Les Evaporés

Les Evaporés
  • Théâtre de la Tempête
  • Route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de vincennes (l.1)
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Au Japon, plus de cent mille personnes s’évaporent chaque année.

Ce phénomène est ancien mais les évaporations se sont notoirement développées dans les années 90, pendant la crise financière, pour atteindre le chiffre officieux de 180 000 Japonais disparus volontairement par an.

Qui sont-ils ceux qui un jour décident de tout quitter, de claquer la porte sur leur vie en effaçant toute trace de leur existence ? Qui sont-ils ceux qui restent, attendant un signe, une vérité, un retour ?

Dans ce pays où l’échec se vit comme un déshonneur, un journaliste français décide de partir à la rencontre de ces évaporés, de ces familles au deuil impossible, pour filmer et tenter de comprendre. Ecrit en français avant d’être traduit en japonais, Les Evaporés fait le lien entre Japon et Occident, entre nos a priori et la réalité culturelle japonaise, entre fantasme et vérité sociologique.

En plongeant dans la vie de ces hommes et de ces femmes touchés par cet étonnant phénomène de société, Delphine Hecquet pose la question universelle de l’identité.

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1 juil. 2019
8,5/10
1 0
J'avais été très intriguée par le phénomène dont Delphine Hecquet était venue parler en juin de l'année dernière à l'invitation de Clément Poirée le soir de la présentation de saison2018-2019 de la Tempête.

Elle avait choisi de donner à sa pièce le titre Les Evaporés pour parler de ces personnes qui disparaissent chaque année par peur du déshonneur, de la honte, face à l’échec social, le licenciement, le divorce, les dettes ... et qui continuent de vivre sous une autre identité, souvent dans des conditions extrêmement précaires, parfois même dramatiques quand ils sont employés pour nettoyer le site de Fukushima après l'accident de la centrale.

Le phénomène a une grande ampleur au Japon puisqu'il touche 100 000 personnes chaque année, dix fois plus qu'en France. Il est ancien mais les évaporations se sont notoirement développées dans les années 90, pendant la crise financière, pour atteindre le chiffre officieux de 180 000 Japonais disparus volontairement par an. Il est rendu possible par l'absence de centralisation de l'état civil.

C'est en lisant un article dans le journal Le Monde qu'elle l'a découvert et qu'elle a eu envie de partir au Japon, seule, avec une caméra, et un micro pour essayer d'interviewer des gens sur ce sujet qui la fascinait.

Elle a rencontré des acteurs japonais, qui vivent en France, qui connaissaient ce que c’est que s’échapper d’une vie qui ne correspond plus à ce qu’ils sont. Au plateau, elle a cherché avec eux à construire des personnages, à travers des improvisations et des échanges. Elle a ensuite écrit en français puis la pièce a été traduite en japonais et elle est jouée dans cette langue, surtitrée en français pour le public. L'intérêt de ce parti pris est de jouer dans une langue très imagée, dans laquelle il est difficile de nommer ses sentiments. Si l’on ne peut pas dire que l’on aime en japonais, comment alors dire que l’on n’aime plus ? Les mots impossibles déterminent un mode de vie, un empêchement qui font sens avec l'évaporation qui est un sujet relié à la question identitaire puisqu'on change d'identité quand on renonce à la vie qu'on avait.

Delphine Hecquet présentait son projet avec passion : Des évaporés peuvent être là autour de nous sans qu'on sache en fait qu'ils sont des disparus. Je me suis dit que le théâtre est un merveilleux moyen pour rendre tout possible, ce que ne peut pas faire le documentaire puisqu'il doit rester fidèle à une réalité.

Le spectateur découvre des hommes et des femmes qui un jour ont décidé de tout quitter, de claquer la porte sur leur vie en effaçant toute trace de leur existence, refusant néanmoins d'accepter le concept de disparition : on ne disparait pas, on recommence quelque part dit une jeune fille. Et pourtant le public remarquera à plusieurs reprises un scarabée qui est la métaphore de la disparition.

Nous verrons aussi ceux qui restent, attendant un signe, une vérité, peut-être un retour. Nous percevrons leur tristesse, leur colère aussiLa pièce se déroule dans une fiction qui se situe entre 2015 (date du voyage de la metteuse en scène au Japon) et 2019.
21 juin 2019
8,5/10
1 0
Le phénomène des évaporés est important au Japon. Il concerne 100 000 personnes par an.

Il s'agit de personnes qui préfèrent fuire leur vie et leur famille suite à un évènement jugé honteux dans la société japponaise. Suite à un divorce ou une perte d'emploi ou tout évènement socialement jugé honteux, ces gens disparaissent et ne donnent plus de nouvelles. Ils ne disparaissent pas pour changer de vie, ils tombent dans la déchéance. Beaucoup sont dans un quartier de Tokyo.

Un journaliste français enquête sur le phénomène. Deux histoires seront montrées. La première est celle d'un père qui s'enfuit suite à la perte de son emploi. Sa fille explique la difficulté de la situation car au niveau administratif, il n'y a pas de solution. Elle a honte de son père et explique à la police qu'elle ne voudra plus de contact. Son père tombe dans la déchéance et essaiera de la revoir. Elle refusera.

La seconde histoire est celle d'une fille sous pression par sa mère qui s'enfuie. Elle ne donnera plus de nouvelles pendant de longues années. Elle retrouvera sa mère mais elles ne pourront pas s'entendre. La pression restera trop forte pour la fille et elle repartira.
En parallèle de ces histoires, le journaliste découvre que les évaporés permettent aussi de faire des tâches "ingrates" ou dangereuses que personne n'aurait fait. Beaucoup d'évaporés ont été à Fukushima travailler sur le site après l'accident. Ils permettent aussi de maintenir des salaires de base très bas.

Drame d'une société qui a ses codes rigides et qui aboutit à l'annulation de certains êtres.
Pièce troublante, poignante, intéressante.
La mise en scène est très bonne et amène du dynamisme.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor