Les Mystiques ou comment j'ai perdu mon ordinateur

Les Mystiques ou comment j'ai perdu mon ordinateur
De Hedi Tillette de Clermont-Tonnerre, Lisa Pajon
Avec Lisa Pajon
  • Lisa Pajon
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Dans un train, Lui perd son ordinateur dans lequel se trouvait l’ébauche et toutes les notes d’un projet à venir, Les Mystiques. 

Il nous raconte alors l’année qu’il vient de traverser, des prémices de son enquête jusqu’à la perte, finalement libératrice, de son ordinateur, un parcours initiatique sur l’entreprise d’écrire et plus largement sur celle de vivre.

 

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Toutes les critiques
25 nov. 2018
7/10
4 0
Un jeune homme nous fait part de son désarroi : il a perdu son ordinateur portable dans un train entre Niort et Poitiers. ordinateur qui contenait un travail d'une année sur les Mystiques. A part de ce point là, nous revenons un an en arrière pour suivre son parcours de documentation, ses déplacements et ses rencontres de multiples personnalités hautes en couleur liées à sa recherche : un ophtalmo italien, un bucheron, une éditrice, un fantôme, un oncle,...

Le sujet de recherche est rude, peu vendeur (dixit l'éditrice) et le cheminement du narrateur au cours de cette année initiatique est compliqué. Au dela de ce travail de recherche, une autre problématique est abordée et je vous laisse la découvrir. C'est très actuel et tout le monde y est confronté à un moment ou un autre.

L'auteur du texte est aussi le metteur en scène Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre qui nous avait soufflé la saison passée avec la pièce 'les deux frères et les lions (qui va être rejouée en 2019), change radicalement de genre et c'est réussi : on y trouve un cheminement spiirituel très interressant à suivre. La pièce peut sembler déroutante, voir déroutée mais au final c'est un moment agréable que nous suivons.

J'ai beaucoup apprécié le décor proposé avec les stores en fond de scène et un jeu de lumière qui suggère les ambiances si justement.

Les six comédiens sur scène jouent de multiples rôles sauf Mathieu Genet qui reste celui qui a perdu l'ordinateur. Je crois que c'est Bruno Gouery qui m'a le plus fait rire avec son ophtalmologiste italien bien frappé ! Les autres ne sont pas en reste, ils ont tous des moments où le rire ne peut s'empecher de sortir de nos bouches : Lisa Pajon, Flore Lefebvre des Noëttes, Mireille Herbstmeyer et Makita Samba.

A voir.
23 nov. 2018
8,5/10
36 0
Tout va très mal commencer ! Et ce, entre Niort et Poitiers !
« Lui » nous apprend qu'il vaut mieux ne pas s'endormir dans les trains de la SNCF entre la préfecture des Deux-Sèvres et celle de la Vienne.

Non seulement on ne profite pas des paysages qui défilent plus ou moins rapidement, mais on y perd également son ordinateur qui contient une année de travaux de recherches consacrées au Mysticisme.

« Lui » va nous raconter cette année-là, consacrée à cette quête des Mystiques, par le biais notamment de retrouvailles avec une demi-soeur religieuse passionnée par Catherine de Sienne.

Le sujet est ardu, cette année verra se dérouler bien des péripéties.

Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, dont j'avais adoré une précédente pièce, « Les deux frères et les lions », a emprunté cette fois-ci un tout autre chemin dramaturgique.

Il nous propose ici une sorte de road-trip initiatique, une quête du mysticisme, dans laquelle le héros va rencontrer une foultitude de personnages plus allumés les uns que les autres : un ophtalmo italien, le fantôme de son père, son oncle en K-Way, un jeune bûcheron, un chanoine, une scénariste, un éditeur, j'en passe et non des moindres.

Monsieur Hédi connaît son sujet. « Lui » va traverser les trois grands moments du cheminement mystique : la révélation, le dépouillement et l'élévation.

Mais au delà de ce « projet » mystique, va se jouer une tout autre problématique, on ne peut plus intéressante et actuelle.

Le mot « projet », vocable archétypal de cette immonde novlangue actuelle et administrative, (nous avons désormais des projets d'école pour les élèves, des projets de détention pour les prisonniers, des projets de réinsertion, pour citer le sociologue-humoriste Franck Lepage), le mot « projet » peut être contrecarré par un autre substantif : « l'échec » !

C'est ce qui va nous être démontré de façon subtile et imparable.

Oui, on peut et on doit accepter l'échec, dans cette société basée sur la réussite, la performance, les compétences...
L'échec n'est pas une fin en soi, mais il devrait être considéré comme un commencement, un nouveau départ.
Oui, ratons nos projets ! Et repartons de plus belle : l'erreur et l'échec seront formateurs !

Six comédiens vont nous démontrer tout ceci de bien belle et bien convaincante manière.
A part Mathieu Genet qui interprète un « Lui » parfois dépassé par les événements, ballotté comme un fétu de paille dans sa recherche spirituelle, tous les autres jouent plusieurs rôles.

De grands moments de comédie vont nous être offerts.
Bruno Gouery est hilarant en ophtalmologiste siennois complètement allumé. Qu'est-ce qu'il m'a fait rire...
Makita Samba lui aussi est irrésistible. Son personnage de bûcheron est épatant.

Lisa Pajon, Flore Lefebvre des Noëttes et Mireille Herbstmeyer ont elles aussi des moments drôlissimes.

Il faut mentionner la très belle scénographie d'Alexandre de Dardel, basée sur un fond de plateau fait de grands pans vitrés, dont les stores servent d'écran pour des projections vidéo.

J'ai assisté à un théâtre très intéressant.
Un théâtre qui interpelle, un théâtre percutant, qui peut parfois dérouter. (Mais qu'est-ce que c'est bon d'être dérouté et d'éviter ainsi des chemins tout tracés...)

Un théâtre qui permet de s'interroger sur notre société de la performance dans laquelle nous vivons, la société du projet permanent.

Connaissons-nous donc nous-mêmes, et acceptons l'échec.
Ceci dit, ce spectacle est une belle réussite !
20 nov. 2018
8/10
17 0
Un charmant jeune homme nous explique comment il a "oublié" son ordinateur dans le train.
Un an auparavant, il préparait un livre sur les mystiques, sa demi-soeur rencontrée après la mort de leur père, est religieuse, son livre de chevet "Catherine de Sienne". Peut être pour mieux la comprendre a-t-il l'idée lumineuse d'écrire un livre et de regrouper tous les ouvrages sur les mystiques de toutes religions.

Les situations sont menées tambour battant, que ce soit les copines qui tentent de l'aider dans sa démarche, l'évocation des cours de théâtre qu'il prenait, la productrice branchouille qui n'est pas décidée à faire un film sur le sujet pas très vendeur.
Une comédie étrange, un peu déjantée, fort bien jouée, qui part un peu dans tous les sens mais intéressante à voir.
J'aime l'écriture et l'univers de Hedi Tillette de Clermont-Tonnerre, j'avais déjà apprécié "Les deux frères et les lions" qui se jouera de nouveau au Poche Montparnasse à partir du 8 janvier 2019.
8,5/10
15 0
... Un spectacle surprenant et drôle, introspectif, qui laisse les questions en suspens pour qu’on puisse les faire nôtres, joué avec talent par une distribution pêchue et complice.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor