Speculum

Speculum
  • Théâtre de la Manufacture des Abbesses
  • 7, rue Véron
  • 75018 Paris
  • Blanche (l.2)
Itinéraire
Billets de 18,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

Caroline, Delphine et Flore enquêtent sur la gynécologie, son Histoire et ses histoires. Elles interrogent leur entourage, le corps médical, des journalistes…

Elles sont vite submergées par l’ampleur du sujet, la quantité de tabous et de maltraitances.

Elles puisent dans les écrits et le parcours de Benoît Groult pour creuser leur sillon. S’opère alors en elles un véritable éveil au féminisme. L’actualité vient confirmer leurs découvertes et enrichir encore la dramaturgie. Fausses couches, distilbène, avortements clandestins : une narration kaléidoscope qui oscille entre parole documentaire et autofiction.

Le public traverse avec les actrices trois mille ans de fourberies et de tempêtes. Une promenade intense où l’on dévoile une autre nudité avec pudeur, humour et courage.

Note rapide
7,5/10
pour 2 notes et 2 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
100%
0 critique
Note de 8 à 10
0%
Toutes les critiques
26 mars 2019
7,5/10
1 0
Pendant 1h20, Delphine Biard, Flore Grimaud et Caroline Sahuquet vont avec fougue, passion et énergie nous plonger dans les méandres du traitement de l'intimité féminine. Suite à des enquêtes, elles partagent des témoignages aussi bien des patientes traumatisées que des professionnels maltraitants. Des récits des plus horribles se succèdent qui parlent forcément aux femmes présentes dans la salle. On a toute des choses à partager.

Elles n'évoquent pas uniquement les remarques déplacées ou les gestes brutaux des spécialistes. L'histoire s'écrit dès la Grèce Antique avec Agnodice, première femme gynécologue qui a failli mourir pour ses convictions. L'américain misogyne James Marion Sims développe le spéculum après avoir fait de nombreuses expériences sur des esclaves et sans anesthésie. Un comportement déplacé que l'on peut retrouver chez des médecins vis-à-vis d'une femme qui doit garder un long moment son enfant mort dans son ventre ou encore vers un couple homosexuel ou une femme qui refuse d'avoir des enfants. L'actualité n'est pas mise de côté avec le procès du Distilbène, médicament prescrit entre 1948 et 1977 pour lutter contre l'infertilité. Les conséquences furent bien souvent dramatiques aussi bien pour les mères que pour les futurs enfants. Une touche optimiste se fait entendre tout de même avec l'intervention de féministe comme Marie-Hélène Lahaye, Benoîte Groult et Dr Martin Winckler. Tout ne peut-être évoqué car les sujets à aborder sont trop vastes pour un seul spectacle.

Un grand merci pour l'engagement de Delphine Biard, Flore Grimaud et Caroline Sahuquet d'avoir su donner vie à la parole des femmes avec intelligence et humour.
3 janv. 2019
7,5/10
28 0
Inititulerait-on « Clef de 12 » un spectacle consacré à la mécanique, que ceci aurait beaucoup moins de signifiant et d'impact que d'intituler « Spéculum » un spectacle autour de la gynécologie.

Ecrire, mettre en scène et jouer une pièce intitulée « Spéculum » relève d'une volonté de parler avec un vrai militantisme d'un sujet à la fois universel mais également emblématique en matière de luttes féministes.

Delphine Biard, Flore Grimaud et Caroline Sahuquet vont poser à la salle beaucoup de questions relatives à la gynécologie. Une salle composée hier majoritairement de spectatrices.

Ce spectacle est né de leurs parcours personnels, « de nos angoisses et de nos forces », écrivent-elles dans leur note d'intention.

Elles ont mis en forme leurs propres expériences en la matière, et parallèlement, vont donner la parole à une foule de personnages . Une cinquantaine à elles trois.

C'est ainsi qu'elles incarneront des personnages historiques, emblématiques de ce domaine médical.
Nous entendrons par exemple Agnodice, femme-médecin à Athènes, du IVème siècle avant J.C., Angélique-Marguerite Le Boursier du Coudray, sage femme du XXVIIIème siècle.

Elles interpréteront également la parole de gynécos, de médecins, révélant ainsi des situations hallucinantes de maltraitances psychologiques et parfois même physiologiques.

Elles décriront le vécu parfois hallucinant des patientes, des parturientes, la triste réalité des examens mais aussi des accouchements, des fausses couches, des avortements passés et présents.

De plus, elles donneront la parole à des journalistes, des auteures, avec la plus emblématique d'entre toutes, je veux bien entendu parler de Benoîte Groult.

Elles mettront en scène une conférence entre « éminents spécialistes », après une installation un peu laborieuse hier (fébrilité de première oblige) d'un pico-projecteur vidéo.

Cinquante personnages.
J'ai eu tendance à penser qu'en une heure et vingt minutes, c'était un peu beaucoup.
Certes, le sujet est vaste, mais la multiplication obligée de saynètes donne évidemment un côté foutraque assumé mais qui a tendance à mon sens à diluer la force de la démonstration.
A moins bien entendu qu'abasourdir la salle sous un flot d'infos et de témoignages ne soit un parti-pris délibéré.

D'autant que c'est avec énormément d'humour que tout ceci nous est proposé.
Oui, nous allons beaucoup rire.
Il faut être un spectateur également militant pour rire de bon cœur aux facéties de ces demoiselles.
Témoin cette première scène avec ce premier carton « Introduction » devant lequel deux praticiens en gants de vaisselle verts nous montrent leurs index et majeur.

Mais ce rire peut peut-être parfois minimiser lui aussi le propos. J'en veux pour preuve cette scène du débat évoqué plus haut entre « professionnels de la profession », rendu sur le mode de la farce burlesque.

Chacun se fera bien entendu sa propre idée.

En revanche, certaines scènes sont glaciales et font vraiment froid dans le dos, comme toute la partie consacrée au Distilbène, et à ses méfaits jusqu'à la quatrième génération des enfants des femmes à qui on a administré ce « médicament ».
Une magnifique dramaturgie est alors mise en scène, évoquant la douleur, la souffrance, le sang, la couleur rouge. C'est très beau. Et non, je n'en dirai pas davantage. A vous de découvrir.

C'est un spectacle bien intéressant que Mesdemoiselles Biard, Grimaud et Sahuquet nous proposent. Un spectacle qui ne peut laisser personne indifférent, qui dit les choses en appelant un chat un chat.

Les trois auteures-metteures en scènes-comédiennes réussissent leur démonstration, poursuivant un vrai combat qui ne devrait au passage pas être mené par seules les femmes.
Et ce par le biais d'une belle mécanique théâtrale.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor