Père et fille, une incroyable rencontre

Père et fille, une incroyable rencontre
  • Théâtre Lepic
  • 1, avenue Junot
  • 75018 Paris
  • Lamarck Caulaincourt (l.12)
Itinéraire
Billets à 21,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Il aura fallu beaucoup de temps à Dominique Dimey pour réussir à raconter son incroyable rencontre à Montmartre, lorsqu’elle avait 20 ans, avec son père Bernard qu’elle ne connaissait pas.

Alliant ses talents de conteuse et de chanteuse, accompagnée au piano par Charles Tois, elle interprète, les poèmes et les chansons de son père, avec une vérité émouvante.

Avec elle, nous découvrons un Bernard Dimey exubérant, plein d’humour, mais secret et terriblement pudique. Elle nous montre avec justesse la démesure, la soif d’absolu, l’immense poésie qui habitait cet homme, génie de l’écriture hors du commun. Plus qu’un hommage, ce spectacle est une conversation entre une fille qui marche sur le fil tendu du temps, et son père.

Une balade pleine de tendresse dans l’univers d’un très grand auteur visionnaire, d’un poète épris de liberté et de justice qui du haut de Montmartre, regardait le monde avec beaucoup de lucidité.

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25 juin 2019
9/10
16 0
Avoir vingt ans à Châteauroux, dans les années 70-80.
Vivre avec sa mère institutrice, avoir tiré définitivement un trait sur son père jamais connu, et n'avoir qu'une seule envie, monter à Paris, avec sa guitare.

Telle est l'histoire de la jeune Dominique Blanchard.
Se retrouver du côté de la rue Lepic, dans une petite chambre de bonne, et cotôyer le petit peuple montmartrois.
Prendre également des cours de théâtre avec Jean-Laurent Cochet.

C'est ce qu'elle nous raconte, la Dominique en question, sur le plateau du théâtre Lepic. Dans sa robe rouge à pois, assortie à la cravate (à moins que ce ne soit le contraire) de son pianiste Charles Tois.
Auparavant, avant son entrée, nous aurons entendu un petit medley pianistique, et en off la voix grave et profonde de Richard Bohringer nous dire le premier poème de Bernard Dimey. Le cadre est posé.

Et elle continue de raconter son histoire. Une histoire de rencontre.

Avec un poète. Un grand, très grand poète.

Cette première rencontre se fera par le biais d'une affiche.
Bernard Dimey donne un récital de ses poèmes salle Pleyel. Nous sommes en 1978.
Elle y va. Par curiosité, pour voir et écouter ce « gros homme au pull-over taché ».

De fil en aiguille, suite à la signature d'un autographe, elle dînera avec Dimey et ses copains.
Ils se reverront, habitant tous les deux le même quartier. Il demande à la jeune Dominique de se raconter.

Et puis un jour, de fil en aiguille, il lui dit « C'est con, mais tu vois, je crois que tu pourrais être ma fille... »

Dominique Blanchard n'est autre en effet que la fille de Bernard Dimey, l'auteur de tant de textes, de poèmes et de chansons interprétées par Montand, Aznavour, Reggiani, Salvador, Patachou, Juliette Gréco, Les Frères Jacques, Mouloudji, Michel Simon, et même un certain... Iggy Pop.

Les deux vont vivre presque trois années ensemble, avant que l'alcool et la maladie invitent la camarde à accomplir son funeste et irrémédiable job.

De sa voix claire au timbre pur et cristallin, Dominique Dimey va nous interpréter certaines des chansons de son père, notamment « l'enfant maquillé », « Les enfants de Louxor », et bien entendu la sublime et célèbre « Syracuse », avec un dernier couplet qu'elle a adapté. (Je n'en dis pas plus...)
Elle nous dira également des poèmes, tendres, graves, ou plus drôles, comme « Quand on n'a rien à dire », ceux tirés du célèbre ouvrage « Le bestiaire de Paris », avec « Le cochon » et « Le flamant ».

Mais bien entendu, Melle Dimey va nous livrer bien plus.
« Devenir le père de sa fille ou la fille de son père, ça ne s'improvise pas » nous confie la comédienne-chanteuse.

Difficile de trouver à vingt ans un papa aussi charismatique, exubérant mais aussi terriblement secret, et devoir le quitter si vite. Comment ne pas mettre alors une espèce de couvercle sur ces années-là...

Son premier spectacle à elle s'intitulera « Moi, j'aime pas les papas ! ». Quelle métaphore !
Et nous de comprendre alors son engagement aux côté du Secours Populaire, de la Ligue de l'Enseignement ou encore de l'Unicef, en faveur des droits des enfants, surtout ces enfants qui sont brinquebalés dans le monde étrange et difficile des adultes.

En nous confiant « Aujourd'hui, je peux le dire, je suis fière d'être sa fille », elle nous suggère évidemment le chemin qu'il lui a fallu accomplir pour intégrer et assimiler cette surprenante et dévorante filiation.
L'adverbe « aujourd'hui » prend ici tout son sens. Il y a eu beaucoup de temps passé avant cet « aujourd'hui ».

Dominique Dimey est très touchante, très émouvante. De façon pudique mais en appelant un chat un chat, elle m'a bouleversé.
Cette relation père-fille hors du commun, elle nous la livre, avec ses mots, des mots qu'elle peut enfin mettre sur son histoire.
Et oui, je me répète, c'est bouleversant !

C'est un magnifique spectacle autobiographique qui mêle poésie, musique, chanson, tendresse, humour et qui nous plonge au cœur d'une incroyable rencontre, de celles qui changent et déterminent le cours d'une vie.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor