Tout Dostoïevski

Tout Dostoïevski
  • Théâtre de la Cité internationale
  • 17, boulevard Jourdan
  • 75014 Paris
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Drôle de type, ce Charles Courtois-Pasteur !

Personnage haut en couleur tout droit sorti de l’imagination de Benoît Lambert et Emmanuel Vérité, l’inclassable énergumène s’attaque ici à un monstre de la littérature russe : Fiodor Dostoïevski. Affublé d’une chemise hawaïenne, ce bricolo de sa propre existence est passé maître dans l’art du décalage et de l’autodérision.

Il tente ici de rendre un hommage accéléré aux plus grands romans de cet auteur à la fois craint et admiré : Crimes et Châtiments version enquête policière, intrigue condensée des Frères Karamazov, tours de magie qui finissent mal… Mêlant érudition et simplicité, Tout Dostoïevski est une invitation à (re)découvrir l’une des plus grandes œuvres de la littérature contemporaine.

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18 avr. 2019
8,5/10
2 0
Il en a sous la cafetière ce Charlie, interprété par Emmanuel Vérité.

Avec sa voix railleuse, il nous emporte vers son monde et nous captive. Une fois qu’il nous a harponné à son univers loufoque, on reste les yeux grands ouverts, les oreilles attentives avec les zygomatiques en marche. Avec simplicité et humour, son érudition s’exprime. Pas besoin vraiment d’avoir lu « Crimes et Châtiments » pour saisir l’idée principale de ce roman. Qui aurait pu croire que Dostoïevski aurait inspiré Richard Levinson et William Link, les scénaristes de Colombo ? Le meurtre et le meurtrier sont indiqués en première page, maintenant il faut découvrir comment la police va trouver le coupable. Une belle occasion de faire une nouvelle fois une parenthèse. Et si nous parlions un peu de la carrière de Peter Falk ? Et aussi des comédiens de l’époque qui ont joué les méchants dans sa série phare ? De musique également, le public est en droit de participer. D’ailleurs, un spectateur se fera un plaisir de pousser la chansonnette au micro.

Il évoque les « Frères Karamazof » où des figures en bouchons de liège suffisent à nous présenter les personnages et leur destin funeste. Une petite précision est nécessaire au cas où quelqu’un voudrait le lire ou le relire : les personnages principaux ont plusieurs noms. Nous sommes prévenus. Une nouvelle occasion se présente afin de découvrir la culture russe avec la présence d’une amie de Charlie dans la salle qui lui offre un sac avec des gourmandises. Des graines de tournesol et du poisson séché qui vient du pays de Fiodor qui vont circuler dans la salle. On fait partie d’une famille, alors on partage. Mais avant il faut trinquer quand-même pour ne pas faire déshonneur à la tradition. Vodka pour tout le monde. Vous trouvez cela improbable ? Vous avez raison et c’est cela qui fait ce spectacle une pépite incroyable. Car savoir mêlant savoir, humour et dérision tout en captivant le public, il faut posséder un sacré savoir-faire. Indéniable Emmanuel Vérité possède le don d’écrire, de jouer et de s’adapter au public en toute situation. En plus, il se laisse porter par les événements. Le spectacle qui devait durer 1h00 prend 30 minutes de rabe au plus grand bonheur des spectateurs. Quand il doit rendre la scène, c’est sous un tonnerre d’applaudissements avec des sourires sincères qu’il part. Peut-on avoir un meilleur remerciement pour un artiste d’avoir conquis une salle comble ?
7 avr. 2019
8/10
3 0
Un balayage de l'oeuvre de Dostoievski mené de mains de maitre, de façon intelligente, drôle et sensible, avec quelques digressions intéressantes. La différence en tous points entre le comédien et son personnage est impressionnante. Du grand art théâtral !
5 avr. 2019
9,5/10
29 0
Beaucoup de chance ! Oui, nous avons eu beaucoup de chance, hier au Théâtre de la Cité internationale !

Le dossier de presse est formel : seules deux personnes au monde sont capables de résumer tout Dostoïevski en un peu plus d'une heure.
Le sage japonais qui réside dans un monastère sur le mont Fuji étant indisponible, c'est donc Charlie qui s'y est collé. Ouf !

Charlie, le spécialiste des contributions basées sur l'amour, le partage et l'harmonie.
Charlie, le looser magnifique, le cousin de Vladimir et d'Estragon, Charlie qui a eu un accident connu de lui seul et qui lui confère la sagesse et la philosophie populaires de ceux qui ont beaucoup bourlingué.

Charlie, le roi du bricolage, qui a hissé cette activité au rang d'art majeur, grâce notamment à ses petits bouchons de liège.

Ce n'est pas pour rien qu'il apparaît non pas avec un micro HF mais un bon vieux Shure pendouillant autour du cou, le tenant en laisse par un câble parfois récalcitrant.

Benoît Lambert, par ailleurs directeur du CDN Dijon-Bourgogne et le comédien Emmanuel Vérité ont créé ce personnage iconoclaste de conférencier extra-ordinaire, détenteur d'une certaine forme de sagesse brute, en veste noire trop grande, en pantalon de smoking et chemise hawaïenne.

Dans une première partie, Emmanuel Vérité va nous faire énormément rire, dans une forme qui n'est pas sans évoquer le cabaret.
Pendant plus d'une heure, il va prendre une voix éraillée, dotée d'un certain souffle, ce genre de voix qui a beaucoup vécu, qui a dit beaucoup de choses.
De cette voix-là, (c'est une vraie performance), il commence à nous raconter Dostoïevski, par le biais de Crime et châtiment, et ce, de façon hilarante.

Nous allons assister comme si nous y étions à l'assassinat de la concierge-usurière et de sa fille par Raskolnikov, ainsi qu'au tourment intérieur et à la culpabilité de l'assassin.

Nous ferons la connaissance de l'inspecteur Porphyre Petrovich, qui sera mis fort judicieusement en abyme et de façon irrésistible avec un célèbre policier télévisuel. Et non, je n'en dis pas plus...

Le comédien provoque les fou-rires de la salle entière par ses décalages, son autodérision. Le texte très drôle, ses adresses au public, ses moments d'improvisation, son jeu avec certains spectateurs (votre serviteur a même été jusqu'à chanter le générique des Mystères de l'Ouest, si si...), tout ceci concourt à l'hilarité générale.

Il y a de l'Auguste, du clown dans cette première partie. Une vraie force comique émane de tout ceci. Tout a l'air d'aller à la va-comme-je-te-pousse, mais il est évident que tout est réglé au millimètre.

Alors certes, nous rions, mais cependant, les éléments biographiques et l'évocation littéraire de l'écrivain russe témoignent d'une vraie érudition de la part des deux auteurs du spectacle.

C'est un spectacle interactif également, puisque nous avons la possibilité de gagner des bonbons à la réglisse, des images (presque) pieuses, et un verre de délicieuse vodka.

Mais ce n'est pas tout. Loin s'en faut.
Nous allons être très émus. Au point d'avoir les yeux qui se brouillent. Ce fut mon cas.

Dans la seconde partie, Charlie-Emmanuel Vérité va évoquer la mort du petit Aliocha, à la toute fin du roman Les frères Karamazov.
L'humanité du personnage rejoint alors celle de Dostoïevski.
Dans un ton plus grave, plus posé, le comédien nous fait éclater à la figure l'universalité, la spiritualité, le génie du grand Fiodor Mikahïlovitch.

Une dernière pirouette-adresse aux spectateurs et Charlie nous laisse complètement subjugués par ce que nous venons de voir.
Un tonnerre d'applaudissements et de nombreux bravi totalement mérités s'élèvent alors.

Je vous recommande plus que vivement ce spectacle qui nous permet de découvrir (ou de retrouver) ce personnage inoubliable qu'est Charlie, et qui nous rappelle quel immense auteur est Dostoïevski, inscrit définitivement au patrimoine littéraire et culturel de l'Humanité.

C'est un magnifique moment de théâtre !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor