulier : on y retrouve quasiment tous les dialogues du film, mais montés différemment. Etonnamment, l’histoire gagne en ampleur et sensibilité. Pendant 2h30, nous voilà dans l’œil du cyclone à regarder cette famille évoluer dans un dispositif bi frontal particulièrement agréable.

Les comédiens sont tous excellents, on assiste à une tranche de vie où chacun à un rôle bien précis. La disposition des meubles sur le plateau et les lumières nous donnent l’impression de changer de décor comme dans un film. Et puis c’est un conte de Noel, l’espoir est là.
19 janv. 2020
8,5/10
1
Un conte de Noël de Arnaud Desplechin
Mise en scène Julie Deliquet

Poignant, Dynamique, Réjouissant.

Nous sommes dans le living room de la famille Vuillard, côté jardin une grande table familiale, côté cour un sapin orné de guirlande.
Dans cette atmosphère chaleureuse et simple, retentit une voix off…
C’est le fantôme de Joseph, disparu à 4 ans. N’ayant pu survivre faute de greffe de moelle osseuse. Aucun proche n’était compatible, ni ses parents, ni son frère Ivan, ni sa sœur Elisabeth.
Junon et Abdel ses parents avaient tout tenté, ils avaient eu un quatrième enfant Henri au cas où celui-ci serait compatible mais héla…
Henri fut un quatrième enfant inutile et détesté par sa mère.

Aujourd’hui Junon est atteinte de la même maladie, la famille se réunit pour Noël autour d’elle.
Aura-t-elle plus de chance que Joseph ?
Acceptera-t-elle le donneur ?

Le sort en est jeté, seuls sont compatibles Henri fils maudit par sa mère et exécré par sa sœur Elisabeth ainsi que son neveu Paul ayant quelques petits problèmes psychiatrique, fils d’Elisabeth.

De là, tempête va se déchainer chez les Vuillard
L’amour, la haine, la jalousie, les regrets, les rancœurs, les rires, les souvenirs, les larmes s’orchestrent et se succèdent.
Nous naviguons entre l’ouragan où les êtres se déchirent et la bise légère où ils s’apaisent mais toujours au bord du précipice.
Chacun conte son histoire, ses blessures, règle ses comptes avec véhémence et exaltation.
La musique de Cat Stevens, Johnny… adoucit les mœurs et met de la joie dans cette saga familiale.
Nous assistons avec grand bonheur au théâtre dans le théâtre, le soir de Noël la famille Vuillard en costume d’époque monte une scène Shakespearienne. C’est fabuleux.

La mise en scène dynamique, vivante et poignante met en avant la profondeur de ses êtres déchirés.

Les comédiens sont excellents et nous transportent avec grand brio dans cette réunion de famille, où l’amour et la haine, les larmes et le rire se côtoient.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor