Music-Hall

Music-Hall
De Jean-Luc Lagarce
  • Théâtre de la Reine Blanche
  • 2bis, Passage Ruelle
  • 75018 Paris
  • La Chapelle (l.2)
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La Fille, ancienne star de Music-hall se raconte, seule sur son tabouret, devant un rideau rouge " à paillettes ", possible linceul étoilé, trace d'une splendeur passée. Elle se lance dans sa chute gracieuse et élégante avec la beauté qu'il faut pour combattre et supporter la violence et la tristesse de la fin des choses.

La Fille fera mine, habile à faire des mines, trichera jusqu'aux limites de tricherie. Parler pour ne pas disparaître, se soustraire à la mort, l'esquiver, dire à l'infini pour ne pas mourir. Et Joséphine Baker pour nous accompagner dans ce voyage vers l'effacement. Ne laisse pas mourir nos rêves... De temps en temps, rappelle toi...

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Impressionnant et savoureux spectacle !

C’est la deuxième fois que je le vois, après la Manufacture des Abbesses au printemps dernier, c’est au théâtre La Reine Blanche cette fois-ci. Avec toute sa fraîcheur, ses effets et sa force dramatique. Un plaisir de retrouvailles et de nouvelles sensations.

Au fond, un grand rideau rouge avec des paillettes. Au milieu du plateau, un tabouret. Sur le tabouret, il y a la "Fille". La "fille" ? C’est cette belle et pathétique femme, jouée par Jacques Michel, en quête d'une folle et vaine identité d'artiste de music-hall. Pas d'histoire dans cette pièce hormis la sienne, faite de salles minables en illusions d'espoirs.

Un texte fort au parlé si particulier de Jean-Luc Lagarce, ponctué par les répétitions et les ruptures de phrases, rythmé par une forme de prose proche du récitatif.

La mise en scène de Véronique Ros de la Grange centre toute l’attention du public sur les affres du personnage, ses joies passées, ses espérances impossibles, ses souvenirs meurtris et sa tangible solitude. Le choix de faire interpréter "la fille" par un homme, sans confusion transgenre, apporte un décalage habile permettant d'investir le texte pleinement, faisant ressortir son intensité et son univers quasi onirique.

L’étonnante bande sonore d’Alain Lamarche accompagne adroitement les émotions de la « Fille » et la mise en lumière de Danielle Milovic sert la scénographie avec efficacité et délicatesse.

Jacques Michel joue la « Fille ». Il nous captive et nous emporte avec une puissance, une sensualité, une tendresse presque et une maîtrise de haut talent. Un grand comédien pour un beau personnage. Il nous tient en haleine tout le long de ce récit fluide aux allures de poème. Nous sommes comme sur un nuage, portés par sa présence et le souffle musical d’une chanson « arrangée » de Joséphine Baker. Les nombreuses émotions ressenties couvrent une palette qui va de l’autodérision jusqu’à la souffrance, en passant par l’humour grinçant de ce splendide personnage. La justesse et la sincérité du comédien sont saisissantes.

Ce spectacle est un petit bijou qui restitue toute la force et le charme poétique de l’univers de Lagarce. Il s’en dégage une surprenante et mélancolique sensualité. Incontournable rendez-vous de la saison.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor