Songs

Songs
  • Théâtre des Bouffes du Nord
  • 37 bis, boulevard de la Chapelle
  • 75010 Paris
Itinéraire
Billets de 20,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

Création à partir de musiques anglaises du XVIIe siècle il faut imaginer un lieu qui ne serait pas de notre réalité.

Comme une faille de notre monde, où de la musique devrait être jouée et chantée par une femme sans discontinuer. Dans cet endroit, par la musique, s'écoulent les mouvements de l'âme. Ce lieu pourrait être les archives de la mémoire, des chagrins.

Un jour, arrive une autre femme. Dans la vraie vie, c'est le jour de son mariage.

Note rapide
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
1 critique
Note de 8 à 10
100%
1 critique
7 janv. 2019
8/10
29 0
« - By Jove ! What beautiful english songs of the 17th Century ! Don't you think so, Francis ?
- Oh yes, Philip ! Indeed ! God save the Queen and the King Charles the First, too ! »

Sébastien Daucé et l'ensemble baroque Correspondances, dans la lignée de leur dernier album en date « Perpetuel Night », nous proposent de découvrir sur scène une douzaine de ces chansons anglaises du 17ème siècle.

L'instabilité politique de cette époque en Angleterre va se révéler tout à fait propice à l'apparition de compositeurs découvrant la monodie accompagnée, notamment entre 1630 et 1690.
(On se rappelle au passage que nous autres Français n'avons pas la primeur du raccourcissement à la fois royal et définitif...)

Ces « songs » ont un thème à la fois précis et universel : les aléas et les affres de l'amour.
Leur tonalité est systématiquement mélancolique. Cette mélancolie qui sied aux amants qui doivent se séparer au petit matin trouvant la nuit décidément trop courte, le rossignol ayant timidement mais sûrement lancé son premier trille... (Merci Ô William...)

Deux remarquables chanteurs (je pèse cet épithète) vont nous exprimer cette douce mélancolie.
Lucile Richardot, alto, m'a totalement conquis et ravi. Son timbre chaud, rond, sa tessiture descendant dans de beaux graves, ses subtiles nuances, son jeu scénique constituent un véritable enchantement.
Elle parvient sans peine à exprimer le lyrisme plutôt sombre de ces œuvres de Locke, Johnson, Jenkins, Blow, du jeune Purcell et consorts.

Elle sera rejointe par le baryton-basse d'origine cubaine René Ramos-Premier.
Leurs duos sont très homogènes, très cohérents, et m'ont procuré bien des frissons.

L'ensemble Correspondance fait beaucoup plus que les accompagner.
Les musiciens aux différentes violes de gambe, aux luths, à la harpe et au théorbe, là la flûte et au basson, au clavecin, au virginal et à l'orgue, expriment au mieux cette délicate et sensuelle musique, faite de subtiles mélodies et contrepoints.
Le mot "ensemble" est on ne peut mieux justifié.

De plus, tous ces musiciens vont également beaucoup s'amuser et nous amuser.
Car ce spectacle n'est pas un « simple » récital.
Non, tout une dramaturgie vient pimenter tout ceci.

Et tout commence très bien.
Deux excellentes et hilarantes comédiennes, Margot Alexandre et Sarah Le Picard interprètent deux sœurs, dont l'une doit se marier.
Et selon la note d'intention « descendre en elle-même ».
Le plateau sera donc l'intérieur de son être.

Le tout démarre sur les chapeaux de roues. Avec un accent provençal et une faconde digne de la plus cagole des cagoles, Melle Alexandre est irrésistible en espèce de meneuse de revue "bibendumisée" et complètement déjantée. Quelle présence, quelle vis comica !

Les musiciens sont mis à rude contribution par le metteur en scène Samuel Achache. On sent que tous s'amusent beaucoup à participer à la dramaturgie.

Par la suite, la répétitions des situations, les longueurs et un propos de moins en moins drôle ont tempéré mon enthousiasme du début.

Il faut enfin noter la très belle scénographie de Lisa Navarro.
L'artiste utilise de la cire liquide dégoulinant sur les pans de décor, les objets, les tables, imprégnant les costumes, créant un chaos tout à fait baroque et original.
La scène de l'immense drap blanc découvrant progressivement le plateau est d'une vraie beauté formelle.

Au final, il faut assister à ce spectacle, afin de s'immerger non seulement dans la cire liquide, mais surtout dans cette belle musique anglaise du XVIIème siècle.

C'est une vraie réussite musicale !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor