Petit éloge de la nuit

Petit éloge de la nuit
De Ingrid Astier
Mis en scène par Gérald Garutti
Avec Pierre Richard
  • Pierre Richard
  • La Scala
  • 13, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint-Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 40,00
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Écoute la nuit qui marche.

Pierre Richard s’aventure dans un nouveau monde : la nuit et ses fantasmes, ses versants érotiques, cosmiques, cauchemardesques. Ses fantômes, Nerval, Bashung, Baudelaire. Il déambule dans un abécédaire poétique des charmes nocturnes.

Il débute au théâtre avec Vilar, assure les premières parties de Brassens. Pierre Richard devient vite un acteur solaire, distraction hissée au rang de poème, dans ses films comme Le Distrait ; Le Jouet ; Le Grand Blond ; Les Compères. Au Rond-Point, il jouait seul en scène Détournement de mémoire (2003) et Pierre Richard III (2012).

Il s’aventure dans un nouveau monde, une terre inconnue ; la nuit, ses impasses à noctambules et à chats gris. Effleurer les étoffes de la nuit et ses fantasmes. Ses versants érotiques, cosmiques, cauchemardesques. Ses fantômes, Nerval, Bashung, Baudelaire.

 

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1 juil. 2019
8,5/10
3 0
Parler de la nuit sur scène, on aura tout vu.
Comment parler de la nuit sur scène ? Voilà un thème déboulant dans une programmation, tel un chien dans un jeu de quilles. Rien qu’à la lecture du titre, « petit éloge de la nuit », on entendrait presque certains – sûrement les vieux fourneaux, ceux à qui on ne la fait pas – s’écrier : « On va droit dans le mur ! » Certains, peut-être, mais pas Pierre Richard. Lui n’a pas crié, ni même soufflé, encore moins refusé. Non, il a simplement accepté.

Un seul-en-scène complexe cependant. Exigeant tant il repose sur la capacité du comédien à transmettre de l’émotion. Poétique, lyrique, sentimental, sensuel, amusant, grave, sérieux, joyeux. Tellement de sentiments traversés, comme autant de voyages effectués, en à peine une petite heure de spectacle. Atypique, voilà le terme. Être atypique, le bonheur de Pierre ?

Ah ! La vieille canaille ! Il faut dire qu’il parvient à nous envoûter avec une facilité déconcertante. Sa présence, sa gestuelle, sa voix, même le vendeur de jouets n’y parviendrait pas aussi aisément. Quel plaisir de le voir sur scène s’amuser comme un enfant, de l’entendre nous conter aussi bien la nuit. Des tentures sombres, un écran, une lumière et c’est tout. Dans ce plus pur dénuement, vêtu de sombre, il se fait poète, roi du gag, Auguste ou clown blanc. De la tristesse ? Plutôt une douce mélancolie. Du grand art. Dans l’histoire, le plus touché, c’est moi. Le plus touchant ? Assurément, c’est pas moi, c’est lui. Et de cette voix reconnaissable entre mille, c’est comme s’il vous disait : « prends le temps de regarder ce noir profond ; d’écouter le silence de la nuit ». Alors, on s’assoie et on regarde. On regarde cet immense comédien nous parler, comme s’il parlait à un ami. Il a cette folie magique de savoir créer un univers avec rien, un monde avec un ballon, un lieu avec un transistor. Le public le suit. Non, mieux, le poursuit même avec l’espoir de pouvoir encore profiter encore quelques instants de cette belle folie. Une vraie cavale de fous … Mais qu’elle est belle ! On la voudrait éternelle. On peut toujours rêver.

Spectateur, profite de ce moment avant que le réel ne te rappelle à lui. Ce spectacle ne se décrit pas, il se vit. Ah ! Quand la liberté venait du ciel …

Sur scène, notre compère, lui, poursuit son ode à la lune. Dans la jungle des villes, il observe le ballet des lumières comme autant d’étoiles scintillantes. Dans l’immensité des campagnes, un parfum de fleurs embaume sa rêverie contemplative. Trop, c’est trop voudriez-vous dire ? Non, c’est juste beau.

De cette nuit, seul sur son perchoir, Pierre Richard vous l’assure : « je sais rien, mais je dirai tout ». Tout de sa beauté, tout de son caractère angoissant, tout de ses mystères. Le temps d’une pièce, jour et nuit inversent leurs rôles, le jour ne transperçant de sa lumière l’obscurité que pour quelques instants éphémères.

Petit éloge de la nuit est tel un rêve éveillé. Un rêve que l’on aime à retrouver pour se laisser bercer par un éternel distrait avec non pas un nuage entre les dents, mais une myriade d’étoiles dans chaque parole.

Laissez-vous emmener et bienvenue à bord !
23 juin 2019
7/10
1 0
Gérald Garutti insuffle de la poésie et du mystère dans sa mise en scène. Il complète le corpus avec Charles Baudelaire, Henri Michaux ou Edgar Poe.

Les mots sont sublimés par de multiples moyens. Des jeux de clairs-obscurs adaptés à chaque récit avec beaucoup d'élégance. Des projections pleines de finesse avec des mouvements interprétés par la majestueuse Marie-Agnès Gillot, étoile de l'Opéra de Paris ou des images du double du comédien. Et enfin, une musique enchanteresse qui vous englobe, vous berce et vous émerveille, de Laurent Petitgand. Un ensemble formant un écrin chaleureux et onirique. Les visions chimériques laissent place aux émotions aussi vives que fragiles. Pierre Richard y montre l'étendu de son talent du haut de ces 84 ans.

Gérald Garutti insuffle de la poésie et du mystère dans sa mise en scène. Il complète le corpus avec Charles Baudelaire, Henri Michaux ou Edgar Poe. Les mots sont sublimés par de multiples moyens. Des jeux de clairs-obscurs adaptés à chaque récit avec beaucoup d'élégance. Des projections pleines de finesse avec des mouvements interprétés par la majestueuse Marie-Agnès Gillot, étoile de l'Opéra de Paris ou des images du double du comédien. Et enfin, une musique enchanteresse qui vous englobe, vous berce et vous émerveille, de Laurent Petitgand.

Un ensemble formant un écrin chaleureux et onirique. Les visions chimériques laissent place aux émotions aussi vives que fragiles. Pierre Richard y montre l'étendu de son talent du haut de ces 84 ans.
8 juin 2019
8/10
4 0
"Petit éloge de la nuit" avec Pierre Richard jusqu'au 30 juin à La Scala Paris
- 26 ans : 16€ en catégorie 3, 21€ en catégorie 2 et 24€ en catégorie 1

D'ordinaire je suis de ceux qui s’insurgent contre l’utilisation de micro par les acteurs au théâtre. Le son est déformé, on n’échappe jamais à un grésillement, à un micro mal accroché, etc. À la Scala Paris c’est différent. L’acoustique et le système de haut-parleur de la salle sont tels que l’immersion sonore fonctionne parfaitement. La musique, comme le texte, déclamé avec la voix profonde de Pierre Richard nous enveloppe dans la nuit. Toutes deux nous bercent avec beaucoup de poésie et de douceur. Ce spectacle est autant à voir qu'à entendre et avoir de la hauteur en étant au balcon n'est pas désagréable, au contraire.

Laissez-vous transporter par ce Petit éloge de la nuit, et en retournant chez vous, laissez-vous finalement, happer par cette Nuit noire, poétique, et éternelle.
5 mai 2017
8/10
9 0
Astrid Astier a démarré en écriture de manière exemplaire en recevant très vite plusieurs prix. Son Petit éloge de la nuit, publié en Folio Gallimard en 2014, est né de notes vagabondes, de nuits inspirées, de lectures et de dialogues croisés dont Gérald Garutti s'est emparé en les enrichissant de textes empruntés à Edgar Poe, Baudelaire, Guy de Maupassant, Desnos, Henry Miller, Neruda, Henri Michaux et Milan Kundera ... et quelques autres.

Un spectateur érudit les reconnaîtra mais leur connaissance n'est pas un préalable pour apprécier la soirée que Pierre Richard nous invite à passer en sa compagnie au Théâtre du Rond-Point.

La vraie question serait plutôt de se demander si le spectacle pourrait exister sans lui. D'évidence non. A tel point que les films projetés sur la toile de fond et dont il est l'unique personnage ne permettraient pas facilement qu'un autre acteur s'empare du texte.

L'acteur existe derrière les indications du metteur en scène. Avec ses longues enjambées, sa diction à peine hachée, la musicalité de ses intonations (il est juste dommage que l'ingénieur du son ait sonorisé sa voix qui aurait été plus agréable sans micro), tout ce qu'il a su conserver de sa maladresse de Pierrot lunaire.

La soirée est le résultat de cette alchimie particulière entre ces caractéristiques et une grande sophistication. Le risque était élevé de faire un coup, de plaquer des morceaux. Pourtant non, la célébrité de l'acteur n'a rien à voir avec le plaisir qu'on ressent. Pas davantage que la surprise de le découvrir dans un registre qui le sort des rôles de fantassin comique dans lesquels d'ailleurs il excellait.

L'homme est présent derrière l'acteur mais le comédien nous mène sur les chemins où il entreprend de nous perdre. C'est la longue route de la chorégraphe Marie-Agnès Gillot. C'est la montée des eaux d'un retour de marée au soleil couchant. C'est le souvenir (pour beaucoup d'entre nous un rappel de l'enfance) d'une Chanson douce, également connue sous le titre du Loup, la biche, le chevalier, interprétée par Henri Salvador depuis 1950. C'est la tension des paroles de La nuit je mens que Bashung chantait en 1998 et que Pierre Richard écoute, une coupe de champagne à la main, en fumant un cigare.

La mise en scène est résolument contemporaine, s'affranchissant d'un décor, mais ni de lumières, ni d'images qui sont projetées sur un écran en fonds de plateau. La caméra permet à l'acteur de se dédoubler en plan rapproché. Sur le carré en estrade, l'acteur tourne, vire, danse sur un air de Fats Waler, lève les bras au ciel, s'allonge, se redresse, scrute les spectateurs dans les yeux, les contraint à écouter aussi les silences.

On se souviendra de l'envahissement de l'espace, du sol au plafond, par des bulles noires et blanches de diverses tailles. C'est magique. De Cyrano aussi quand il se fit la nuit la plus noire du monde.

Si le rêve est l'aquarium de la nuit, le discours n'est pas pour autant philosophique, pas plus que didactique ou démonstratif. Les nuits sont juste multiples. Parfois intérieures. Toujours poétiques. Incarnées.
Une compilation de textes, d'effets et de mouvements sans parti-pris.
Incroyable glissé-coulé- loupé !
Pierre Richard, magnifique, nous sauve de l'ennui total.
Déception majeure.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor