Nature morte dans un fossé

Nature morte dans un fossé
De Fausto Paravidino
Mis en scène par Céline Lambert
Avec Céline Lambert
  • Céline Lambert
  • Théâtre du Gymnase
  • 38, boulevard de Bonne-Nouvelle
  • 75010 Paris
  • Bonne Nouvelle (l.9)
Itinéraire
Billets de 11,00 à 24,00
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Une petite ville du nord de l'Italie, quelque part entre Milan et Turin.

Quatre heures du matin. Une route nationale. Boy, un jeune homme grisé et énervé, fonce dans un arbre. Il s'en sort sans une égratignure, mais le fossé voisin lui offre en spectacle le corps d'une jeune fille qui, visiblement, s'en est moins bien tirée que lui cette nuit : son cadavre est là, nu, gisant, et couvert de sang. Elisa Orlando vient d'être battue à mort. Par qui ? Pourquoi ? L'enquête démarre.


L'affaire est complexe : petite fille sage et studieuse pour ses parents, on découvre que la victime aimait " s'envoyer en l'air avec tout ce qui bouge ", prenait e la drogue dure, et côtoyait les pires toxicos qu'abrite la ville. Monde policé et bourgeois d'un côté, violence, drogue, trafics, et prostitution de l'autre, la piste du meurtrier semble toute trouvée. Et pourtant...



Créée en 2002 à Milan, Nature morte dans un fossé met en scène six personnages (Cop, Mother, Pusher, Boyfriend, Bitch et Boy) qui vont, à travers une suite de monologues, nous donner leur point de vue sur l'enquête et sur Elisa.
Ils profitent également de ces prises de parole pour nous parler plus largement de leur vie, de leurs doutes et de leurs difficultés ; et pas à pas, nous conduisent jusqu'à l'assassin.

Note rapide
7,8/10
pour 3 notes et 3 critiques
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Note de 1 à 3
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1 critique
Note de 4 à 7
33%
2 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
10 déc. 2017
7,5/10
15 0
Un polar de presque 2 h, bien ficelé. Le parti pris de l’interprétation avec l’utilisation de la 3 eme personne est un peu déconcertant. Et même si cela rallonge la pièce, ce n’est pas si désagréable passé les 5 premières minutes.
L’histoire débute par la découverte du corps inanimée d’une jeune fille dans un ravin, auquel s’ensuit l’enquête policière.
La pièce est dans l’ensemble bien menée, les comédiens sont plein d’énergie et la mise en scène est originale.
En revanche, j’ai trouvé la pièce un peu longue, ce qui n’arrange rien vu l’heure tardive de la représentation. Autre bémol: La diction rapide de Boy en début de la pièce qui rend inaudible les premières minutes de la pièce.
9/10
16 0
L’histoire se déroule dans un univers glauque de polar noir où la drôlerie saute aux yeux tout à coup, côtoyant une tristesse prévisible et un possible écœurement obscur où sourde une colère lancinante.

Une histoire qui n’est pas vraiment une romance d’amour, loin s’en faut, mais qui nous tient en haleine, en tension et en intérêt tant le spectacle se fait intrusif, prenant et se montre intelligemment ficelé dans une mise en scène particulièrement adroite de Wally Bajeux.

Qui a tué cette jeune fille, à coups de pieds au ventre et au visage ? Celle que Boy a vu après son accident de voiture à la sortie d’une boite de nuit ? L’enquête le dira-t-elle ? Que révèlera-t-elle d’autre ?

Fausto Paravidino écrit cette pièce en 2002. Derrière une énigme policière bien tournée, il interroge les valeurs morales de la société et la volonté politique qui la conduit, l’éducation de la jeunesse et la culture populaire qui la fonde.

D’une écriture crue et cynique, mélangeant narrations et jeux souvent dans les mêmes paroles, Paradivino cultive un réalisme révolté et dépeint la société jusque dans ses contours les plus vils et provocants. Tout en préservant, et c’est là son intérêt curieux, une théâtralité vivace ne laissant pas les spectateurs passifs dans leurs émotions et leurs pensées.

Histoire trouble et troublante qui montre des jeunes gens éperdument troublés, pour qui peu de raisons d’être et de repères pour s’identifier jalonnent la vie. Jeunes gens entourés par des adultes qui apparaissent tout autant démunis et dont l’autorité ne connait pas de maîtrise.

Perte ou absence de valeurs, qu’est-ce qui a été oublié dans ce puzzle social ? De quelles privations et de quelles rencontres empêchées ou stigmatisantes ces jeunes et ces moins jeunes ont-ils été les victimes ou les cibles ?

La violence, la drogue, le sexe ou la peur se substituent à la passion, à l’amour ou à la raison pour justifier cette déchéance triviale qui animent les personnages et qui semble issue des pulsions les plus sordides et macabres. Cette déliquescence de tout sens moral comme cette plongée dans la banalité du rapport de forces semblent nourries d’une implacable incroyance dans des valeurs humaines, s’éloignant de toute altérité, de compassion ou d’empathie pour l’autre. Les éloignant les uns et les autres de leur droit au bonheur.

La mise en scène de Wally Bajeux sert avec intensité et vibration la puissance de l’intrigue. La précision est au cordeau. Aucun effet inutile ne vient trahir la véracité de la pièce qui est donnée avec la simplicité de ses atouts percutants. Dans un décor épuré de paravents noirs, de lumières efficaces, les jeux sont calés et servent la force du récit avec justesse. Les comédien·ne·s sont remarquables d’engagement.

Un fichu bon temps de théâtre où l’émotion, le suspense et la réflexion se conjuguent. Un polar théâtral agréable et captivant.
14 mai 2017
8/10
30 0
Le titre n’a rien à voir avec une œuvre picturale... c’est un « polar théâtral », certaines scènes sont « trash » et crues, violence des propos, des gestes, des images.
Nous sommes au nord de l’Italie, après une soirée bien arrosée un jeune homme dans sa voiture ne voit pas l’arbre et c’est le choc ! Un choc plus grand va le traumatiser, sortant de sa voiture, il va découvrir le corps d’une jeune fille nue, battue à mort dans un fossé.
Elisa Orlando, jeune fille sans histoire ? pas vraiment, les parents n’avaient pas l’air très au courant de ce qui se passait en dehors de chez eux.
Nous assistons donc au déroulement de l’enquête, six personnages interviendront, de longs monologues, pas vraiment de scènes communes, des personnages typiques, le dealer bon gars, comique sans le vouloir, vendant de la mort mais philosophe à ses heures... Il y a Boy, celui qui a trouvé le cadavre, très coopératif avec la police ! Bitch a quitté son pays en guerre, elle a rencontré Elisa, elle se prostitue, elle qui pensait trouver la paix et un travail en Italie. Cop est le policier chargé de l’enquête, il est de santé fragile, Mother la mère de la victime ne se doutait pas ou ne voulait pas voir la double vie de sa fille.
Les comédiens sont dynamiques et extraordinaires, ils vivent leurs personnages, certes l’atmosphère est glauque, les images difficiles à voir parfois.
A voir pour découvrir un auteur et une excellente troupe.
Un peu long quand même... des coupes seraient bienvenues !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor