Peer Gynt

Peer Gynt
De Henrik Ibsen
Mis en scène par Nicolas Candoni
Avec Nicolas Candoni
  • Nicolas Candoni
  • Clovis Guerrin
  • Catherine Hirsch
  • Isabelle Lesage
  • Harald Marlot
  • Félix Martinez
  • Mathilde Ortscheidt
  • Coralie Russier
  • Laurette Tessier
  • Belleville
  • 94, rue Faubourg du Temple
  • 75011 Paris
  • Goncourt (l.11)
Itinéraire
Billets de 10,00 à 25,00
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Peer Gynt est le récit de toute une vie, celle d’un homme hypersensible et déchaîné, un looser drôle et touchant qui tente d’échapper avec fougue à une société violente et précaire.

L’ambitieux Peer erre d’aventures en aventures pour réaliser ses rêves obsédants de gloire et de bonheur.
À travers ce voyage délirant et poétique, Nicolas Candoni propose une réflexion sur l’identité, la marginalité et la vacuité de l’existence, il exalte la puissance de l’imagination, l’amour, la transgression et la liberté.

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21 déc. 2015
7/10
65 0
C'est un voyage hors du commun que nous fait vivre Peer Gynt. Quelques longueurs de temps à autre, mais on parvient vite à se raccrocher à cette histoire qui défile sous nos yeux.

Peer Gynt est un personnage solitaire, en quête de l'amour mais sans savoir réellement ce qu'est l'amour, le véritable. Il se retrouve dans des situations cocasses, au beau milieu d'un mariage légèrement beauf, ou en plein coeur d'une réunion sectaire improbable.

Le roman initial, adapté à la sauce totalement contemporaine, paraît alors totalement loufoque. Je n'ai pas lu la version originale mais cette adaptation m'a donné envie de découvrir ce texte du XIXe !
14 déc. 2015
9/10
69 0
Pendant l’entrée du public, un personnage quasi autistique se balance assis par terre au son d’une musique qu’il entend dans ses écouteurs.

C’est Peer Gynt, un personnage ancré dans le rêve qui aimerait échapper à sa vie vide existence. Le monde n’existe à ses yeux qu’à travers ses mensonges et les mythes qu’il entretient. Son bonheur ne semble pouvoir se réaliser que dans l’imaginaire. Il se voit empereur du monde et fait des rêves de grandeur. Mais c’est ce que l’on appelle un looser alors il s’invente une vie dont il serait le héros, une réalité moins violente, moins cruelle et moins précaire que celle qu’il connait dans un appartement miséreux aux côtés de sa mère. Dès le prologue, le public est conquis, sous le charme de cet antihéros, dont le tee-shirt de Superman le rassure et donne des ailes à ses espoirs de gloire et de bonheur, qui voudrait tant être quelqu’un, Shakespeare ou Lady Gaga, peu importe, du moment qu’il soit reconnu et aimé, quitte à s’arranger avec le réel et à raconter n’importe quoi ou à s’humilier pourvu que quelqu’un lui prête attention, qu’on l’écoute, qu’on le regarde, que l’on s’intéresse à lui, à ce qu’il est ou voudrait être. Car c’est bien là toute la question sous-jacente de ce texte modernisé, inspiré du drame poétique d’Henrik Ibsen : qu’est-ce qu’être soi-même si ce n’est vivre et mourir selon nos désirs, nos espoirs et nos attentes ? Quels chemins emprunter pour affirmer ses convictions et réaliser nos rêves, même les plus fous ?

Si le thème est universel, il interroge chacun d’entre nous à travers cette magnifique quête d’identité et cette splendide demande d’amour et d’existence dans les yeux d’autrui.
Dès le départ, le ton est donné : ici, pas de mise en scène poussiéreuse du XIXème siècle mais bel et bien une proposition ancrée dans notre monde contemporain. Un vent de modernité, d’actualité et de fraîcheur souffle sur le plateau. Soulignons également l’ajout d’une scène de flagellation digne d’un Castellucci en devenir. Avec une telle transposition, le talentueux metteur en scène Nicolas Candoni s’inscrit dans l’air du temps et propose un spectacle innovant, proche des esthétiques germaniques où chaque acteur peut exprimer sa personnalité singulière, à commencer par lui-même dans le rôle-titre, celui d’un Peer Gynt naviguant sans cesse entre l’imaginaire et le réel, rechant l’inaccessible : une place dans un monde qui le rejette et dont il se sent incompris. Il va alors entreprendre le voyage de toute une vie, celui de la quête d’une identité indéfinissable, insaisissable où il est si difficile d’être soi-même.

A travers des aventures tantôt drôles, tantôt touchantes, il va se construire petit à petit son empire, se perdre – souvent – dans les méandres de sa propre intensité d’exister, se heurter au cruel constat que la vie n’est pas une ligne droite mais une succession de virages et de détours pour finir par revenir là où il existe vraiment, à savoir dans le regard, le cœur et l’amour de la fidèle Solveig incarnée par la sensible Coralie Russier, pleine de douceur et de compassion, d’une grande sensibilité bouleversante. Mention spéciale également à Catherine Hirsch, merveilleuse dans le rôle de la mère de notre héros en recherche et à Laurette Tessier qui dégage une extraordinaire présence scénique et une énergie communicative, très solaire à l’image de sa fabuleuse robe jaune. Cependant les autres acteurs (Charles Leplomb en marié trop couvé, Isabelle Lesage, Harald Marlot, Félix Martinez et Mathilde Ortscheidt) ne déméritent pas moins le succès de cette représentation avec une très belle harmonie collégiale.
Ce voyage initiatique et chaotique nous transporte dans un rythme effréné à travers de vertigineuses émotions, but ultime du théâtre, passant du rire (superbe scène lorsque Peer Gynt est introduit chez le roi de Dovre dans une communauté aux dimensions philosophiques douteuses proches d’une secte moderne) aux larmes (une grande intensité et une forte émotion lorsque le jeune homme accompagne sa mère dans son dernier voyage vers la mort, passage de la rêverie à la réalisation) ou de la joie à la peine. Dévoré par l’ambition, la paresse et l’orgueil, Peer Gynt retrouvera Solveig et un amour rédempteur, signe de la fin du voyage. Il est temps de peler l’oignon comme on remonte le temps, le fil de la vie à l’heure du jugement dernier, avec une éternelle question : Qu’as-tu fais de ta vie ? que nous serons amenés nous-aussi à nous poser le moment venu. Il fait le bilan d’une vie où il s’est épuisé à courir et où il ne pouvait que se perdre. Alors les pelures se font de plus en plus fin es comme les souvenirs qui s’amenuisent au fur et à mesure que le temps passe.
Pour passer d’un texte si dense à une forme réduite et épurée, tout en gardant la fluidité et la limpidité du propos, il a fallu un travail exigent et précis afin de proposer une lecture qui se révèle être efficace, concise et percutante de la pièce d’Ibsen, sous un regard neuf et contemporain. Nicolas Candoni maîtrise de façon quasi parfaite tous les ingrédients qui font de ce Peer Gynt, rarement monté, un moment théâtral de qualité grâce au personnage principal qui emporte avec lui les spectateurs dans sa course effrénée aux quatre coins d’un monde décevant où la réussite n’est que le prologue d’une inévitable déchéance. Les excellents choix scéniques de même que la bande son recherchée et extrêmement percutante (allant de Thierry Hazard aux Beach Boys mais faisant l’impasse sur le célébrissime thème de Grieg) font de cette version modernisée une œuvre osée, performante et prometteuse à qui l’on souhaite un beau voyage sans détour.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor