L'un de nous deux

L'un de nous deux
Avec Christophe Barbier
  • Christophe Barbier
  • Emmanuel Dechartre
  • Théâtre du Petit Montparnasse
  • 31, rue de la Gaîté
  • 75014 Paris
  • Edgard Quinet (l.6), Gaité (l.13)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 42,00
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L’un de nous deux évoque un épisode réel et hautement symbolique de notre histoire : la déportation de Léon Blum, homme politique de gauche, et de Georges Mandel, homme politique de droite, dans la même prison nazie, leur cohabitation durant plusieurs mois et l’assassinat de l’un d’entre eux par la milice.

La pièce fait l’éloge du socle démocratique qui réunit ces deux hommes que tout oppose, face au fascisme.

Note rapide
7,6/10
pour 8 notes et 8 critiques
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38%
5 critiques
Note de 8 à 10
63%
Toutes les critiques
19 nov. 2019
7/10
1 0
Un beau face à face entre Mendel et Blum, qui retrace un moment de notre histoire. La mise en scène est réussie avec les images qui défilent sur les écrans.
28 oct. 2019
9/10
8 0
Quand le théâtre témoigne de l'histoire.

Heureux les comédiens qui ont la chance de servir un texte aussi brillant, aussi intelligent !
Ces deux là, nourris d'une forte culture politique, font résonner les mots et leur donnent une saveur extrême.

Malgré la noirceur de l'époque, les répliques pétillent, scintillent et font des étincelles ... à l'ombre du camp de la mort, omniprésent.

Remarquable !
22 oct. 2019
7,5/10
0 0
Il existait en Allemagne, à la fin du 19e siècle, un genre littéraire bien particulier, le "Professorenroman", une variété du roman historique écrit par des enseignants, aux qualités littéraires parfois discutables, s'adressant le plus souvent à un public jeune, et dont l'objectif était moins de divertir que d'éduquer.

La qualité littéraire de la pièce de Jean-Noël Jeanneney est à mon avis incontestable, et pourtant, avec "L'un de nous deux", j'avais pendant de longs moments le sentiment d'assister à un "Professorentheater" - une leçon d'histoire plutôt qu'un drame. On peut donc penser que cela manque un peu d'émotions - et n'est-ce pas cela qu'on vient chercher au théâtre, précisément? Le jeu des acteurs, dans ce contexte austère, est pourtant impeccable, et les émotions arrivent à la fin, et en force, quand tombe le verdict, porté par le jeune soldat allemand.

La mise en scène, avec son décor soigné et son utilisation judicieuse de la projection d'actualités allemandes et françaises, est tout à fait convaincante. A condition de savoir un peu à quoi s'attendre, on passe une très bonne soirée.
3 oct. 2019
7/10
1 0
Le lendemain du décevant Rouge au Théâtre Montparnasse, retour rue de la Gaité mais chez le petit frère et son plateau à taille humaine cette fois-ci – ceci étant, on y retrouve aussi deux comédiens sur scène incarnant des personnages réels dans une situation fictionnelle. Comme la veille, c’est pour les comédiens que j’étais là : parce que je n’ai pas oublié l’oeil passionné de Christophe Barbier menant avec brio son Dictionnaire amoureux du théâtre et parce que même si les dernières saisons d’Emmanuel Dechartre ne m’avaient pas convaincue, il reste un comédien que j’ai beaucoup aimé.

Sur scène, on ne peut l’ignorer : nous sommes en guerre. Le décor le souligne bien, les fenêtres donnent sur un camp de travail encore en activité et nos protagonistes eux-mêmes sont emprisonnés en Allemagne. Nous sommes en juin 1944, le fin de la guerre s’annonce, le débarquement vient d’avoir lieu. Dans cette prison, deux hommes reviennent sur leur époque : Léon Blum, le fidèle de Jean Jaurès, et Georges Mandel, collaborateur de Clemenceau.

Je n’étais pas une passionnée d’histoire dans mes jeunes années. Ou plutôt : les cours d’histoire monotones et sans vie me semblaient infiniment longs et m’ont dégoûtée de la matière. C’est par le théâtre que j’y suis revenue – pas assez, à mon grand dam, mais suffisamment pour me rendre compte de mes lacunes et de mon erreur de jeunesse. Et L’un de nous deux est de ces spectacles qui me ramènent à l’histoire le temps d’une soirée. Ce n’est pas du grand théâtre, mais c’est une pièce qui tient son pari : écrite par un historien, les dialogues sont certes un peu verbeux mais c’est leur contenu qui parvient à nous intéresser – les personnages échangent anecdote sur anecdote et lorsqu’on sait si peu de la période traitée, on savoure ces histoires avec délice.

D’autant que nos deux comédiens les servent avec passion : certes, on pourra facilement accuser Christophe Barbier de « faire du Christophe Barbier » au début du spectacle, mais il entre progressivement dans la peau de son personnage pour finalement quitter dignement la scène à la fin du spectacle. Et quel plaisir d’écouter le comédien qui fait sans doute les plus belles liaisons de la scène française ! C’est un de mes plaisirs coupables et je le reconnais volontiers. Quant à Emmanuel Dechartres, il tient parfaitement tête à ce Mandel parfois emporté et campe un Blum vieux sage, profondément humain et bienveillant. Si tout les oppose dans la forme – l’engouement, la rigueur du ton, la posture, le regard – le fond est plus ambigu qu’il n’y paraît. Dans leur joute oratoire, cela devient presque un jeu de deviner ce qui les oppose réellement.
3 oct. 2019
8/10
1 0
1944, Léon Blum, fidèle de Jaurès et chef du Front populaire et Georges Mandel, collaborateur de Clemenceau sont prisonniers en Allemagne près du sordide camp de Buchenwald.

Ils sont opposés tant sur le plan politique que personnel. Blum prend tout au sérieux, Mandel essaie de le dérider par l’écoute d’un disque, qui offusque Blum ! Les paroles de la chanson sont en effet équivoque sur la sincérité et l'honnêteté des hommes politiques… Il arrive pourtant à le faire sourire par l’évocation d’une anecdote lorsqu’il était ministre des PTT.

Entre l’écoute des nouvelles à la radio, ou le billard, qu’ils ont à disposition, des livres français aussi, les deux hommes malgré leurs divergences, parlent de leur parcours politiques, de leurs rêves et des désillusions. Mandel “pénalise” Blum, celui-ci en effet, parle un peu trop souvent de Jaurès, c’est un jeu entre eux, un petit buste du “Tigre” est aussi sur un buffet, chacun son idole ! Ils ont du respect l’un pour l’autre. Blum tente l’apaisement envers le jeune soldat allemand, Mandel quant à lui le houspille !

Ils le savent, ils sont en sursis, mais lequel partira le premier ? Tout va s’accélérer avec l’assassinat de Henriot, Hitler réclame une tête...
Jean-Claude Idée connait son sujet, et on peut lui faire confiance, depuis les “Meilleurs alliés” dans ce même théâtre, décor soigné, vidéo qui représente l’extérieur de leur prison, allées et venues des automobiles, puis actualités d’époque.

Christophe Barbier et Emmanuel Dechartre sont convaincants jouant chacun leur partition, l’un plus léger et l’autre plus sombre.
Un sujet difficile mais bien interprété, qui fait réfléchir.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor