Trahisons

Trahisons
De Harold Pinter
Avec Robby Cleiren
  • Robby Cleiren
  • Jolente De Keersmaeker
  • Frank Vercruyssen
  • Théâtre de la Bastille
  • 76, rue de la Roquette
  • 75011 Paris
  • Voltaire (l.9)
Itinéraire
Billets de 28,00 à 40,00
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Impitoyable observateur des rapports humains et subtil écrivain, Pinter nous prend à témoin en choisissant de raconter son histoire par la fin. Quand la pièce commence Emma et Jerry, anciens amants, se retrouvent dans un bar.

Pendant sept ans, Emma, galeriste, a trompé son mari, Robert, éditeur, avec Jerry, agent littéraire et meilleur ami de celui-ci. Comment en sont-ils arrivés là ?

 

Trahisons déroule les années écoulées : un monde tissé, au nom de l'amour et de l'amitié, de faux-semblants, de duperies et de mensonges dont les trois protagonistes sont les acteurs mais dont les victimes ne sont pas toujours celles que l'on croit.

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La critique de Phane (rédac' AuBalcon) : C’est une histoire qui commence par la fin et finit par le début : deux amants se retrouvent après plusieurs années d’absence et discutent de leur liaison d’antan. Mais tout est déjà révolu et l’amour est absent de chacune de leurs paroles : il y a juste du regret, et une image renvoyée au public de médiocrité. Les personnages sont presque seuls sur scène, très peu de décor les entoure et le fond est noir. Il y a néanmoins beaucoup d’accessoires : table, chaises, assiettes, bureau, lit, vêtements, verres… Tous ces objets s’amassent peu à peu sur scène tels des débris au fond d’une cave. Et ils encombrent les trois personnages, leurs déplacements sont parfois entravés, et ils semblent s’enfoncer dans une médiocrité toujours plus profonde alors que l’histoire remonte dans le temps, c’est à dire qu’elle s’achève sur l’instant de la première rencontre, l’instant le plus important dans une histoire amoureuse puisqu’il est dénué de toute impureté et n’est pas entaché par le regret, la jalousie, la honte. Mais ce premier moment est au contraire, on s’en rend compte à la fin, tout à fait déplacé, vide de sincérité et d’amour puisque Jerry embrasse de force Emma alors qu’il a trop bu.

On rit beaucoup dans Trahisons cependant, et cela dès le début : la gêne des deux vieux amants lors de leur retrouvailles les rend ridicules. Plusieurs situations cocasses et autres quiproquos entre les personnages nous entraînent presque vers une comédie de boulevard avec son triangle amoureux. Mais ce rire a été, pour moi, teinté de tristesse et d’amertume face à la piètre histoire de Jerry, Emma et Robert. Toutes les petites désillusions, tous les non dits, toutes les gênes sont montrés et interprétés avec brio par les trois comédiens : dans chaque silence et dans chaque regard on est pris par le réalisme de la situation. De plus, les acteurs se changent et modifient le décor sans noir ou tombé de rideau, ce qui fait que le spectateur voit tout : il n’y a nul part ou se cacher pour un récit qui se joue justement sur le secret et la dissimulation.

Une bonne pièce avec quelques longueurs, mais brillamment tenue par trois acteurs touchant de justesse. Leur accent belge donne un charme à cette histoire qui en est justement dépourvue. Le seul bémol est la prise d’espace minime des acteurs : un grand plateau qui reste vide ou encombré d’accessoires parfois inutiles, avec un jeu peut être trop statique par moment.

Note rapide
6,7/10
pour 3 notes et 1 critique
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
67%
1 critique
Note de 8 à 10
33%
1 critique
18 juin 2015
8/10
119 0
C'est une pièce subtile, ponctuée de silences et jouée par d'excellents acteurs belges.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor