Qui va garder les enfants ?

Qui va garder les enfants ?
  • Théâtre de Belleville
  • 94, rue Faubourg du Temple
  • 75011 Paris
  • Goncourt (l.11)
Itinéraire
Billets à 26,00
À l'affiche du :
16 janvier 2019 au 31 mars 2019
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 19:15
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Pendant plus de deux ans, Nicolas Bonneau a suivi des femmes politiques dans leur quotidien. Femmes de gauche ou de droite, élues locales et nationales.

Il en dresse ainsi une série de portraits émouvants ou caustiques tout en interrogeant sa propre domination masculine.

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3 critiques
Note de 8 à 10
75%
Toutes les critiques
16 févr. 2019
7/10
3 0
N'ayez crainte, Nicolas Bonneau met beaucoup d'autodérision et d'humour dans son autofiction. Vous ne vous ennuierez jamais. Ce regard sur les hommes est en premier une autocritique sur lui. Sa soeur n'avait pas les même droits que lui lorsqu'il était plus jeune. Elle devait débarrasser la table, faire la vaisselle, ne pouvait pas sortir comme lui, être aussi libre. Une injustice qui débutait déjà dès son plus jeune âge. Une idée de supériorité presque inculquée. Alors maintenant qu'il a porté un vrai regard sur ce qui l'entoure, il se sent porteur d'un message qu'il est très rare d'entendre de la part d'un homme. Car l'inégalité est en premier propulsé par ces hommes et ces femmes soumises qui pensent qu'elles doivent servir ses messieurs. Toujours ce principe de baguette magique. Un délicat cri à l'inégalité qu'il faut faire entendre à de très nombreuses personnes. Vous en connaissez forcément dans votre entourage. Peut-être que certains auront un déclic et apprendrons à considérer chacune comme des égales en droit, en savoir, en compétence...

Nicolas Bonneau porte avec intelligence, humour et réflexion l'étendard du droit à la parole des femmes en politique. Un spectacle dont on ne ressors pas indifférent et qui pourra pourra peut-être contribuer à une prise de conscience. Après tout "les hommes sont une femme comme les autres. Non ?".
12 févr. 2019
8/10
3 0
Ce qui transparaît avant tout dans ce spectacle est la sincérité de Nicolas Bonneau. Dans ce théâtre-récit qui lui a demandé plus de deux ans de préparation, l’acteur auteur s’interroge sur le vécu des femmes politiques. Il a rencontré des élues, s’est investi dans sa démarche.

Étonnamment, Nicolas Bonneau commence par sa propre histoire, son propre abus d’homme dominant pour l’emporter sur une femme à l’élection des délégués du collège. De ce point de départ s’établit la longue remise en question.

Mais il y a dans ce spectacle comme une première et une deuxième partie. Les premiers témoignages recueillis sont vifs mais pas emballants. Comme il le dit lui-même sur scène en rapportant l’avis d’un spectateur « on n’apprend rien dans votre spectacle, on sait déjà tout ». Pourtant, à un moment donné vient une chanson : les commentaires désobligeants des députés à l’assemblée sont slamés par une voix électrique sans affects et à ce moment-là sourd la colère en moi. Je me croyais aseptisée et d’un coup je suis touchée, dépitée. Alors vraiment, c’est encore ça aujourd’hui. L'humiliation d'une élue parce qu'elle est femme ?

Les hommages que Nicolas Bonneau rend après à Margaret Thatcher, Angela Merkel, Simone de Beauvoir ou Christine Taubira sont pleins de déférence. Acteur conteur, il se transforme en elles sans les caricaturer mais en se décentrant pour trouver et accentuer la singularité de chacune. Son propos concerné et ses observations vécues et partagées avec nous rendent le spectacle authentique et entier.

Une belle prise de position qui interroge notre capacité à créer du vivre ensemble !
28 janv. 2019
9/10
47 0
Printemps 2011. On connaît désormais les six candidats à la prochaine primaire du PS pour l'investiture suprême. Quatre hommes, deux femmes.
Dont Ségolène Royale, qui se présente contre son compagnon d'alors François Hollande.

En constatant cet état de fait, Laurent Fabius croira fier et spirituel de lancer : « Mais qui va garder les enfants ? »
En six mots, tout est dit. Voici la vision que l'Homme politique dans sa grande majorité porte sur les femmes désireuses elles-aussi de peser sur la chose publique.

Ce sera le titre de ce spectacle de Nicolas Bonneau. Un titre emblème, un titre étendard !
Ce sera donc une pièce qui va constater et raconter le fait que réussir puis exister en politique est beaucoup plus difficile et compliqué pour une femme.

Une pièce qui va relater les discriminations, les remarques, les injures sexistes en la matière, y compris dans les plus hautes sphères de la vie politique française.

Pour bien poser la problématique, l'auteur-comédien apparaîtra sur le plateau vêtu d'une veste en cuir, un micro hf à la main, en parfait beauf misogyne au possible. J'ai pensé au Timsit de la grande époque...
Il nous lance à la figure un ramassis de lieux communs on ne peut plus sexistes. Le décor sociétal est brossé.

Alors oui, Nicolas Bonneau est un homme. Ne pourrait-on pas lui reprocher de parler pour et à la place des femmes ?
Fidèle à la démarche qui l'anime en matière de création dramaturgique, il est allé sur le terrain pendant deux années rencontrer des femmes politiques pour s'imprégner de leur quotidien, et pour rapporter leur témoignage, leur vécu en la matière.
Il va nous restituer une série de portraits réalistes, souvent émouvants, mais aussi sans concession aucune.

L'homme que se tient devant nous est un comédien, certes, mais c'est également un conteur.
Il va nous raconter bien des combats, dont celui de Ségolène Royal, justement, en changeant d'escarpin à talons.
Il nous dit la visite que lui fit Michel Rocard pour la dissuader de se porter candidate à l'investiture suprême.

Derrière le comédien, se trouve une sorte de sculpture, un totem constitué d'un escalier en colimaçon sur lequel sont empilées diverses chaises.
Au sol, d'autres sièges, symbole de la fonction politique, bougeront sinon comme par enchantement, tout au moins au moyen de câbles. C'est très réussi.

C'est au pied de ce totem qu'il incarnera Simone Veil, le profil éclairé latéralement. Il évoquera les souvenirs de la grande Dame en matière de combat à la fois politique et féministe.

Nicolas Bonneau n'est pas un utopiste ni un idéaliste déconnecté de la réalité.
Il va nous rappeler que certaines femmes sont aussi calculatrices, manipulatrices, va-t-en-guerre que leurs homologues masculins.
N'est-ce pas Angela, Maggie ou encore Marine ?

Le message de fin du spectacle sera à ce sujet sans équivoque : si les femmes politiques ne sont pas meilleures que les hommes, elles ne peuvent pas être pires.

Oui, le théâtre sert aussi à rendre compte d'une réalité sociétale. Ici, en sortant du théâtre de Belleville, personne ne peut plus ignorer l'encore triste situation des femmes en politique, justement parce qu'elles sont des femmes.
M. Bonneau, votre démonstration, tant sur le fond que sur la forme est lumineuse !

Ah ! J'allais oublier...
Malgré une annonce en mars 2018, l'Assemblée Nationale française ne dispose toujours pas d'une crèche pour les représentants du peuple et ses fonctionnaires.
9,5/10
5 0
... Un spectacle instruit et instructif, drôle et captivant. Du théâtre comme on aime, qui fait appel à l’intelligence et aux sensations du public. Un rendez-vous bienfaisant et immanquable que j’ai plaisir à recommander.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor