Les Émigrants, The Ghostchasers : partie 2

Les Émigrants, The Ghostchasers : partie 2
  • Théâtre de la Bastille
  • 76, rue de la Roquette
  • 75011 Paris
  • Voltaire (l.9)
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Volodia Serre a mis en scène de nombreux projets inspirés d'œuvres littéraires, mais aussi trois opéras dont il a rédigé les livrets.

Avec Les Émigrants, au travers d'une émission de radio, il tisse une vaste toile de parcours migratoires, déroulant les fils d'un réseau complexe de destinées traversant l'Europe.

Cinq vies, si l'on ajoute celle du narrateur, prouvent à travers leurs pérégrinations, à quel point l'émigration est consubstantielle à nos sociétés depuis leurs origines et qu'il est bien évident que, si les personnes émigrent, c'est qu'elles n'ont pas le choix.

Qualifié de « ghostchaser » (chasseur de fantômes), Sebald crée des personnages atteints du « syndrome du survivant ». La temporalité de ses romans est composée de fragments sans lien apparent mais qui se répondent par un jeu d'analogies, grâce à de subtiles ressemblances et correspondances. Cette écriture entomophile permet de tisser un filet métaphorique, afin de capturer les souvenirs, souvenirs qui se retrouvent alors épinglés comme une collection d'insectes, sous forme d'images intercalées dans le récit. À l'instar des ouvrages de Walter Benjamin, le lecteur contemple comme dans un miroir le pâle reflet de ce qui s'est évaporé.

C'est dans cette mise en forme que l’œuvre de Sebald prend toute sa portée politique, en revisitant la linéarité supposée du temps historique à travers le télescopage des temporalités.

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29 mars 2018
7/10
2 0
C’est dans l’atmosphère ouatée d’une émission radiophonique que les quatre comédiens nous accueillent, aidés par la voix suave de Marianne Faithfull, avec la chanson écrite avec Nick Cave « There is a ghost ».
J’en profite tout de suite pour souligner et saluer la création sonore, pas seulement musicale (Leonard Cohen en deuxième partie, encore Marianne Faithfull…) mais aussi d’ambiance qui enveloppe parfaitement les spectateurs. L’émission est retransmise en direct sur un site internet dédié au spectacle. Je peux même réécouter les passages que je n’ai pas compris et/ou pendant lesquels je me suis endormi. La pièce radiophonique est à la mode, les émissions de France Culture, par exemple, emportent un vif succès et le fait de pouvoir simplement fermer les yeux et entendre les voix des comédiens est un plaisir. Même s’il est plus que conseillé de les garder ouverts pour profiter de la scénographie, dans laquelle se cachent de multiples trésors, comme on pourrait imaginer Sebald collectant tous les objets, photos et autres souvenirs en rapport avec ses personnages. Certains sortent la grande artillerie, ici, rien de spectaculaire sauf un train électrique qu'on regarderait rouler des heures et des heures...

Ce sont les acteurs eux-mêmes qui présentent l’oeuvre de Sebald, en leurs noms et s’engagent à personnifier certains passages du roman, font vivre quatre personnages plus ou moins liés à Sebald et dont le point commun sera le déracinement.

On ressent la sensibilité et l’affection que peuvent avoir le metteur en scène/adaptateur/acteur Volodia Serre et ses trois comparses envers l’oeuvre de Sebald. Pourtant, je ne suis pas parvenu à totalement m’impliquer dans ces récits et je n’arrive pas à me l’expliquer (une des raisons serait ma fatigue chronique… qui ne m’a cependant pas empêché de revenir pour la 2e partie, preuve d’un intérêt pour cette oeuvre).

Ps : Il faudra qu’on m’explique pourquoi c’est la personne de sexe féminin qui s’est mise nue à la fin de la pièce. Je n’en ai pas perçu l’intérêt, sans parler que Gretel Delattre interprétait un personnage masculin.

Pps : La bible est très bien documentée et intéressante (reproductions de photographies, de paroles de chansons), à conserver (mais je conserve toutes les bibles et autres tickets dans les cartons que je reçois de la part d’une société de capsules de café)
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor