Les peintres au charbon

Les peintres au charbon
De Lee Hall
  • Théâtre 13-Seine
  • 30, rue du Chevaleret
  • 75013 Paris
  • Bibliothèque François-Mitterrand (l.6, l.14, RER C)
Itinéraire
Billets à 26,00
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Inspiré de faits réels et écrit par le scénariste du film Billy Elliott, Les Peintres au charbon relate l’histoire d’un groupe de mineurs qui se retrouve en 1934, malgré lui, à suivre des cours d’histoire de l’art.

Ils rencontrent Robert Lyon, qui va très vite abandonner sa méthode d’enseignement théorique pour passer à la pratique avec eux. Développant ainsi leur propre mouvement, ces «Peintres au charbon» vont peindre leur environnement, leur quotidien, leur vie, tout en se construisant en parallèle une culture artistique et un sens critique qui leur permettra d’acquérir un nouveau regard sur leur société.


Un groupe de mineurs se pense aux antipodes du monde des arts et se découvre peu à peu un appétit pictural insatiable. Ils sont tiraillés entre leur nouvelle découverte et leur conviction qu’ils appartiennent à un monde imperméable à l’art. Et pourtant, en se plongeant dans leur peinture, ces mineurs apprendront à expliquer ce qu’ils font, et à travers cela à définir leur place dans cette société. Ils découvriront que la peinture leur permet de représenter autre chose que leur propre existence. Ils comprendront que l’art est un moyen de dire sans mot, sans notion, quelque chose d’universel.

Le tour de force de cette pièce se situe donc dans son double impact : elle tient un discours sur l’art, et en même temps, elle agit conformément à ce discours. Elle met en acte et rend réel, par son accessibilité, par son humour, par le style de l’écriture et par le choix des personnages, cette idée que l’art est, et reste universel.

Les questions politiques contemporaines de la pièce sont l’occasion d’ouvrir le propos, pour aller vers une question plus large, plus politique encore, de la place et du rôle de chacun dans la société actuelle, et ce par le prisme de l’art.

Note rapide
8,3/10
pour 3 notes et 3 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
3 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
29 mai 2017
8,5/10
11 0
Inspiré de faits réels et écrit par le scénariste du film Billy Elliott, Les Peintres au charbon relate l’histoire d’un groupe de mineurs qui se retrouve en 1934, malgré lui, à suivre des cours d’histoire de l’art. Leur professeur, Robert Lyon, va très vite abandonner sa méthode d’enseignement théorique pour passer à la pratique avec eux.

Développant ainsi leur propre mouvement, ces "Peintres au charbon" vont représenter leur environnement, leur quotidien, leur vie, tout en se construisant en parallèle une culture artistique et un sens critique qui leur permettra d’acquérir un nouveau regard sur leur société.

Marc Delva a fait une brillante adaptation de la traduction signée par Fabrice Melquiot avec un parti-pris de mise en scène qui tient d'un bout à l'autre.

Les spectateurs sont invités à suivre l'ouvreuse dans les dédales du Théâtre 13 et à descendre sur la scène par la coulisse transformée en entrée d'un boyau, comme s'il s'agissait du fond d'une mine. Pour nous mettre en condition et pour jouer aussi le jeu du faux-semblant qui est décliné par le spectacle.

La fumée réduit la visibilité, une lumière rouge clignote à intervalles réguliers en même temps que retentit l'alarme annonciatrice d'un danger, voire d'un accident. Pourtant la mine n'est qu'évoquée et il faut avoir visité un site comme celui de Lewarde, dans le Nord, pour en apprécier l'atmosphère. On remarque des vêtements suspendus à des crochets dans les cintres, ... comme si nous étions dans la salle des Pendus.

Peut-on être mineur et peintre ? Homme et comédien ? La proximité avec les acteurs atténue la distance habituelle qui sépare la scène de la salle. Le spectateur est partie prenante de la métamorphose de ces ouvriers qui s'ouvrent à l'art.

La disposition des gradins en tri-frontal est judicieuse. J'ai beaucoup apprécié aussi que les reproductions des oeuvres picturales soient des tableaux blancs, permettant ainsi au spectateur de se créer ses propres images. Et quand à la fin de la pièce ce sont les "vrais" tableaux qui apparaissent par le jeu de diapositives, on saisit bien davantage la puissance artistique des oeuvres de ces peintres qui sont passés progressivement du statut d'amateur à artiste. Avec tous les choix de vie qui en découlent, notamment lorsque Helen Sutherland, amatrice d’art et mécène, propose à l'un d'entre eux de le payer autant qu’à la mine pour qu’il puisse se consacrer à sa peinture.

La pièce dégage beaucoup d'émotion, de sincérité et de rire aussi. Le public a de quoi être conquis par la justesse de jeu des acteurs. Elle tient un discours sur l’art, et en même temps, elle agit conformément à ce discours. Le sens est dans la relation entre celui qui regarde et le tableau.

Elle met en acte et rend réel, par son accessibilité, par son humour, par le style de l’écriture et par le choix des personnages, cette idée que l’art est, et reste universel. C'est juste et c'est fort. On ne peut qu'être touché par le spectacle qui se clôture sur la chanson de John Lennon Working class hero que tous les acteurs entonnent. Oui ! C'est quelque chose d'être un héros de la classe ouvrière.
14 mai 2017
8/10
19 0
L’histoire vraie d’un groupe de mineurs en 1934 en Grande-Bretagne, qui vont développer leur culture par eux-mêmes et jeter un nouveau regard sur la société.

Tout d’abord c’est la descente à « la mine », casques sur la tête, des mineurs nous accueillent, on entend le bruit des wagons, le sifflement infernal et jets de fumée, c’est le quotidien de ces hommes.

Puis on se retrouve dans « la cabane », quelques ouvriers sont attendus pour le premier cours d’histoire de l’art. Ils attendent leur professeur, en fait, ils auraient voulu un cours d’économie...

Ces mineurs veulent bien profiter de ce cours, mais ils en attendent trop, et le jeune professeur Robert Lyon, va laisser de côté l’histoire de l’art et leur demander de peindre ce qu’ils ressentent, ce qu’ils vivent jour après jour. Réticents au départ, ils vont petit à petit se dépasser, accepter tant bien que mal les critiques des camarades, ils se serviront de l’art pour exister autrement, l’art pour tous. Que représente la peinture pour eux dans leur quotidien ?

Helen Sutherland, collectionneuse d’art et richissime est une amie de Lyon. Elle consent à se déplacer pour voir le travail artistique de ces hommes. Elle a l’œil et l’argent. Elle apprivoise Oliver l’un des plus doués. Lui rendant visite il rencontre un peintre et comme le loup de la fable « Le loup et le chien », préfère la liberté au collier et la soupe quotidienne...

On est au bord de la seconde guerre mondiale, l’un d’eux s’engagera, laissant les amis désemparés. Ils continueront leur œuvre, avec fierté, le Professeur Lyon obtiendra une chaire à Edimbourg grâce à eux !

C’est une pièce intéressante, émouvante, drôle, les comédiens sont très engagés dans leurs rôles. La mise en scène est créative, on ne voit pas les tableaux, on les devine, ce qui nous permettra d’admirer les œuvres véritables au final et connaitre ainsi l’historique de ces mineurs et de leur « université ».
8,5/10
18 0
L’accès à l’art est-il exclusif ? Le droit de s’en emparer pour s’exprimer est-il réservé à une élite et confisqué aux catégories populaires ? C’est le cœur et le chœur de ce spectacle retraçant la fabuleuse histoire du mouvement pictural « Ashington Group ».

Composé dans les années 1930 par « une association de travailleurs pour l’éducation » issue du mouvement syndical des mineurs d’Ashington, Woodhorn et Ellington en Angleterre, ce groupe est devenu célèbre et représente un courant reconnu de l’art britannique aujourd’hui encore.

Lee Hall écrit cette pièce en 2009, avec la volonté évidente de célébrer cette aventure, de témoigner de sa valeur iconoclaste parmi les nombreux groupes artistiques qui parsèment l’histoire de l’art et poser à cette occasion les questions que drainent de tels destins.

La pièce interroge les caractéristiques sociales et politiques qui fondent l’engagement de ces hommes, leur résistance à la récupération commerciale et celles de ceux qui continuèrent derrière eux cette aventure originale. Amateurs d’arts, épris d’émancipation, ils sont devenus artistes par gout avant toute recherche de gloire ou de mérite. Le plaisir de peindre et de se découvrir soi-même, de se satisfaire dans l’accomplissement volontaire et de sublimer leur quotidien pour mieux en montrer la dureté de sa réalité, sont autant de désirs assouvis, de revanches prises et de reconnaissances obtenues.

Bien sûr, les biographies des peintres célèbres et professionnels ne sont pas remplies de tels parcours. Il y a de l’extraordinaire dans ces épopées, du mystique dans ces réussites. Mais sans doute, il y a surtout la pugnace volonté d'abattre la barrière devant laquelle les ouvriers sont cantonnés lorsqu’il s’agit d’expression artistique.

L’art populaire est-il une utopie nécessaire, essentielle pour ouvrir des horizons improbables ou doit-elle exister pour permettre la croyance dans une égalité des chances parmi les possibles du courage et de la chance ?

Le texte de Lee Hall raconte cette histoire comme une fable, avec la conviction de sa beauté mais avec des propos parfois redondants et insistants, aux accents pontifiants frisant le discours populiste. C’est dommage mais cela n’occulte pas l'espérance éclairée par la lumière sombre et magnifique qui traverse ce spectacle. Une ode à la culture populaire, à son éducation et à sa réalité bien trop peu reconnue.

La mise en scène de Marc Delva choisit le parti-pris de l’immersion dans l’univers des personnages, de la plongée du public dans l’histoire. Le dispositif scénique avec le plateau au centre, entre deux séries de gradins, permet une adroite proximité avec les comédiens, avec ce qu’ils vivent et semblent ressentir. Le public est parmi eux. Les émotions sont plus vives, les jeux plus directement perçus. C’est très bien vu et tout à fait adapté à ce récit.

La fougue et la rage des comédiens nous saisissent et nous convainquent. Les personnages sont incarnés avec chaleur et précision. Du très beau travail.

Entre théâtre documentaire, social et politique, ce spectacle est une belle fable engagée, drôle et captivante. À voir pour le plaisir de voir des idéaux se rapprocher de la réalité, des histoires de vie belles comme des combats réussis.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor