Orphée aphone

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Orphée arrive en enfer pour réclamer son amour, Eurydice, or il perd sa voix.

Dès lors, il cherche une voie nouvelle pour attendrir les divinités infernales. Vanasay Khamphommala, artiste génial révélé au dernier Festival d’Avignon, est ce poète qui creuse la question de la transformation : celle du récit, du corps, de l’esthétique.

Que faut-il accepter de laisser mourir pour renaître et qu’enfin se révèle un individu authentique, hors normes ?

Une métamorphose radicale de toutes les beautés.

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12 mars 2019
6/10
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La flore et l'aphone !

Ou comment les Dieux de l'Olympe obligèrent un Orphée privé de ses cordes vocales à se retrouver en slip kangourou immaculé pour pisser sur une marguerite.

On l'aura compris, rien ne va vraiment plus chez ce petit couple qui démarre dans la vie, à savoir M. Orphée et Melle Eurydice.

Elle, c'est notoire, ne va pas très bien, puisqu'elle est à peu près morte, de l'autre côté de l'Achéron.
Là où ça se complique, c'est que son chéri est privé de son organe. Vocal, l'organe...

Il faut dire aussi que se voir dans une première partie intitulée « Invocation à la muse », se voir fouetter par Madame Caritia Abell en longue nuisette jaune, spécialiste de BDSM, au moyen d'un bouquet de fleurs, d'une ceinture en cuir, se faire ligoter les bras, se faire piquer par un Opinel à la féroce virole, tout ceci à de quoi vous la couper ! (Je parle toujours de la voix...)

Dans un spectacle que j'ai trouvé hilarant, Vanasay Khamphommala aborde le thème de la transformation confrontée au désir, bien souvent interdit, d'autant que sa non-satisfaction engendre la plus profonde des frustrations.

Deux parties constituent donc ce spectacle créé en janvier dernier au Cendre Dramatique National de Tours.

Dans la première, l'auteur-comédien incarne Orphée.
Nous voici dans le plus classique des classicismes : couronne de lauriers dorée sur la tête, ensemble pantalon rayé-veste de velours, clair-obscur et alexandrins.

Oui, le texte est écrit en alexandrins parfois drôlissimes :
« Il n'est plus de lumière où n'est plus ma Dydice,
Et sans elle l'enfer devient tout un délice ».
Ou encore :
« A ces courbes, ces seins, de désir tout gorgé,
Je ne sais comment – comment dégorger ! »

Tout à ses lamentations, il se retrouve obligé de se dévêtir, après l'épisode du slip kangourou, et voici que Madame Caritia Abell toujours en nuisette jaune revient lui offrir un string rouge en dentelles qu'il enfile, le testicule gauche ayant tendance parfois à s'en échapper, un peu comme chez le très regretté Reiser.

Voici donc la transformation qui a opéré.
Les cheveux très longs lâchés, recouvert d'un peu de sable noir dans lequel elle s'est vautrée, d'un peu de paillettes dorées, Vanasay Khamphommala va nous faire encore beaucoup rire, en espèce d'hétaïre se pâmant à qui mieux mieux, avec des mimiques à la Zaza di Napoli, s'allongeant, s'endormant, ronflant, se réveillant en sursaut...
« Ah mon dieu, je suis morte, quel enfer ! », nous lance-t'elle..

De sa très belle voix de haute-contre, le comédien-chanteur nous interprète pour terminer un extrait d'une magnifique pièce de Purcell, puis ira chanter à l'avant-scène nu comme un ver, une boule à facettes dans les mains, un titre électro « Come on lovers, let's be sisters... »

Voici donc un spectacle déroutant, étonnant, pouvant parfois choquer (il est déconseillé aux moins de 16 ans, BDSM oblige...), un spectacle qui ne laisse pourtant personne indifférent.

Moi, j'ai ri, mais alors énormément ri.
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Texte
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Mise en scène et décor