Tristesse et joie dans la vie des girafes

Tristesse et joie dans la vie des girafes
De Tiago Rodrigues
  • Le Monfort théâtre
  • 106, rue Brancion
  • 75015 Paris
  • Porte de Vanves (l.13)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 35,00
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Tout commence par la découverte de Girafe, petite fille surnommée ainsi par sa maman récemment disparue.

Du haut de ses 9 ans, elle met à jour un enchaînement aussi logique que chaotique : « l'homme qui est son père » est un artiste au chômage, il ne parvient pas à « mériter de l'argent », ce manque d'argent lui interdit la télévision câblée « qui n'est pas un luxe parce qu'il y a des chaînes comme Discovery Channel ».

Forte de ce raisonnement, Girafe part, accompagnée de son ours en peluche Judy Garland, à la recherche du sésame qui paiera l'abonnement. De ses rencontres dans les rues de Lisbonne, elle en vient à comprendre que les adultes ne peuvent pas combler tous les manques, surtout ceux qui se révèlent plus graves que le manque d'argent.

Pour suivre l'odyssée de cette petite fille, férue de définitions et riche en questions, Thomas Quillardet dresse la cartographie fluctuante de son monde et des représentations qu'elle en a. Les quatre acteurs font avancer ce conte sans morale qui multiplie lieux et personnages pour faire grandir l'enfant. Sans savoir si le monde est trop petit pour sa grande taille, Girafe fera fi des échelles pour aller dans son sens : celui d'une vitalité apaisée, d'une confiance retrouvée où tristesse et joie se mêlent et fondent l'existence...

 

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16 nov. 2017
8/10
3 0
J’étais très curieux de voir cette adaptation, surtout après l’avoir lue et entendue (disponible quelque part sur le site de France Culture).

Elle me semblait même impossible. Des images qui me paraissaient plus cinématographiques (tiens, une adaptation est en train d’être tournée au Portugal avec les acteurs de la pièce portugaise dont Miguel Borges, jadis mise en scène par son auteur) que théâtrales. Ici ni voix pré-enregistrées et encore moins de vidéos. Tout est fait en direct, des bruitages aux effets d’ombres chinoises, en passant par les subtils changements de décors et de costumes. La poésie de la pièce est bel et bien là, merci à Thomas Quillardet (qui avait aussi joliment adapté l’univers de Rohmer au théâtre).

Une sensibilité, un humour également pour petits et grands. Une pièce qui ne prend pas les petits pour des petits. Tout comme l’interprétation de (l’adulte) Maloue Fourdrinier (entre autres, parce que le reste de la distribution est aussi impeccable, comme disait mon grand-père), qui interprète le rôle de Girafe, une petite fille de 9 ans, et qui, justement, ne joue pas comme une petite fille de 9 ans (là où dans certaines pièces on trouverait une comédienne pas très grande à la voix fluette pour jouer le rôle d’un enfant, je ne sais pas si je suis clair). On est au théâtre. On connait les règles du jeu. Un ours en peluche peut être interprété par un acteur et peut même enchaîner les gros mots.
Une petite fille peut être jouée par une grande fille. Une vieille personne, une personne moins vieille, etc. Oui, nous sommes au théâtre. Magie, magie !
(vu en juillet 2017, Festival d'Avignon)
15 juillet, 11h, Avignon

Thomas Quillardet monte le texte de Tiago Rodrigues (qu’il a lui même traduit), avec quatre comédiens. Le metteur en scène donne vie à ce texte avec très peu d’éléments. Il fait tout avec quasiment rien. On peut par exemple penser au bruit des pas réalisé grâce à une paire de chaussures et une sorte de paillasson puis enregistré par une perche qui capte le son.
On voit sur le plateau un grand morceau de tissu bleu ainsi qu’un certain nombre d’objets au sol. Ce tissu se transforme en robe, en maison, en assemblée de la République, en distributeur et en banque. Nous pouvons dire d’une certaine façon que le tissu vit avec l’histoire et les comédiens.
Le texte traite de sujets graves, comme la pédophilie mais aussi du deuil et des crises économiques. Au début, nous pouvons nous demander si de tels sujets sont accessibles à des enfants, le spectacle étant recommandé à partir de 10 ans. Eh bien oui, les enfants n’en décrochent pas et sortent très heureux de l’avoir vu, tout comme les adultes, qui ne sont que de grands enfants !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor