Quasimodo, le bossu de Notre Dame

Quasimodo, le bossu de Notre Dame
De Victor Hugo
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 12,00 à 28,00
À l'affiche du :
11 septembre 2019 au 2 février 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 14:00
    • 14:30
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Victor Hugo enfant découvre deux corps enlacés dans une cellule abandonnée de Notre-Dame de Paris.

Guidé par son imagination, il va revivre avec le public la bouleversante histoire du difforme Quasimodo et de la magnifique Bohémienne Esméralda.

À travers les dédales d’un Paris du XVe siècle, le terrifiant Frollo et le séducteur Phœbus vont se disputer la beauté et la liberté d’une femme.

Quasimodo, le gardien des cloches, va tenter de la sauver, et, ainsi, gagner sa part d’humanité.

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19 sept. 2019
9/10
19 0
Faut-il avoir du talent, tout de même, pour réussir le tour de force (je pèse ce groupe nominal) d'adapter, de mettre en scène et de jouer durant une heure et de quelle manière cette version de Notre-Dame-de-Paris !

Ce que j'ai vu, ce mercredi après-midi, relève d'une formidable gageure artistique !

Cette adaptation, nous la devons à Sarah Gabrielle et à Alexis Consolato.

Melle Gabrielle a de plus mis en scène ce spectacle dans lequel la forme va rivaliser avec le fond.

C'est un magnifique décor qui attend le plus ou moins jeune public de la Salle rouge du Lucernaire.
Deux tours en bois reliées entre elles, avec une rosace projetée, le tout symbolisant un monument qui résonne d'une terrible actualité.

Les cloches sonnent dans le noir ! Comme un pressentiment funèbre.
C'est un jeune garçon qui apparaît dans un faisceau de lumière, casquette vissée sur la tête.
Mais oui ! C'est le petit Victor, en personne, qui ne se doute pas encore de son destin.
Le petit Hugo, qui va découvrir le fameux mot Ἀνάγκη ! Ananké ! La fatalité et la mort.
C'est lui également qui aperçoit enlacés pour l'éternité, les deux fameux squelettes, dont un, difforme.

Une suite de parti-pris plus judicieux les uns que les autres va nous faire beaucoup rire, mais également beaucoup nous émouvoir.
Les adaptateurs ont en effet totalement réussi à faire ressortir la substantifique moelle de ce chef-d'œuvre de la littérature.

Avec la capacité à en tirer une vraie dramaturgie ainsi qu'une formidable scénographie.
J'ai beaucoup aimé notamment les thèmes abordés de la condition féminine, de la différence, de l'empathie, qui sont traités très subtilement, et qui parlent aux jeunes têtes plus ou moins blondes du public.

La mise en scène de Sarah Gabrielle est à la fois alerte et très précise. Elle a demandé énormément à ses comédiens qui se donnent sans compter.
Une mise en scène qui tire parti de la verticalité : le décor permet non seulement aux acteurs d'utiliser tout le plateau, mais également du « premier étage » du décor.

Joëlle Lüthi est Victor Hugo enfant, ainsi qu'une facétieuse gargouille.
Avec sa vivacité coutumière, son énergie, son agilité, mais également ses mimiques, ses grimaces, elle tire bien des rires aux spectateurs.
Son « Ah bon !!! » est épatant. (Je vous laisse découvrir.)

Quasimodo, c'est Alexis Consolato en personne.
Un rôle tout en puissance, bien entendu, mais également un rôle qui demande beaucoup de finesse. Le comédien parvient à nous émouvoir, avec ce « monstre » au grand cœur.
Lui aussi se dépense sans compter, avec toutes ses prothèses qui ne sont pas faites pour lui faciliter la tâche.
Sa séquence de hip-hop, comme un clin d'œil, fonctionne à la perfection.

Jordane Hess, que j'avais découvert dans La mort d'Agrippine, la pièce de Cyrano de Bergerac montée la saison passée par Daniel Mesguich, est à la fois Claude Frollo et Phœbus.
Un prêtre austère et un soudard coureur de jupons.
Dans les deux registres, il est épatant.
Qu'est-ce qu'il est drôle, dans son armure ! Qu'est-ce qu'il est effrayant dans sa soutane noire puis sa toge écarlate.
Sa voix, forte et grave, à laquelle l'ingénieur du son ajoute une forte dose de réverbération vous glace alors les sangs !

Et puis la Esméralda est incarnée par Myriam Pruche. La comédienne, ayant plusieurs cordes à son arc joue la comédie, chante et danse.
Elle ne fait pas qu'ensorceler les trois personnages masculins du plateau.
Tout le public se retrouve sous le charme de la demoiselle. Elle nous amuse, également, avec notamment un jubilatoire «Je l'ai... Je l'ai pas ! ».

Les différents duos entre les différents comédiens sont très réussis, qu'ils soient humoristiques, tendus, ou émouvants.
On croit totalement à ce que l'on voit et à ce qui nous est dit.
Tous sont on ne peut plus justes !

Je n'aurai garde de passer sous silence le combat réglé par le célèbre Maître d'armes François Rostain en personne.

Et bien entendu, les amateurs du regretté Georges Brassens se régalent, avec une petite citation qui vient à point nommé. Et non, vous n'en saurez pas plus !

Vous l'aurez compris, pour une sacrée réussite, ce spectacle est une sacrée réussite !

Oui, décidément, les spectacles de Sarah Gabrielle font partie de ceux qu'il serait dommage de laisser aux seuls enfants.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor