Let me try

Let me try
  • Théâtre Gérard Philipe
  • 59, boulevard Jules-Guesde
  • 93200 Saint-Denis
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Let Me Try est adapté du Journal de Virginia Woolf, écrit entre 1915 et 1941.

Le destin à la fois mondain et tragique de l’écrivaine altère bien souvent la perception que l’on a de son œuvre. Derrière la bourgeoise émancipée de la haute société londonienne, derrière la malade qui se suicidera par noyade se dresse l’une des plus grandes femmes de lettres du XXe siècle. Une auteure dont la vision acérée des moeurs de son époque s’exprime dans une langue nouvelle, diffractée, capable de rendre audibles les voix intérieures, les rêveries, sans aucune mièvrerie.

Dans son journal, oeuvre drôle, débordante, surprenante, Woolf décrit sans relâche ses amis, retranscrit sur le vif des pans entiers de conversations, comme une peintre esquisserait un croquis. Elle passe d’un registre à l’autre : réflexions bouleversantes sur l’écriture, descriptions à fleur de peau de personnes, d’événements ; interrogations sur ses amitiés, ses amours, la politique, ses colères, ses peurs, ses enthousiasmes… Il y a très peu de passages sur sa « folie ». Traverser au plus profond sa propre intimité ne signifie pas s’appesantir sur ses états d’âme.

Après la poétesse russe Anna Akhmatova, Isabelle Lafon choisit de mettre en lumière une autre « insoumise ». Avec Marie Piemontese et Johanna Korthals Altes, telles des archéologues de l’âme, elles partent à la rencontre de Virginia. Évoluant au milieu de liasses de papier, elles fouillent et exhument les mots. La clarté de leur jeu, dépouillé de tout artifice, rend à Woolf un hommage d’une sincérité profonde. On la voit apparaître, magnifique de liberté et d’intelligence.

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21 mars 2018
9/10
2 0
Let me try, Journal de Virginia Woolf.
Nous sommes vite enveloppés dans une atmosphère accueillante et intimiste. Sur le plateau 3 chaises et des piles de documents classés par ordres chronologiques gisent au sol.
**Les extraits du journal de Virginia.
Nous découvrons ses interrogations et ses doutes sur la société bourgeoise londonienne, la politique, les horreurs de la guerre ainsi que des questionnements sur ses écrits et son existence. Elle s’insurge contre la société patriarcale et de la condition des féminines de l’époque.
Virginia est une passionnée des mots. C’est profond et plein de poésie.
* les mots sont libres, mystérieux et sauvage.
* ils n’ont pas de rang, pas de titre, leur nature peut changer.
* les mots ont envie de s’unir.
On ressent une grande complicité entre Isabelle Lafon, Johanna Korthals et Marie Piemontese (que j’avais déjà eu la chance d’apprécier dans « une mouette » mise en scène par Isabelle Lafon). Tour à tour avec émotion et sensibilité, toutes trois vont nous entraîner dans ce journal clairvoyant et percutant que Virginia écrira jusqu’à la veille de son suicide.
18 mars 2018
8,5/10
2 0
C’est dans un état un peu léthargique que je me rendis au TGP vendredi dernier… Et comme le dit l’adage prononcé par Virginia Woolf (et c’est là où je me maudis de n’avoir pas pris de notes… en même temps, je me voyais mal prendre des notes assis au premier rang… mais personne ne m’a obligé à m’installer au premier rang… il n’empêche, c’est un régal d’être tout près, surtout quand on sait qu’on ne risque rien, par exemple c’est une très mauvaise idée de s’asseoir au premier rang d’Ithaque de Christiane Jatahy… mais je m’emballe, j’anticipe une prochaine critique et je digresse beaucoup trop) : C’est quand on n’a pas envie que la soirée se révèle délicieuse. Ce n’est absolument pas ce qu’a dit Virginia Woolf, mais ce n’est pas grave, car c’est bien ce que j’ai pensé de cette représentation.

Il n’est pas si aisé de rendre théâtral un matériau littéraire, ici des fragments du journal de Virginia Woolf. Ce que j’aime aussi, c’est faire des parallèles entre les spectacles que je vois. Dans « Bovary » de Tiago Rodrigues, les feuilles étaient blanches et éparpillées sur tout le plateau. Ici les feuilles sont dactylographiées, rangées (d’après les dires des comédiennes) par ordre chronologique et nos trois admirables interprètes compulsent, nous livrent des extraits de l’imposante production intime de Virginia Woolf. Le terme « vagues » revient régulièrement, un jeu s’installe entre Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon et Marie Piemontese (que j’ai la chance d’apprécier depuis de nombreuses années maintenant dans les pièces de Joël Pommerat), tour à tour elles prendront la voix de Virginia Woolf, chacune à leur façon. Le tout est clair, on entend bien les mots de l’auteure britannique, il y a une délicatesse qui émane de la pièce et des comédiennes.

C’est un travail admirable qu’a fourni Isabelle Lafon, car la somme des écrits intimes de Virginia Woolf est assez impressionnante et on perçoit bien la drôlerie, le sens de l’observation (cher à Henry James, cité à la fin du spectacle) de Virginia Woolf… Qu’est-ce que j’aime ce nom !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor