Petit éloge de la nuit

Petit éloge de la nuit
De Ingrid Astier
Mis en scène par Gérald Garutti
Avec Pierre Richard
  • Pierre Richard
  • Théâtre Hébertot
  • 78, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 40,00
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Écoute la nuit qui marche.

Pierre Richard s’aventure dans un nouveau monde : la nuit et ses fantasmes, ses versants érotiques, cosmiques, cauchemardesques. Ses fantômes, Nerval, Bashung, Baudelaire. Il déambule dans un abécédaire poétique des charmes nocturnes.

Il débute au théâtre avec Vilar, assure les premières parties de Brassens. Pierre Richard devient vite un acteur solaire, distraction hissée au rang de poème, dans ses films comme Le Distrait ; Le Jouet ; Le Grand Blond ; Les Compères. Au Rond-Point, il jouait seul en scène Détournement de mémoire (2003) et Pierre Richard III (2012).

Il s’aventure dans un nouveau monde, une terre inconnue ; la nuit, ses impasses à noctambules et à chats gris. Effleurer les étoffes de la nuit et ses fantasmes. Ses versants érotiques, cosmiques, cauchemardesques. Ses fantômes, Nerval, Bashung, Baudelaire.

 

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5 mai 2017
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Astrid Astier a démarré en écriture de manière exemplaire en recevant très vite plusieurs prix. Son Petit éloge de la nuit, publié en Folio Gallimard en 2014, est né de notes vagabondes, de nuits inspirées, de lectures et de dialogues croisés dont Gérald Garutti s'est emparé en les enrichissant de textes empruntés à Edgar Poe, Baudelaire, Guy de Maupassant, Desnos, Henry Miller, Neruda, Henri Michaux et Milan Kundera ... et quelques autres.

Un spectateur érudit les reconnaîtra mais leur connaissance n'est pas un préalable pour apprécier la soirée que Pierre Richard nous invite à passer en sa compagnie au Théâtre du Rond-Point.

La vraie question serait plutôt de se demander si le spectacle pourrait exister sans lui. D'évidence non. A tel point que les films projetés sur la toile de fond et dont il est l'unique personnage ne permettraient pas facilement qu'un autre acteur s'empare du texte.

L'acteur existe derrière les indications du metteur en scène. Avec ses longues enjambées, sa diction à peine hachée, la musicalité de ses intonations (il est juste dommage que l'ingénieur du son ait sonorisé sa voix qui aurait été plus agréable sans micro), tout ce qu'il a su conserver de sa maladresse de Pierrot lunaire.

La soirée est le résultat de cette alchimie particulière entre ces caractéristiques et une grande sophistication. Le risque était élevé de faire un coup, de plaquer des morceaux. Pourtant non, la célébrité de l'acteur n'a rien à voir avec le plaisir qu'on ressent. Pas davantage que la surprise de le découvrir dans un registre qui le sort des rôles de fantassin comique dans lesquels d'ailleurs il excellait.

L'homme est présent derrière l'acteur mais le comédien nous mène sur les chemins où il entreprend de nous perdre. C'est la longue route de la chorégraphe Marie-Agnès Gillot. C'est la montée des eaux d'un retour de marée au soleil couchant. C'est le souvenir (pour beaucoup d'entre nous un rappel de l'enfance) d'une Chanson douce, également connue sous le titre du Loup, la biche, le chevalier, interprétée par Henri Salvador depuis 1950. C'est la tension des paroles de La nuit je mens que Bashung chantait en 1998 et que Pierre Richard écoute, une coupe de champagne à la main, en fumant un cigare.

La mise en scène est résolument contemporaine, s'affranchissant d'un décor, mais ni de lumières, ni d'images qui sont projetées sur un écran en fonds de plateau. La caméra permet à l'acteur de se dédoubler en plan rapproché. Sur le carré en estrade, l'acteur tourne, vire, danse sur un air de Fats Waler, lève les bras au ciel, s'allonge, se redresse, scrute les spectateurs dans les yeux, les contraint à écouter aussi les silences.

On se souviendra de l'envahissement de l'espace, du sol au plafond, par des bulles noires et blanches de diverses tailles. C'est magique. De Cyrano aussi quand il se fit la nuit la plus noire du monde.

Si le rêve est l'aquarium de la nuit, le discours n'est pas pour autant philosophique, pas plus que didactique ou démonstratif. Les nuits sont juste multiples. Parfois intérieures. Toujours poétiques. Incarnées.
Une compilation de textes, d'effets et de mouvements sans parti-pris.
Incroyable glissé-coulé- loupé !
Pierre Richard, magnifique, nous sauve de l'ennui total.
Déception majeure.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor