Princesse Vieille Reine

Princesse Vieille Reine
De Pascal Quignard
Mis en scène par Marie Vialle
Avec Marie Vialle
  • Marie Vialle
  • Théâtre du Rond-Point des Champs-Élysées
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 31,00
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Oui, parfaitement. L’amour est le nom qu’il faut.


Une femme et ses silhouettes, ses spectres, ses désirs, ses deuils, ses âges et ses histoires. Elle naît princesse, devient vieille reine. Le temps qui passe la décuple en cent portraits. Pascal Quignard écrit Princesse Vieille Reine pour Marie Vialle, une série de contes, une suite de sonates. L’écrivain et l’actrice composent ensemble une parole poétique, avec mouvements musicaux, autonomes mais cohérents. Evocations, rêveries, suspensions du temps. Portraits et paysages, allegros, lentos, sarabandes et rondos. C’est un ensemble peuplé de fantômes, d’animaux, de visages, de voix et de chants.


Avec Pascal Quignard, Marie Vialle a mis en scène et interprété Le Nom sur le bout de la langue et Triomphe du temps. Ils poursuivent avec Princesse Vieille Reine une collaboration poétique entamée il y a dix ans. L’auteur de Tous les matins du monde, Les Ombres errantes (prix Goncourt 2002) écrit cette fois-ci pour la comédienne une suite baroque de légendes, théâtre d’incantations. Dirigée sur scène par Luc Bondy, André Engel ou Alain Françon, Marie Vialle prend ici seule en charge la parole et met en scène les violences comme les douceurs des contes de Pascal Quignard, chants de réconciliation des morts et des choses avec les vivants. Pierre Notte

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La critique de Phane (rédac' AuBalcon) : 7/10. Plusieurs contes, cinq robes, une femme. Ou plutôt des femmes, car Marie Vialle interprète, en passant les tenues comme une nouvelle peau, une femme différente à chaque fois.

C’est d’abord une princesse à l’aube de sa vie éprouvant les délices du sentiment amoureux, puis une femme-enfant violée mais fière. Une maîtresse japonaise abandonnée, ou une vieille reine lasse. Mais toutes ont en commun une certaine dignité dans leur rapport à l’amour et à l’homme.

De ce plateau nu, et de cette comédienne voilant sa nudité tout en la découvrant quelque peu, se dégage une beauté pure et absolue, comme les sentiments qu’éprouve chaque personnage joué et comme la voix et la musique qui accompagnent le spectacle. Tout est étudié et réfléchi, comme lorsqu’une femme se pare. Le corps sculpté tel une statue de l’antiquité, un sourire malicieux, une voix allant de la mélodie au cri tout en gardant son harmonie : Marie Vialle se glisse dans chaque rôle avec facilité et grâce, elle passe agilement de la jeune vierge à la vieille reine tout en gardant son élégance et sa malice.

Une pièce rapide, peut être trop rapide, qui laisse des vides chez le spectateur, des manques d’explications, de contenu parfois. On a l’impression d’être dans un rêve sans en comprendre exactement le parcours et le but, hormis celui du temps qui passe. Et surtout, cette pièce de femme, traitant de femme, ne nous offre qu’un mince échantillon de ce qu’est la femme. Mais là n’était surement pas son but, et la pièce reste un plaisir pour les oreilles et les yeux.

Note rapide
7,8/10
pour 2 notes et 1 critique
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Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
50%
1 critique
Note de 8 à 10
50%
1 critique
12 sept. 2015
8,5/10
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Seule sur scène, Marie Vialle nage dans un conte de fées éveillé.

Dans sa malle aux trésors vestimentaires, la compagne de Micha Lescot se glisse avec une gourmandise de petite fille dans les costumes somptueux de la prose de Pascal Quignard. Fort d’un compagnonnage de dix ans, le tandem signe avec Princesse Vieille Reine une féerie atemporelle sur la condition féminine. Au Rond-Point, les sonates baroques du prix Goncourt résonnent avec une étrange actualité, paradoxalement hors du temps. Avec son éternelle allure d’ado narquoise et sophistiquée, Marie Vialle irradie de plaisir en se dirigeant dans ses cinq métamorphoses successives. Féline à l’envi, ironique et touchée par la grâce, la comédienne investit la petite salle Roland Topor avec un abattage considérable. Elle coasse, pousse la chansonnette, court comme une enfant heureuse de retrouver la cour de récréation. Aucun doute, son plaisir est contagieux et se propage dans tout le public comme une délicieuse odeur de madeleine sortie du four.

Si la dramaturgie s’avère un brin légère, la beauté des costumes de Chantal de la Coste (à faire rougir Karl Lagerfeld) pallie à ce manque. Chaque robe correspond à un conte et la traînée de mariée le dispute au manteau de fourrure. Marie Vialle change de peau avec aisance ; un chignon et hop, nous voilà propulsés au Japon. Ses déshabillages et ses séances d’essayage dévoilent une nonchalance étudiée, la stature d’une princesse sûre de son élégance et de sa splendeur.

Si les code génériques du conte renvoient schématiquement au monde de l’enfance, la liane brune se plaît à mettre en relief l’érotisme des situations, sans détour aucun : des griffes de la chatte épousant délicatement le contour des mains humaines ou du désir farouche de toucher les « deux lèvres grises » de la princesse du Moyen-Âge, Marie Vialle restitue sans équivoque les pulsions corporelles quignardiennes et invite à une célébration intime et totale de la sexualité.

Finalement, sous leur aspect de prime abord gentillet, ces cinq contes esquissent avec pertinence un éloge de la pugnacité de la femme à travers les siècles. Des femmes dignes à toute épreuve (comme pour l’enfant chinoise quotidiennement violée par un Empereur despote), à la volonté de fer et au pouvoir inébranlable. Des exemples à suivre pour les petites filles de demain.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor