Singulis, Les forçats de la route

Singulis, Les forçats de la route
De Albert Londres
Mis en scène par Nicolas Lormeau
Avec Nicolas Lormeau
  • Nicolas Lormeau
  • Comédie Française - Studio Théâtre
  • 99, rue de Rivoli
  • 75001 Paris
  • Louvre-Rivoli (l.1)
Itinéraire
Billets de 12,00 à 23,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Les comédiens ont souvent en poche un livre, un texte avec lequel ils pérégrinent depuis longtemps. Les Singulis sont l’occasion de les découvrir dans une pratique rare pour les acteurs de la Troupe : le seul-en-scène.

« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » L’intégrité d’Albert Londres est devenue un emblème du métier de journaliste. En 1924, entre le 22 juin et le 20 juillet, il couvre le Tour de France cycliste. Son œil est neuf, son étonnement total.

Nicolas Lormeau prête sa voix à ses chroniques et aux quelque cent-cinquante hommes roulant « à la dynamite », sur des vélos sans dérailleur et des routes qui n’en sont pas. Des épreuves de montagne, où tous risquent leur vie dans les descentes, aux étapes de plaines où les silex déchirent les cuisses, la poussière brûle la peau et les yeux, l’acteur s’identifie au grand reporter et donne corps à ce monument littéraire, récit d’un autre temps.

 

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4 mars 2018
9/10
24 0
Nous partîmes plus de cent cinquante mais par un véloce chevauchement - Nous nous vîmes soixante en arrivant aux Champs.

« Ils ne font pas le Tour de France pour se promener, ainsi que j’aimais à l’imaginer, mais pour courir »

Ici Albert Londres, le Tour de France 1924 parle aux Français dans Le petit Parisien.
Revivez comme si vous étiez les coulisses des premiers Tour de France, revivez ces jours du 22 juin au 20 juillet 1924, de villes en villes, d’étapes en étapes, la vie poignante et dure des coureurs, ces bouffeurs de kilomètres et de poussière, et l’engouement populaire à leur passage. Un hommage magnifique et dramatique.

« On s’habitue à tout. Il suffit de suivre le Tour de France pour que la folie vous semble un état de nature.»

Une folie narrée par un prodigieux Nicolas Lormeau, tour à tour jouant le grand journaliste Albert Londres, témoin de ce chemin de Croix, un de « Ces messieurs les bicyclistes » Bottecchia, Mottiat, Tibergien, Alavoine ou bien encore un de ces millions de français sur le bord de la route pour voir passer le peloton. Une folie mise en scène avec les photos de ces héros et une band son pour rappeler la TSF. Un retour dans le passé incroyable.

« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » Albert Londres
24 févr. 2018
9,5/10
51 0
Vas y Nicolas ! Allume la mèche ! Emmène la braquasse, mets la grande soucoupe ! Envoie dans la moulure !

Pour sûr, Nicolas Lormeau nous livre au Studio-Théâtre une performance quasi sportive !
Un singulis d'une heure et trente minutes, je pense qu'il s'agit bien là du record de la maison.

Pour ce passionné de vélo (je me suis laissé dire qu'il avait déjà emporté le sien dans le camion des décors lors d'une précédente tournée), pour ce passionné de la petite reine, donc, quoi de plus naturel et logique que de concevoir ce spectacle autour de l'interprétation du livre d'Albert Londres.

Ces Forçats de la route, ce sont les coureurs cyclistes du premier Tour de France.
Albert Londres couvrait alors l'événement pour le journal « Le petit Parisien ».

Le comédien incarne ce célèbre reporter qui raconte, qui décrit, qui informe de la façon la plus rigoureuse qui soit ses lecteurs.
Il s'agit de rendre compte. Et plus précisément de révéler au monde la souffrance qu'on fait s'infliger à ces surhommes de 1924.

Et l'on comprend immédiatement l'emploi du substantif « forçats ».
Oui, ce premier Tour, c'est le bagne !

Les routes en piteux état, les vélos rustiques, les crevaisons, la boue, la poussière, le peu de temps de récupération, et la longueur des étapes, autant de paramètres épouvantables !

Imaginez cette étape d'une distance de 412 kilomètres (oui, vous avez bien lu...) : départ à 22h00 de Brest, pour arriver le lendemain à 18h00 aux Sables d'Olonne ! Inhumain !

Et ce n'est rien par rapport à l'étape pyrénéenne, avec les terribles cols d'Aubisque et du Tourmalet !

Le reporter ne nous cache rien, même les procédés « médicamenteux » (la « dynamite ») utilisés par certains : cocaïne pour les yeux, chloroforme pour les gencives, etc, etc...

Nicolas Lormeau nous la fait pleinement ressentir, cette souffrance.

On a mal pour ces coureurs qui en bavent comme personne, en n'étant que très peu considérés par l'organisation de la course.

Il sait ce que c'est que d'avoir « le cul sur une selle », lui.
Nous, nous n'avons pas besoin d'être des pédaleurs du dimanche : ce qu'il nous dit et comment il le dit est suffisamment éloquent !

Il a disposé un lit côté cour, ce qui lui permettra de symboliser l'incommensurable fatigue, et le peu de repos accordé.

Mais il est également très drôle. On connaît sa vis comica !
Il vit le texte pleinement, il incarne tous les personnages évoqués, avec une multitude de registres voix, d'intonations, d'accents également.

Non seulement il a du digérer et mémoriser un texte pas si évident que cela, mais il doit se rappeler en permanence l'ordre de ses imitations, de ses changements de voix !
Un vrai régal.

Nous rions également grâce à la langue qu'utilise Albert Londres, parfois humoristiques, avec des formules plus imagées les unes que les autres.

Avec ce seul en scène, Nicolas Lormeau, grâce à Albert Londres, nous fait comprendre que le Tour de France, ce n'est pas seulement une épreuve sportive.
En remontant à ce premier Tour de 1924, il nous entraîne dans une véritable mythologie, avec ses Dieux et ses Héros : les frères Pélissier, Rho, Alavoine, Cuvelier, Bottechia (le premier vainqueur), et bien d'autres...

Il n'est alors plus simplement question de sport.
Il est question d'hommes qui veulent se dépasser, et font adhérer toute une partie d'un peuple dans une aventure collective extra-ordinaire.

On l'aura compris, Nicolas Lormeau fume la pipe, et fait parler la classe.
Traduction pour les non-initiés : le comédien est on ne peut plus en forme et nous propose un épatant moment de théâtre.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor