Main basse sur le magot

Main basse sur le magot
  • Le Funambule Montmartre
  • 53, rue des Saules
  • 75018 Paris
  • Lamarck Caulaincourt (l.12)
Itinéraire
Billets à 24,00
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Paris des années 1930, dans le monde des petites fripouilles.

Le gus de Loulou est à l’ombre. Pour croûter propre, il lui faut de l’oseille, du flouze, du pognon. D’autant qu’il en doit un paquet à la bande de Pierrot qu’est pas loin de lui faire la peau. Mais Loulou est raide dingue. Par chance, Paul, qui en pince pour elle, turbine dans une petite bijouterie. C’est l’occase du casse rêvé. D’un fric-frac de derrière les fagots.

Mais Jo, l’acolyte de Loulou, qu’a pas le gaz à tous les étages, nous promet pas le casse du siècle, mais au moins le casse du soir… Et puis la Mère Mercandieux, bijoutière de père en fifille, est pas prête à laisser ses bijoux à cette bande de voyous… D’autant que Paul ne va pas se laisser conter fleurette trop longtemps.  Alors attention, va y’avoir du grabuge !

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25 déc. 2019
7/10
4
Paris, années 30, quelque part dans un quartier populaire :

Loulou, qui a son homme en prison, est poursuivie par la bande de Pierrot car elle lui doit beaucoup d’argent. En compagnie de Jo, elle drague Paul qui travaille dans la bijouterie Mercandieux pour lui soutirer des infos afin de faire un casse qui la sauvera des griffes de Pierrot.

Cette histoire est inspirée de l’œuvre d’Edouard Bourdet, avec un texte d’Arnaud Cassand (qui joue Jo, le complice qui n’a pas la lumière à tous les étages).

Le tout est écrit en argot pour nos deux malfrats et en bon français pour nos deux bijoutiers dans un bien joli décor et mis en scène tambour battant par Jacques Décombe. Alors oui ça dépote ma bonne dame ! Les quatre comédiens enchainent les scènes à un bon rythme et avec des sorties en argot particulièrement savoureuses pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques. L’ensemble est dynamique et même les noirs, nécessaires aux changements de décors, sont animés !

Les deux comédiennes Mathide Bourbin (Loulou) et Daphné de Quatrebarbes (Madame Mercandieux) sont à l’opposée l’une de l’autre en style mais elles ont chacune un talent fou pour incarner leur personnage respectif. Imaginez Arletty face à Madame de Merteuil ! Julien Héteau (déjà vu et très apprécié dans ‘Ceci n’est pas une comédie romantique’) a toujours un style parfait pour jouer Paul l’amoureux écartelé entre sa patronne et Loulou. Et le quatrième protagoniste est Arnaud Cassand et il est hilarant !

Bref y, a pas besoin de gamberger : Radine toi fissa au Funambule pour découvrir ‘Main Basse sur le magot’. T’en prendras plein les mirettes et les esgourdes !!
14 déc. 2019
8/10
2
« Main basse sur le magot » d’Arnaud Cassand dans une mise en scène de Jacques Décombe au théâtre Le Funambule est l’histoire, sur fond d’un cambriolage, d’un amour entre la carpe et le lapin au royaume de la gouaille parisienne.

Librement inspiré de « Fric-frac » d’Edouard Bourdet, Arnaud Cassand a construit une histoire bien ficelée qui se déroule dans les années trente (pièce créée en 1936), laissant libre cours au langage fleuri de l’époque, qui ne manque pas de piquant et qui alimente, couplé aux situations cocasses, les rires tout au long de la pièce.

La p’tite Loulou a son homme en taule et il a un besoin urgent d’oseille, sinon Pierrot le chef de la bande rivale, à qui il doit un max de flouze va s’énerver et cela risque de faire du grabuge. Pas de fraîche et c’est sa peau qui risque d’en subir les conséquences.
La chance est du côté de Loulou. Elle, qui n’a pas de sable dans ses esgourdes, rencontre dans un bar Paul qui turbine dans une bijouterie, un naïf au demeurant aveuglé par les sentiments qui naissent dans son petit cœur : il en pince pour elle.
Paul qui n’est pas un cave comme on pourrait le supposer, va sans le vouloir lui donner la solution à ses besoins de flouze.
En compagnie de Jo, le soi-disant bras droit de son homme, Loulou va le rencarder et échafauder avec ce personnage qui n’a pas le gaz à tous les étages, un fric-frac dans la bijouterie.
Mais ce n’est pas sans compter la patronne Alice qui a hérité de son père la bijouterie. Une cougar avant l’heure qui a des vues très précises sur son employé : le beau Paul au regard de braise. Attention aux lourdes qui claquent, la rupine va leur donner du fil à retordre.

C’est avant tout une comédie avec des personnages hauts en couleur, aux caractères bien trempés, qui offre un vrai moment de divertissement.
Nous sommes emballés par la vision de cette rencontre entre deux mondes que tout oppose. Celui de la rue, des faubourgs et celui de la petite bourgeoisie où on ne tend pas la main à une personne plus âgée que soi.
C’est aussi un hommage au cinéma en noir et blanc où Arletty et Michel Simon se sont illustrés dans cette comédie.

Dans une mise en scène de Jacques Décombe, assisté de Timothée Loridon, au rythme soutenu, au son du coucou, mettant en exergue les ressorts comiques des situations décrites dans l’œuvre originelle d’Edouard Bourdet et très bien adaptée par Arnaud Cassand, nos gaillards vont s’en donner à cœur joie pour nous rencarder sur ce casse très fantaisiste.
Dans un décor de Jean-Luc Taillefert, de coup de bigo en coup de bigo, nous allons suivre leur parcours où il faudra éviter de les emmouscailler si on ne veut pas qu’ils nous décanillent.

Arnaud Cassand s’est réservé le rôle de Jo, le gros lourdaud par excellence mais de nature gentille. Un titi parisien à qui il manque quelques tasses dans l’armoire mais qui est prêt à tout pour satisfaire l’homme de Loulou. Une bonhommie qui n’est pas sans attirer notre sympathie, même si à plusieurs reprises on ne peut s’empêcher de penser : « mais qu’il est con ! ».
Si les cerveaux étaient taxés, il aurait un gros avoir fiscal !

Julien Héteau a laissé dans l’armoire son costume de directeur de théâtre (Le Funambule) pour revêtir celui de comédien…et entre nous il porte très bien le smoking. Et je dois dire qu’il est convaincant dans son rôle de Paul, cet amoureux transi qui va éclore sa vraie personnalité au fur et à mesure du développement de l’histoire.
Il jongle habilement entre la titi et la cougar et n’est pas aussi cave que l’on pourrait le croire. Se faire conter fleurette, cela va un temps !

Mathilde Bourbin est plus vraie que nature dans son rôle « d’Arletty ». Elle n’a rien à lui envier et ne faiblit pas une seconde avec sa gouaille parisienne. Elle tient son rôle de bout en bout avec une présence admirable. Une sincérité de jeu remarquable qui attire notre attention.
Un p’tit bout de femme qui n’a pas sa langue dans sa poche pour sauver son homme des griffes de Pierrot, quitte à donner de sa personne.

Pour sa première, ce soir (un vendredi 13 !), sur la scène du Funambule avec cette troupe qui a déjà rodé son spectacle à Montreux, Daphné de Quatrebardes est mon coup de cœur de la soirée : une belle réincarnation de Tsilla Chelton.
Elle joue à merveille son rôle de patronne cougar, la Mère Mercandieux, et comme ses camarades de jeu, nous fait beaucoup rire avec ses approches amoureuses et son dentier n’est pas en reste...
Sur les musiques de Vincent Prezioso, son déhanché sur le rythme du mambo est irrésistible.

Atmosphère, atmosphère : une soirée qui fleure bon le Paname, de quoi vous émoustiller et sortir du théâtre avec la bonne humeur accrochée à vos basques !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor