Parce que je le veux bien

Parce que je le veux bien
  • Théâtre de la Manufacture des Abbesses
  • 7, rue Véron
  • 75018 Paris
  • Blanche (l.2)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 35,00
À l'affiche du :
6 décembre 2018 au 13 janvier 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 17:00
    • 21:00
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Héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt se trouve au cœur d’une retentissante affaire lorsque sa fille accuse d’abus de faiblesse l’artiste et photographe François-Marie Banier que sa mère a rencontré dans les années 80.

Sur un texte qu’elle interprète seule en scène, la comédienne Christiane Corthay décortique les tensions et les passions d’un scandale qui a longuement défrayé la chronique et dévoile le secret d’un amour de jeunesse de la femme la plus riche du monde.

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7 déc. 2018
9/10
14 0
Elle a fait ses valises, Liliane !
Elle les a même déposées à la Manufacture des Abbesses.

A la différence de Michel Vinaver qui, dans sa pièce « Bettencourt Boulevard », mettait en scène tous les protagonistes de la célèbre affaire éponyme, Bernard Besserglik, lui, donne la parole à une seule héroïne, la célèbre patronne de L'Oréal.

Nous allons assister à un dialogue, avec un interlocuteur qui n'est pas sur scène, mais qui va poser beaucoup de questions.
Le procédé dramaturgique est très malin : à ces questions, « la milliardaire » devra répondre. "Parce que je le veux bien", comme tout ce qu'elle a fait...
L'auteur fait subtilement en sorte qu'à chaque fois ou presque, la réponse commence par un rappel de l'interrogation principale, ou par une phrase qui laisse supposer la question.

Alors évidemment, je ne vous dirai pas qui pose ces questions. J'ai mis un certain temps à comprendre, et je voudrais vous garder intacte votre propre révélation.

L'auteur, ancien journaliste de l'Agence France Presse maîtrise son sujet. Les faits, rien que les faits ! Nous seront rapportés uniquement des faits « historiques » et aisément vérifiables.

Pour autant, nous allons assister à une véritable tragi-comédie. Il ne s'agit pas d'une conférence, nous sommes bien au théâtre.
Le personnage est digne des plus grands rôles féminins du répertoire classique.
Dans le premier acte, vêtue d'un ensemble noir strict et d'une écharpe bleue, Mme Bettencourt annonce la couleur. « Je suis la femme la plus riche de France, […] j'ai mes œuvres de bienfaisance, mes galas, mes participations électorales... »

Ceci posé, elle nous présente son meilleur ami, un photographe d'un quart de siècle plus jeune qu'elle. Bien entendu, tout le monde dans la salle sait de qui elle parle.

Christiane Corthay va incarner cette femme soumise à la figure d'un père-commandeur, mariée à un homme qu'elle n'aime pas, maman d'une fille qu'elle a élevée tout en dirigeant son entreprise, et qui trouve à la fin de sa vie une « amitié amoureuse », et qui avait « la générosité de recevoir » beaucoup, mais alors beaucoup de cadeaux.

La comédienne est fascinante ! Purement et simplement fascinante ! Dès les premières phrases, il devient impossible de la lâcher.
Elle nous plonge véritablement dans la peau de son personnage.

Le rôle est complexe. Elle nous fait comprendre les ambiguïtés de la dame, les ambivalences de cette femme, qui, atteinte de surdité, est obligée néanmoins de répondre à son questionneur et à tenter de se justifier.

Melle Corthay nous fera beaucoup rire, également. On la sent jubiler à dire les piques humoristiques de l'auteur.

Noir. Acte II.
La comédienne revient sur scène avec une autre écharpe. Après la bleue, la blanche.
Il s'agira pour Mme Liliane, qui avoue maintenant être la femme la plus riche du monde, de nous dépeindre sa désastreuse relation avec sa fille. Des horreurs seront dites. Famille, je vous haime. C'est l'acte du conflit, de l'affaire qui a éclaté.

Noir Acte III
A votre avis, quelle sera la couleur de la nouvelle écharpe de Mme Bettencourt, qui révèle par ailleurs être la femme la plus riche de l'histoire du monde ?

Ce sera l'acte du passé.

Du passé pour le moins trouble de la famille, notamment durant la seconde guerre mondiale. Le passé antisémite, faisant écho avec la judéité du gendre.
Liliane Corthay, mise sobrement en scène mais de façon on ne peut plus intelligente par Sylvain Corthay, va presque devenir une petite fille, qu'on surprend à révéler par mégarde des secrets.

(La scène de l'île d'Arros est à ce sujet épatante de drôlerie !)
Elle gloussera, mais également trépignera de colère.

L'acte du passé un peu plus proche, également, avec les relations politiques de la famille Bettencourt. Les passages consacrés aux présidents Mitterrand et « Sarkossysse », comme elle dit, ces passages sont lumineux !

Cette dernière partie est absolument passionnante, qui nous révèle les relations entre le pouvoir politique, le monde de l'argent, le tout évidemment pour la « grandeur » de la France et de la Droite française !

La fin se terminera par une vraie révélation assez intime et bouleversante. Je n'en dirai évidemment pas plus.

J'ai assisté à un petit bijou.
Cette heure de théâtre-là nous permet de nous replonger dans un passé proche, et surtout d'essayer de mieux comprendre une femme sur laquelle on a beaucoup écrit.
L'auteur ne juge pas. Il nous raconte un destin.
Je vous conseille vivement cette pièce intelligente et subtile. Parce qu'elle le vaut bien !

Un magnifique seul en scène !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor