Les intrépides de la SACD

Les intrépides de la SACD
  • Théâtre Antoine
  • 14, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint Denis (l.4, l.8, l.9)
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Pour cette 3e édition, la SACD a passé commande de formes courtes, à 6 autrices sur le thème du “courage”.
Les autrices dont les textes seront publiés à L’avant-scène théâtre, interpréteront leurs textes mis en espace par Catherine Schaub.

Cette année, Les Intrépides seront présentées en avant-première au Théâtre Antoine le 26 juin ; elles reviendront le 17 juillet au Conservatoire d’Avignon, pendant le festival, et en novembre au Théâtre de Poche à Genève, en partenariat avec la Société Suisse des auteurs.

Les Intrépides offriront une présentation ludique de leurs textes suivie d’un débat sur l’égalité femmes/hommes
dans le spectacle vivant : un combat courageux ? L’égalité femme-hommes est un enjeu démocratique. Depuis 5 ans, la SACD en a fait une priorité. La plaquette annuelle Où sont les Femmes ? démontre depuis plusieurs années la part insuffisante des oeuvres écrites, jouées ou mises en scène par des femmes dans le spectacle vivant.

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29 juin 2017
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Théâtre Antoine : le monde du spectacle vivant s'est donné rendez-vous pour la soirée annuelle des Intrépides. Tous répondent ainsi à l’invitation de la SACD qui, pour la 3ème année consécutive, tend le micro pour faire entendre la voix des femmes, trop peu représentées notamment à la tête des lieux de création et de diffusion du spectacle vivant.

Cette année, six auteurs ont accepté de se plier à l’exercice de la commande de textes courts sur le thème du courage. C’en est déjà un que de se lever pour monter ainsi face au public quand on sait que toutes ne sont pas des habituées du plateau (chapeau bas !). Chaque auteur a fait sien ce thème, le traitant sous des angles différents. Tour de piste :

"J’aurais préféré avoir un flingue" (Julie Gilbert) : dans un texte très actuel, Julie Gilbert aborde le thème de l’entreprise et des héros du quotidien, refusant de se faire happer par la logique du chiffre d’affaire et qui se dressent pour leurs valeurs. Dans un thème rappelant le très bon livre de Delphine De Vigan (« les heures souterraines »), Julie Gilbert évoque alors les pressions, les mises à l’écart, l’insidieux et le vil rouage de l’humiliation constante au travail en attente du glas de la faute professionnelle.

"Brisures" (Sandrine Masson) : « on y arrive pas toute seule dans la vie, maman !" C’est un appel d’une fille à une mère, le clan des entités face au clan des brisés. Des brisées touchantes, titubantes, parlant trop fort, trop juste, inconvenantes. C’est le courage de rester avec ceux qui ont besoin de nous, ceux qui nous ont blessé en faisant pourtant de leur mieux. C’est une forme de résilience et d’amour inconditionné ; qui demande bien du courage.

"Phare" (Céline Delbecq) : c’est le courage face à la violence conjugale, la violence physique qui engloutit tout, comme les vagues qui s’écrasent sur le phare coupé du monde. Un récit en tourbillon, dur et tranchant.

"Pistes" (Penda Diouf) : c’est une sorte de désobéissance face à la peur, un inconnu qui appelle et que Penda Diouf décide d’étreindre. C’est le courage de ne pas se résigner, de chercher ses racines, d’être une femme noire et d'oser se présenter seule à l'étranger, entière. C'est aussi le courage de dire tout haut ce qui méconnu, de parler du premier génocide perpétré par les allemands en Namibie (1904).

"Le courage" (Emma la clown) : dans un sketch structuré et drôle à la fois, Emma nous démontre l’évolution du courage à travers la société de la lutte contre le mammouth à la lutte contre l’indifférence de la rue. C’est le courage d’aller vers l’autre, l’inaperçu rendu visible par le rire, une prise de conscience par l’humour qui restera bien en tête.

"La scène" (Camille Laurens) : c’est la survie des gens qui se lèvent péniblement le matin, ankylosés par des peurs tapies en eux. C’est ceux qu’on n’écoute pas, qu’on ne voit pas, qui se cachent et qui sont là pourtant, debout. Les femmes qui encaissent les incivilités, les regards de travers, les remarques et qui préfèrent ne plus bouger pour se fondre dans le décors. Un texte incisif qui dit le courage d’avouer sa peur et sa détresse.

Le courage est partout, dans le actes du quotidien, les dilemmes professionnels, les choix de vie et de combats mais partout il demande de la valeur et de l’humanité. Une belle leçon ! Espérons que cette soirée participe à faire bouger les lignes et que l'écho du message sera entendu plus haut pour amener la parité là où les chiffres sont sans pitié!
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Depuis 3 ans, LES INTRÉPIDES montrent inlassablement la vivacité des écritures féminines et les mettent sous le nez des décideurs (plus souvent que décideuses) de festivals et de théâtres, comme l’énonce Denise Chalem 1ère vice-présidente la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) dans l’éditorial de la présentation de cette 3ème édition.

Y aura-t-il un jour où il ne faudra plus militer pour les droits humains ? de l’enfant, de la femme, du genre, de la culture ? de la dignité simplement ? Pour enfin vivre tels que nous sommes et devenir ce que nous souhaitons ?

Est-ce une illusion d’espoir, une utopie dérisoire ? Non !

Le bilan 2012/2017 « où sont les femmes ? » réalisé par la SACD et plusieurs partenaires est édifiant : « toujours pas là ! ». La place des femmes dans les directions des établissements culturels et dans la création artistique ne varie pas et reste très minoritaire.

C'est ainsi que le monde va. Est-ce ainsi qu'il doit aller ? Non !

Pour cette troisième démonstration, LES INTRÉPIDES présentent le travail de commande d’écriture de six auteures sur le thème du « Courage ».

Le ou les courages d’être une femme, d’être heureuse et respectée, de vivre libre sans qu'aucun courage de vivre soit nécessaire…

Julie Gilbert. « J’aurais préféré avoir un flingue »
La femme dans une entreprise, proche du pouvoir, dans l’action et son rapport au travail… Et... Le courage de ses opinions, de sa parole porteuse de valeurs, de son combat pour la justice au péril de sa reconnaissance sociale.

Sandie Masson. « Brisures »
Passés brisés et destins compromis. Une jeune femme apaisée retrouve sa mère détruite. L’enfance de la fille n’est pas la meilleure chose qu’elles ont vécu ensemble… Et... Le courage d’aimer malgré tout, celui de pardonner pour aimer.

Céline Delbecq. « Phare »
Violence conjugale entremêlée d’amour de l’autre et de ses enfants, de croyance en un avenir meilleur et de culpabilité de n’avoir pas bien fait. La femme s'échappera–t-elle d’un tel enfer ou renoncera-t-elle par résignation ?... Et... Le courage de partir et d’abandonner. Victime et bourreau ou liberté et renaissance ?

Penda Diouf. « Pistes »
Quête identitaire pour une reconnaissance de soi, une jeune femme cherche à connaitre ses origines pour mieux comprendre ses racines. Elle se confronte à son passé fondu dans l’Histoire… Et... Le courage d’être une femme dans un pays africain. Celui d’être une femme noire dans nos contrées. L’égalité humaine exposée aux équations complexes.

Emma La Clown. « Le Courage »
La relativité du courage. Du courage de se lever le matin à celui de combattre un fauve pour manger, lequel est le plus « courage » ? Les attributs du concept comme ses attributions dans la réalité, traversent les contextes et les situations pour interroger ce qui fait sens pour chacune et chacun d'entre nous… Et... Le courage d’en rire, de rire et de faire rire !

Camille Laurens. « La Scène »
Une femme sur le quai du RER, confrontée à la violence. Qu’a-t-elle vu ? qu’a-t-elle enfoui dans l‘oubli ? Peut-elle témoigner de sa propre peur ?... Et... Le courage de dire sa peur et de revendiquer le droit d’avoir peur.

Un spectacle des plus réussis sur le plan artistique, dans une ambiance chaleureuse et souriante, loin d’une commémoration éreintante et soporifique ou d’un exercice de style fallacieux et plombant. Les 6 textes inédits sont donnés par leurs auteures, mis en espace par Catherine Schaub.

Des entrées de clown ravageuses et truculentes d’Emma La Clown entre chaque texte, apportent de la légèreté par le rire, comme autant de rafraîchissements bienvenus et piquants.

Utopie ou réalité, preuve ou épreuve, le courage est un ingrédient indispensable et nécessaire pour abattre les obstacles, vaincre les puissances liberticides et lutter pour l’égalité homme/femme dans notre société.

L’égalité, utopie ou réalité ?
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor