Pour trois soeurs

Pour trois soeurs
  • Théâtre de Belleville
  • 94, rue Faubourg du Temple
  • 75011 Paris
  • Goncourt (l.11)
Itinéraire
Billets à 25,00
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Le point inaccompli de l'enfance.

Un spectacle-enquête en trois mouvements et une installation. Pour trois soeurs est un projet au long cours qui a pour point de départ un énoncé : trois soeurs.

La première étude procède à un resserrement, en s’appuyant exclusivement sur les paroles des trois sœurs de Tchekhov. Puis, petit à petit, la fiction, rencontrant le réel, introduit la mort dans la représentation théâtrale et pose la question de l’irreprésentable.

 

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Toutes les critiques
23 mars 2018
4,5/10
15 0
J'aurais bien voulu parler de l'histoire toutefois je ne l'ai pas compris. En effet, il y a trois soeurs, jouées par trois comédiennes. Elles portent toutes des perruques de couleurs différentes et des imperméables. Et un élément lie les soeurs : leur père est mort. Voilà tout ce qui j'ai compris.

Alors pour savoir vraiment ce que j'avais vu, je suis allée lire des informations sur le site du théâtre. Et j'apprends que la metteure en scène a décidé de monter un projet artistique à la suite de la disparition d'une de ces soeurs. Il existe un lien entre les soeurs à elle et celle d'Anton Tchekhov. Agnès Bourgeois va introduire une partie de sa vie, de sa réalité avec la fiction écrite par l'auteur russe. Mais les choses se mélangent, s'entremêlent et je ne sais plus à quoi m'accrocher. Une des soeurs est soit disant morte et dans la minute, elle est de nouveau là. Cela aurait été une pièce absurde, j'aurais pu éventuellement comprendre. Ici, ce n'est pas le cas. 

Les phrases partent dans tous les sens. Qu'est-ce qui appartient à qui et à quoi? Je ne sais pas et je commence à m'ennuyer. Elles bougent dans l'espace délimité au sol. Parfois elles hurlent, crient hausse le ton sans qu'il y ait trop de raison. Je me sens agressée. Déjà que je ne comprends pas de quoi on me parle et en plus on s'en prend à mes tympans. Le temps passe au ralenti. Les comédiennes dépensent beaucoup d'énergie et cela me permet de rester captive. Mais cela ne suffit pas. 

Un voyage en Russie bien décevant que je ne recommande pas du tout.
17 mars 2018
5,5/10
43 0
Ça doit sûrement être bien mais j'ai pas compris ce qui s'est passé.
Découvert après la pièce que deux textes, deux histoires se superposaient. Que les perruques sont l'indicateur du passage d'une histoire à l'autre.
Je ne devais pas être en forme j'ai pas percuté. Du coup rien compris.
J'aurais dû lire le résumé de la pièce avant, me renseigner. Mais zut, quand je vais au théâtre j'aime bien aussi découvrir.

Mise en scène minimaliste avec séquences incompréhensibles longues.
Soit on comprend soit on est à l'écart.

Par contre, excellentes comédiennes.
Qui ont réussi à m'embarquer, vers où je ne sais pas sachant que je n'y ai rien compris, mais m'embarquer quand même. Dans ces conditions c'est fort.
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13 mars 2018
8/10
31 0
Il fallait oser.
Il fallait être certaine de son fait pour mélanger son propre texte à celui du grand Tchekhov.
Elle a osé. Et elle a très bien fait, Agnès Bourgeois.

Tout est parti d'une phrase entendue au téléphone en 2004.

« Je ne survivrai pas à la mort de Papa », faisant écho à la célèbre réplique de la pièce Les trois soeurs : « Père est mort il y a juste un an, je me disais que je n'y survivrais pas ».

Un traumatisme familial allait donner lieu à ce très intéressant objet dramaturgique.

Melle Bourgeois n'a gardé que les mots et la parole de Macha, Olga et Irina. Elle a très intelligemment inséré les siens dans l'espace littéraire laissé ainsi vacant.

Ces trois personnages sont presque quatre sur le plateau. Le cadavre du père est là, posé sur une table recouverte d'un linceul immaculé.

Mais le propos sera bien plus complexe que la seule disparition paternelle.

Agnès Bourgeois connaît bien la notion de sororité.
Elle-même a fait partie d'un trio sororal.
Elle aussi a connu les joies, les peines, les tendresses, les jalousies qu'éprouvent trois sœurs, elle aussi a été confronté au partage des secrets, des confidences.

J'ai employé le passé composé.
Les trois sœurs Bourgeois ne sont plus que deux, depuis que l'une d'entre elles a choisi de quitter notre monde.

On comprend évidemment la démarche de la metteure en scène, comme pour peut-être mettre des mots sur le drame, l'exorciser et peut-être également fournir un exutoire de résilience à ce départ définitif.

Elle apparaîtra sur scène nous tournant le dos, nous laissant découvrir un chignon bien sévère.

Elle est seule.
Elle retrouvera Valérie Blanchon (je me souvenais d'elle dans "Nos éducations sentimentales"), et Muranyi Kovacs, les deux autres comédiennes pour entamer une sorte de course triangulaire, une espèce de jeu de chaises musicales à rebours. Ici, les sœurs apparaissent au fur et à mesure.

Toutes les trois nous feront finalement face, chacune arborant bien visiblemnet une perruque ainsi qu'un manteau trois-quart.
Comme un uniforme de sœur.

Un canapé sur le plateau, la table et un blanc. Trois paires de chaussures. Ce sera tout.
Plus un accessoire qui ne servira qu'à la toute fin de la pièce.

Ici, pas de fioritures. Les propos est austère, la mise en scène et le jeu des comédiens ne prêtent guère à la gaudriole.

Les trois comédiennes savent faire résonner le propos tchékhovien avec la propre histoire d'Agnès Bourgeois.

Parce que le texte du grand Anton, suffisamment universel, permet cette sorte de mise en abyme.

De très beaux moment de jeu nous sont proposés, des moments très justes, très vrais, très prenants.

Elles parviennent à nous émouvoir, car il y a quelque chose de bouleversant à constater la volonté réelle et celle imaginée par le grand auteur russe de poursuivre, de continuer à vivre, coûte que coûte.

Ces trois sœurs en comédie nous offrent un très fort et très intense moment de théâtre. Même si l'on n'a qu'un frère.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor