Les sorcières de Salem

Les sorcières de Salem
De Arthur Miller
Mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota
  • Espace Cardin
  • 1, avenue Gabriel
  • 75008 Paris
Itinéraire
Billets de 10,00 à 30,00
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

Emmanuel Demarcy-Mota et sa troupe s’emparent de l’œuvre mythique d’Arthur Miller, Les Sorcières de Salem, pièce d’urgence contre l’intolérance et l’aveuglement collectif.

Familier des auteurs européens du xxe et de leurs puissances souterraines, il aborde pour la première fois un auteur américain, un théâtre d’acteurs qui nous entraîne pourtant au plus profond des forêts sombres.

Aux racines du mal.

Note rapide
9/10
pour 4 notes et 4 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
4 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
4 avr. 2019
9/10
3 0
Quel plaisir de retrouver Demarcy-Mota dans cette mise en scène des « Sorcières de Salem ».

Comme toujours la magie opère... malgré un début un peu difficile, sans doute à cause du rideau transparent qui sépare la scène du public durant le premier quart d’heure... mais on plonge progressivement dans l’univers de Miller et dans l’Amérique du XVIIème siècle. Peu de décors et un éclairage très blanc qui donne presque l’impression de voir une pièce en noir et blanc.

Elodie Bouchez et Serge Maggiani sont magnifiques.

A voir !
31 mars 2019
9/10
25 0
Quand le mensonge sort de la bouche des enfants...

1692. Salem, Nouvelle-Angleterre.
La jeune Abigaïl entreprend de se venger. Elle s'est faite renvoyer du service d'Elisabeth, la femme de John Proctor, qui a découvert la liaison qu'elle entretien avec ce dernier.

Elle réunit quelques amies et organise une sorte de sabbat dans le bois voisin, destiné à nuire à Elisabeth.
Elle sont surprises en pleine ronde pseudo-infernale.

Cet événement va déclencher au sein de la petite ville très puritaine un déferlement de mensonges, de haine et de violence, aboutissant à un procès inique et à de multiples arrestations et condamnations à mort.

Arthur Miller s'est emparé de cette histoire-là pour dénoncer une société dont la peur et le mensonge vont engendrer une nouvelle réalité.

Bien entendu, dans ces années 1950, il dénonce en fait le Maccarthysme, « la peur rouge », qui causera bien des traumatismes à la fois moraux et physiques.

Le metteur en scène Emmanuel Demarcy-Mota s'est donc emparé de la pièce de Miller, parce que ce monde de la peur et du mensonge résonne furieusement dans nos sociétés actuelles.

Cette société de fake-news, de tweets mensongers, de déclarations dénuées de façon éhontée de toute vérité, c'est celle d'un certain Donald Trump, pour rester dans le seul pays de l'Oncle Sam.
Mais bien entendu, les exemples de ce système de fonctionnement « politique » sont nombreux.

Emmanuel Demarcy-Mota nous propose une succession de tableaux très impressionnants.
Des images soit oniriques, fantastiques, éthérées, soit des scènes très brutes, sans fioritures.

La scène du sabbat relève de la première catégorie.
Derrière un rideau de fine tulle sur lequel est projetée une vidéo d'arbres en hiver, des arbres presque à la Tim Burton, cinq comédiennes en robe de chambre immaculée dansent, se contorsionnent.
L'effet saisit dès le départ les spectateurs.

Les scènes dans le village, les scènes du procès seront d'une tout autre facture.
Grâce à des éclairages de lumières blanches très légèrement colorées, en faisceaux très serrés matérialisés par la présence de fumée, nous sommes cette fois-ci dans une réalité implacable, sans aucune échappatoire possible.

Malgré quelques éléments de couleur sombre, nous sommes pratiquement devant une pièce en noir et blanc.
Un peu comme dans un film expressionniste.

Le metteur en scène s'est également appuyé sur une très solide et impeccable distribution.
Quatorze impressionnants et excellents comédiens vont jouer les protagonistes de ce drame.

Des scènes de grande tension, parfois d'une vraie sauvagerie dramatique vont s'installer, durant les deux heures que dure le spectacle.
Des affrontements, des moments de violence verbale et physique, des joutes oratoires très tendues elles aussi glacent le sang des spectateurs.

Elodie Bouchez est une Abigaïl épouvantable de méchanceté et de perversité. Elle nous propose une magnifique composition, très brutale, très en force. La comédienne fait de son rôle une formidable moment dramaturgique.

Tout comme Serge Maggiani qui incarne John Proctor, tout en humanité. Il nous rend son personnage ô combien émouvant, et suscite une vraie empathie, jouant cet homme qui refusera jusqu'au bout toute compromission.

Philippe Demarle est épatant en espèce d'exorciste blafard, mais qui réussira à faire la part des choses au bon moment. C'est un rôle tout en subtilité.

Et puis, j'ai beaucoup aimé Jauris Casanove en « grand inquisiteur ». Le comédien est glacial, intransigeant, implacable. Il fait froid dans le dos. Là encore, de la belle ouvrage.

C'est donc un moment dramaturgique d'une très grande intensité qui nous est proposé à l'Espace Cardin du Théâtre de la Ville.
La vision de Emmanuel Demarcy-Domota est une vision sombre, très sombre, noire, très noire, qui ne laisse planer aucun espoir sur le genre humain.
C'est un moment de théâtre passionnant. Il serait vraiment dommage de passer à côté !
30 mars 2019
9/10
2 0
Captivant, transperçant, poignant.

Arthur Miller s’inspire du procès de sorcellerie ayant eu lieu en 1692 dans une petite ville du Massachusetts. A travers cette chronique il dénonce les poursuites que les artistes et les écrivains ont subies sous le maccarthysme (guerre contre le communisme) dont il fut lui-même une des victimes. Ce fut la chasse aux sorcières des années 1950.

En 1692 Abigaïl est servante chez Elisabeth et John Proctor, de braves fermiers. Elisabeth découvre une idylle entre John et Abigaïl et chasse celle-ci de sa maison.
Dés lors Abigaïl n’aura de cesse de se venger…
Abigaïl, Tituba servante du pasteur Parris, Betty fille dudit pasteur et leurs amies sont découvertes la nuit dansant dans la forêt en évoquant les morts, elles sont accusées de sorcelleries.
Les jeunes filles guidées par Abigaïl vont retourner la situation et accuser certains habitants du village de sorciers.
Abigaïl d’accusée deviendra accusatrice, elle n’a qu’une hate, se venger d’Elisabeh et de récupérer John.

Les accusations mensongères, la délation, le fanatisme, l’hystérie vont parcourir la ville.
De grand nombre d’habitants vont se retrouver accusés emprisonnés et condamnés.
La perversité des jeunes filles, le puritanisme du clergé, la peur du diable nous font frémir.

Les comédiens nous transportent et nous émeuvent avec grand brio. Serge Maggiani est impressionnant et fabuleux dans le rôle de John Proctor, Emilie Bouchez (Abigaïl) nous facine.

C’est puissant.
La mise en scène, la lumière, les décors intensifient les émotions et donnent une grande ampleur à ce magnifique texte qui nous interpelle et nous questionne.
C’est une pièce remarquable dont le propos est malheureusement toujours d’actualité.
9/10
2 0
... Un texte fort et mythique. Une mise en scène sagement habile. Une distribution remarquable. Un spectacle à voir !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor