• En tournée
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • Paris 1er
top5 (6)

Les Damnés

Les Damnés
De Luchino Visconti, Nicola Badalucco, Enrico Medioli
Mis en scène par Ivo van Hove
Avec Éric Génovèse
  • Éric Génovèse
  • Adeline d'Hermy
  • Guillaume Gallienne
  • Alexandre Pavloff
  • Christophe Montenez
  • Sylvia Bergé
  • Elsa Lepoivre
  • Clément Hervieu-Léger
  • Loïc Corbery
  • Jennifer Decker
  • Denis Podalydès
  • Didier Sandre
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • 2, rue de Richelieu
  • 75001 Paris
  • Palais Royal (l.1, l.7)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 42,00
Evénement plus programmé pour le moment

Invité par la Comédie-Française à diriger des acteurs de la troupe, Ivo van Hove a choisi de mettre en scène Les Damnés.

Partant du scénario – sans se référer au film réalisé par Visconti – il raconte, dans un spectacle à la scénographie proche de l'installation, l'histoire de la famille Essenbeck à l'heure du triomphe des nazis en Allemagne. Pour protéger leurs intérêts, ces maîtres de la sidérurgie ne voient d'autre alternative que de s'allier au nouveau régime et assassinent leur patriarche, le vieux baron Joachim, que cette idée répugne.

D'intrigues en manipulations, de trahisons en meurtres, la désignation du nouveau patron des aciéries va générer un véritable rituel de célébration du Mal, rituel où la perversion des rapports entre les individus fait écho à la cruauté et la brutalité du contexte politique.

 

Dans cette lutte pour la survie, contre toute attente, Martin – le fils pédophile et incestueux de la puissante baronne Sophie – parviendra à éliminer tous ses adversaires, devenant un serviteur zélé du régime prêt à régner sur l'empire hérité. Pour cela, il accepte de payer le prix fort : la froideur d'une vie d'où l'amour, la bonté et la beauté ont irrémédiablement disparu.

  

 

La pièce Les Damnés a été récompensée de 3 Molières 2017 (Molière du Théâtre Public, Molière de la Comédienne de Théâtre Public pour Elsa Lepoivre et Molière de la création visuelle)

629

La critique de la rédaction : 5/10. Années 30. Dans le contexte de la montée du nazisme en Allemagne, avec une intrigue qui s’annonçait captivante et un metteur en scène dont j’avais apprécié la dernière pièce… Je m’attendais à bien mieux.

J’ai profité de sa captation télé pour regarder Les Damnés, pièce d’ailleurs filmée et retransmise en direct sur un écran en fond de scène pour les spectateurs du théâtre. Elle leur permet de voir ce qu’il se passe sous un autre angle, ainsi que l’action en coulisses.

Malgré le très bon jeu d’acteurs, de Guillaume Gallienne, Denis Podalydès et consorts, je n’ai hélas pas du tout été pris par les dialogues. L’ensemble était beaucoup trop lent, chaque situation trainait en longueurs, intellectualisant démesurément l’inhumanité des personnages. Les enjeux très forts, la funeste dissolution de la famille n’étaient pas traités de manière intéressante à mon goût.

Reste les nombreux effets de mise en scène qui sont d’une esthétique remarquable. Ils impressionnent à plusieurs reprises mais cèdent à des modes qui agacent par leur sur-utilisation, comme la nudité sur scène, les cris, la musique désespérément lente puis stridente ou agressive… Quant à elle, la violence gratuite de certaines images donne par moments l’impression de vouloir choquer le spectateur sans forcément apporter grand-chose au récit.

Néanmoins, les procédés de mise en scène rythment un peu une pièce qui en manque cruellement.

J’ai trouvé Les Damnés assez pesante, douloureuse, et n’en garderai pas spécialement un bon souvenir.

 

Les autres critiques de Pierre

 

Note rapide
7,2/10
23 pour 23 notes et 19 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
7 critiques
Note de 4 à 7
39%
12 critiques
Note de 8 à 10
61%
Toutes les critiques
Il y a 6 heures
6,5/10
1 0
Je suis toujours impressionnée par le jeu des comédiens de la Comédie Française surtout Denis Podalydès, Guillaume Gallienne et Christophe Montenez mais cette pièce m’a mise extrêmement mal à l’aise. J’en suis sortie contente que ce soit fini. La mise en scène très particulière remplie de violence, de cris m’a donné juste envie de partir. Les partis pris de la Comédie Française divisent souvent et malgré tout je félicite le metteur en scène pour son audace. L’esthétique et les décors sont toujours remarquables.
11 juin 2019
8,5/10
3 0
Paris, quartier du Montparnasse

Par un bel après-midi estival, deux amis, Laurent et Valérie, discutent, confortablement installés à la terrasse d’un salon de thé japonais. « Comment va le travail ? »,… une banale discussion pourrions-nous dire, si justement celle-ci n’allait pas, au hasard d’un mot, prendre une toute autre tournure … Tendez donc l’oreille un instant :

Valérie : Bon, dis moi, tu ne m’as pas donnée rendez-vous ici, juste pour le simple plaisir de déguster une pâtisserie « maison » ?

Laurent : Tu me connais, je pourrais me damner pour une gourmandise …

Valérie : Ah tiens, c’est drôle que tu emploies ce verbe : « damner ». Cela me fait penser à la pièce jouée il y a peu à la Comédie française. Tu sais, celle imaginée d’après le scénario de Luchino Visconti, Nicola Badalucco et Enrico Medioli … Je l’ai enfin vu, juste à la fin de sa période d’exploitation. Cette histoire qui se déroule en Allemagne en 1933, en pleine montée du national-socialisme et qui met en scène une riche famille propriétaire d’aciéries de la Ruhr.

Laurent : Evidemment que je l’ai vue. D’ailleurs, je n’avais plus ressenti un tel malaise dans une salle de spectacle depuis une représentation de Roméo et Juliette à l’Opéra de Lyon. C’était il y a une bonne décennie au moins … Les décors étaient signés Enki Bilal. L’histoire tragique des deux célèbres amoureux avait été transposée dans une société fictive, tombée sous le joug d’une dictature. Le climat en était véritablement … oppressant.

Valérie : Oh ! Oh ! Oppressant ? A ce point ? Cela m’aurait sûrement plu… Dis m’en plus !

Laurent : Oppressant. C’est le terme le plus juste que je puisse trouver pour décrire le sentiment qui m’a envahi lors de la représentation des Damnés.

Valérie : Oh, non ! Que nenni mon ami ! J’étais au second rang en plein centre, donc plongée au cœur de l’action, alors oui bien sûr il y a de la pression mais pas encore assez à mon goût ! Même quand Loïc Corbery alias Herbert, celui qui refuse la montée du nazisme, saute de la scène pour atterrir juste devant mes pieds, j’aurai aimé qu’il nous prenne à partie, nous secoue afin de nous réveiller, mais je m’emballe là, ce serait devenu une autre pièce…

Laurent : Nous réveiller ? Il n’y avait pourtant pas matière à dormir. Oppressante était cette histoire, au demeurant très intéressante. A celle ou celui qui me demanderait de lui en faire un résumé, je me bornerais certainement à lui répondre ceci : « regarder en face ou fermer les yeux ». Se retrouvant devant les changements politiques de son époque, la famille Von Essenbeck, propriétaire des aciéries de la Ruhr, ne va avoir que deux choix possibles : résister ou collaborer. Nous sommes en Allemagne en février 1933. Alors qu’à Berlin brûle le Reichstag, au cœur de la famille Von Essenbeck couvent les braises qui vont bientôt la consumer. Résister ou collaborer. Le dilemme va venir dévorer chaque membre venu célébrer l’anniversaire du patriarche. Résister ou collaborer. Au centre de la problématique : l’avenir de l’entreprise. La famille se divise.

Valérie : Se divise ? Tu fais dans le politiquement correct, mon ami. Je dirais que la famille se déchire plutôt. Le terme est plus adapté, compte tenu du nombre de drames sanglants qui vont se dérouler sur scène en deux heures.

Laurent : Dès lors, vont se dessiner les alliances stratégiques, les amours utiles, l’ambition de la conquête, le désespoir de survivre et la peur de choisir.

Valérie : Il est clair que l’histoire de la famille Von Essenbeck est loin d’être neutre dans cette Allemagne qui va basculer du côté obscur en 1933. Et le conflit qui ronge cette famille est parfaitement rendu. Tous les coups-bas sont permis. Ceux qui veulent rester intègres paieront les pots cassés.

Laurent : Avoue que le spectacle est lourd, très lourd même. Il ne laissera personne indifférent … en bien ou en mal.

Valérie : Oui, nous sommes d’accord. Ce spectacle ne peut laisser de marbre, car il possède des résonances étrangement actuelles. Il suffit de regarder notre monde.

Laurent : Oppressante est l’ambiance aussi. L’extrême lenteur de l’action, le caractère froid du jeu des comédiens (dont l’interprétation ne souffre aucune critique par ailleurs) et des décors, la brutalité des sons et des lumières …

Valérie : Là, c’est un peu court jeune homme. On pourrait dire, Ô Dieu, bien des choses en somme … Par exemple, je m’étendrais un peu plus sur le talent de la troupe du Français. J’ai été soufflée par les interprétations de Christophe Montenez, qui joue Martin, le jeune héritier de l’empire Von Essenbeck et d’Eric Génovèse, dans le rôle de l’implacable Wolf Von Aschenbach. Ils sont presque méconnaissables chacun dans leur genre. Il y a aussi Loïc Corbery, touchant et fragile. Que dire de Didier Sandre qui incarne superbement le patriarche de la famille. Je ne peux pas tous les citer car la distribution est importante pour cette pièce mais ils sont tous excellents !

Laurent : D’accord, mais tout concourt à créer une atmosphère de malaise … qui au fil de l’avancée de la pièce est devenue, pour moi, difficilement supportable.

Valérie : L’atmosphère ambiguë et l’ambiance décadente sont très bien rendues grâce aux moyens utilisés par le metteur en scène Ivo Van Hove. Pour la décadence, te souviens-tu de cette scène mémorable de fête des SA avec Denis Podalydès et Sébastien Baulain ? Je n’ai pas éprouvée de malaise croissant même si le climat se tend de plus en plus au fil de la pièce. Pour moi, il aurait fallu encore plus de tension.

Laurent : Mmmm … Il est de coutume de dire que le théâtre se doit d’être un vecteur d’émotions. Eh bien, ici, l’effet recherché est pleinement atteint. En bien ou en mal. Mon expérience fut aussi douloureuse qu’intéressante.

Valérie : Pour ma part, je reverrai volontiers cette pièce mais assise ailleurs dans la salle Richelieu car, très près de la scène, je suis sûre de ne pas avoir tout vu. Ivo Van Hove est un perfectionniste. Ses mises en scène méritent plusieurs visions pour appréhender l’ensemble des dispositifs qu’il utilise et complètement cerner l’âme qu’il a souhaité donner à la pièce. Bon allez, ce n’est pas tout ça, mais y en a qui ont du travail. Je dois écrire ma critique sur la pièce Les Damnés, justement, et pour l’instant je ne sais pas trop comment l’aborder. Une idée ?



Propos extraits de la critique de Laurent Moulin et d’une certaine conversation sucrée.
8 juin 2019
9/10
0 0
L'adaptation du film de Luchino Visconti a fait son retour sur la scène de la Comédie-Française et si ce n'est pas déjà fait c'est absolument à voir !

Créée en 2016 au Festival d’Avignon cette pièce raconte l'histoire « d'une famille d'industriels pendant la prise de pouvoir des nazis en 1933 en Allemagne. [On] y voit une « célébration du Mal » où débauche idéologique et perversions familiales s'entremêlent. »
La justesse des acteurs de la Comédie Française et de la mise en scène rendent ces 2h10 puissantes et inoubliables. Sans parvenir à mettre des mots dessus on ne sort pas indemne de la salle Richelieu.
18 mai 2019
6,5/10
2 0
Hum... Assez mal à l'aise et ravie de quitter la salle.
Si le thème est identique à « La résistible ascension d'Arturo Ui » j'ai largement préféré la mise en scène du second.

Le vrai plaisir a été de re- découvrir Christophe Montenez !
14 mai 2019
6/10
5 0
Je n’avais plus ressenti un tel malaise dans une salle de spectacle depuis une représentation de Roméo et Juliette à l’Opéra de Lyon. C’était il y a une bonne décennie (au moins) … Les décors étaient signés Enki Bilal. L’histoire tragique des deux célèbres amoureux avait été transposée dans une société fictive, tombée sous le joug d’une dictature. Le climat en était véritablement … oppressant.

Oppressant, le terme est juste je trouve pour décrire le sentiment qui m’a envahi lors de cette représentation des Damnés à la Comédie Française.

Oppressante est l’histoire, au demeurant intéressante. A celle ou celui qui me demanderait de lui en faire un résumé, je me bornerais certainement à lui répondre ceci : « regarder en face ou fermer les yeux ». Se retrouvant devant les changements politiques de son époque, la famille Von Essenbeck, propriétaire des aciéries de la Ruhr, ne va avoir que deux choix possibles : résister ou collaborer. Nous sommes en Allemagne en février 1933. Alors qu’à Berlin brûle le Reichstag, au cœur de la famille Von Essenbeck couvent les braises qui vont bientôt la consumer. Résister ou collaborer. Le dilemme va venir dévorer chaque membre venu célébrer l’anniversaire du patriarche. Résister ou collaborer. Au centre de la problématique : l'avenir de l'entreprise. La famille se divise. Dès lors se dessinent les alliances stratégiques, les amours utiles, l’ambition de la conquête, le désespoir de survivre et la peur de choisir.
Le spectacle est lourd, très lourd. Il ne laissera personne indifférent. En bien ou en mal.

Oppressante est l’ambiance. L’extrême lenteur de l’action, le caractère froid du jeu des comédiens (dont l’interprétation ne souffre aucune critique par ailleurs) et des décors, la brutalité des sons et des lumières … Tout concourt à créer une atmosphère de malaise, qui au fil de l’avancée de la pièce devient, pour moi, difficilement supportable.

Il est de coutume de dire que le théâtre se doit d’être un vecteur d’émotions. Ici, l’effet recherché est pleinement atteint. En bien … ou en mal.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor