Madame se meurt

Madame se meurt
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 18,00 à 35,00
À l'affiche du :
7 octobre 2019 au 13 janvier 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 19:00
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Henriette‐Anne d’Angleterre est la première femme de Monsieur, Philippe d’Orléans, le frère cadet de Louis XIV.

Elle est morte en plein bonheur à l’âge de 26 ans en 1670 dans des circonstances qui demeurent mystérieuses. Le célèbre « Madame se meurt ! Madame est morte ! » de Bossuet, c’est elle !

 

Le spectacle est un subtil dialogue entre le XVIIe et le XXIe siècle, entre les textes et les musiques, entre les voix de Jeanne Zaepffel et de Marcel Bozonnet et le clavecin d’Olivier Baumont.

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16 nov. 2019
5/10
1 0
Je ne sais pas à quoi je m’attendais. Sans doute les noms d’« Henriette d’Angleterre », « Bossuet », « Madame de la Fayette », « Saint-Simon » ont éveillé chez moi un intérêt qui s’est vite avéré déçu.

Au clavecin Olivier Baumont est accompagné à la voix par la soprano Jeanne Zaepffel, alternant tous deux un répertoire de l’époque (Purcell, Lambert, Chambonnières) et contemporain (Thierry Pécou). Puis une voix d’outre-tombe surgit en fond de salle : une silhouette, le conteur apparaît.

Et quel conteur ! Tout de noir vêtu, figure à la Beckett, l’œil vif, Marcel Bozonnet vient raconter l’histoire de Madame, glissé dans l’allée, entre les spectateurs. On sent que tout le spectacle a fait l’objet d’une minutieuse recherche de cohérence et de restitution d’un certain patrimoine, pourtant, l’heure de spectacle passe lentement. J’aurais aimé plus de texte, et pourquoi pas des parties contées accompagnées par le clavecin. Le récit se fait rare, Bossuet est même répété deux fois…

C’et original mais les musiques sont si datées, si éloignées de notre univers musical que le dialogue de la littérature et de la musique de cour n’a pu soutenir mon attention et créer une émotion.

La salle applaudit pourtant avec chaleur. Un spectacle un peu déroutant qui ne tient à mes yeux qu'à la malice de Marcel Bozonnet… Mieux vaut sinon être sensible au clavecin !
15 oct. 2019
10/10
23 0
Vanitas vanitatum, et omnia vanitas ! Vanité des vanités, et tout est vanité !

Tous les lundis soirs, au Poche Montparnasse, Madame se meurt !
Et ce, pour notre plus grand plaisir !

Oui, quel plaisir de retrouver Marcel Bozonnet, Sociétaire puis Administrateur de la Comédie Française, Directeur du CNSAD...
Ah ! Que de merveilleux souvenirs je luis dois !

Quel bonheur d'entendre sa voix reconnaissable entre toutes s'élever dans la salle !

Ce spectacle d'une admirable beauté sombre, est articulé autour de la mort de Madame, la belle-sœur du roi Louis XIV.
Fille d'Henriette d'Angleterre et du roi décapité Jacques 1er, elle devait épouser Monsieur, le frère du roi de France et devenir ainsi Madame.
Saint-Simon, Alexandre Dumas dans son Vicomte de Bragelonne, la décrivent comme une princesse au charme, au charisme, à la sensualité sans pareils.

Hélas, Madame mourra à l'âge de vingt-six ans, à la stupéfaction générale, provoquant le chagrin et la douleur de la Cour. Le roi en fut, dit-on, très éprouvé.

On doit à Jacques-Bénigne Bossuet, l'évêque de Meaux, la célèbre oraison funèbre prononcée à Saint-Denis le 21 août 1670.

En 2019, c'est le claveciniste Olivier Baumont qui ouvre le spectacle avec une composition contemporaine de Thierry Pécou.

Le musicien à l'impressionnante discographie, professeur au Conservatoire national supérieur de Musique est bientôt rejoint par la soprano Jeanne Zaepffel.
En robe blanche, très peu éclairée, les cheveux sur le devant qui lui allongent le visage, telle un spectre, elle chante les notes atonales de la composition.
Serait-ce la Mort qui vient clamer son arrivée, nous informant ainsi de son funèbre ouvrage prochain ?

Olivier Baumont fait tinter une petite cloche, presque dans le noir total.

Soudain, derrière nous, une voix grave monte du fond de la salle.
La voix de Bossuet-Bozonnet !

Il nous dit à la façon d'un prêtre en chaire le début de l'oraison.
Le texte n'a rien perdu de sa puissance. Nous sommes glacés par ce que le comédien nous dit, par la puissance de sa voix, par la force du texte.
Cette voix s'élève dans notre dos, et pourtant, personne ne se retourne, tellement l'effet est saisissant.

Nous sommes véritablement à la Chapelle royale de Saint-Denis !

Puis, les textes de Saint-Simon, de Mme de La Fayette, d'Alix Cléo Roubaud vont alterner avec des pièces de Purcell, Michel Lambert et Jacques Champion de Chambonnières.

Les trois artistes vont nous ravir.

Melle Zaepfell, de sa voix chaude, cristalline, aérienne, nous émerveille par son interprétation, son aisance et sa maîtrise des pièces du répertoire baroque.
Ses volutes montent dans la salle, et nous plongent elles aussi dans une sorte de magnifique austérité musicale.
En effet, en duo avec Olivier Baumont, après la pièce de Purcell « The Fairy queen » nous présentant joyeusement Madame, nous irons dans des tonalités en mode mineur.
L'heure n'est plus à la joie. Madame se meurt, et va mourir.

Il faut noter que Jeanne Zaepfell a pratiquement l'âge de Madame à sa mort, ce qui procure évidemment un trouble, notamment lorsqu'elle illustre la Princesse immobile sur son lit de mort de couleur rouge vif.

Marcel Bozonnet se charge quant à lui, et de quelle façon, de nous rappeler la musicalité des textes qu'il nous interprète !
Ce sont véritablement trois musiciens qui se trouvent devant nous.
Des musiciens des notes, un musicien des mots, qui arpentera la travée centrale de la salle, devenue pour l'occasion une nef.

Les mots résonnent encore de façon très contemporaine.
Impossible de ne pas avoir de frissons en entendant évoquer la Mort, celle des puissants (l'actualité la plus récente est passée par là), et la nôtre.
Nous sommes véritablement dans un lieu de culte, peu importe lequel, et les trois artistes nous confrontent à notre lot à tous.

Mais attention, Marcel Bozonnet nous redira les mots de Bossuet, pour terminer le spectacle, en les interprétant cette fois-ci comme à la manière d'un comédien, et non plus comme celle d'un homme d'église. Pas de confusion ! Pas de doute à avoir !

Il faut vraiment aller voir ce spectacle d'une beauté sépulcrale, doucement éclairé, délicieusement mis en musique, interprété avec grâce, élégance et virtuosité.
C'est un moment théâtral à la fois d'une force et d'une délicatesse sublimes.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor