L'Envers du music-hall

L'Envers du music-hall
De Colette
Mis en scène par Danièle Lebrun
  • Comédie Française - Studio Théâtre
  • 99, rue de Rivoli
  • 75001 Paris
  • Louvre-Rivoli (l.1)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 45,00
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« Il est rare dans la Maison de Molière d’être seul en scène et ce désir taraude parfois les comédiens », observe Éric Ruf, chacun des spectacles de ce festival revenant pour l’acteur à être « l’Alpha et l’Oméga d’un texte, son seul porteur d’eau ».

Colette, qui fut artiste de music-hall, a écrit d’admirables pages sur la « réalité » du métier, « l’envers de ce que les autres regardent à l’endroit ». Danièle Lebrun nous les dévoile aujourd’hui.

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8 avr. 2017
9/10
17 0
La mime Colette

Joli nom que Les Folies Bergère où le client mange, boit, rit et se divertit ! Mais quand est-il derrière la scène, quand le rideau tombe, quand l’artiste ôte son costume ? C’est moins « spendid » à priori. La vie d’artiste décrite par Colette, auteure devenue mime, dans L’envers du music-hall, est plutôt laide et minable. Pas de toit fixe, de repas chaud, de vêtement somptueux, mais « des abeilles pauvres et sans butin »

Merci à Danielle Lebrun qui, à bientôt, 80 ans et une pêche d’enfer, a su redonner vie à ces récits d’arrière scène, rappeler à nos mémoire ces artistes d’un autre siècle ... et d’aujourd'hui.
8 mars 2017
9/10
25 0
Le choix du texte, le talent de l'interprète... Simul et singulis, l'accord est parfait. Ce n'est assurément pas cette Colette pantomime et femme de spectacle que l'on connaît le mieux. Son verbe, son implacabilité restent les mêmes, mais l'élan est différent: Colette nous raconte sa vie de troupe, l'itinéraire des tournées, l'errance de la misère, le flonflon des gens modestes.

Et avec quelle interprète! Danièle Lebrun paraît et c'est l'élégance qui monte sur scène. Seule avec une table, des chaises, un tabouret qui changent de place, Danièle Lebrun est là, lumineuse. Empruntant la voix de Colette dans un beau costume rouille, des bottines années 30 et une coiffure à la garçonne bien travaillée. Elle sait tout jouer, il n'y a aucune autre narration que la seule modulation de sa voix et de ses attitudes.
Cela va vite, très vite les accents et les rôles s'enchaînent sans qu'on en perde une miette et le tumulte de la vie de troupe se fait réel. Danièle Lebrun nous conte cela en jouant sans répit, avec une justesse incroyable. Je vois l'actrice et en même temps le personnage qu'elle fait parler comme si elle tenait dans ses mains des marionnettes. Ce dédoublement est fabuleux: savoir jouer une allemande puis Colette puis son patron puis une ingénue tout de go en se moquant des personnages ou en leur offrant tendresse sans jamais qu'on oublia qui est sur scène... Voilà la performance d'une grande actrice !

Je me suis régalée, j'ai non seulement découvert un pan de Colette que je ne connaissais pas mais aussi moult mots d'un langage fleuri et familier dont je ne connais pas tout le vocable... Comme la langue française est infinie, dans tous les registres.

Et comme ce récit est touchant: Colette brosse un portrait sans complaisance de la société de son temps et de ses compagnons de (dé)route. - figé sur le papier par Colette, mis en mouvement par Danièle Lebrun!
23 févr. 2017
10/10
59 0
Une leçon.
Danièle Lebrun nous a donné une leçon.

Une leçon de théâtre, bien sûr !

Avec son adaptation de cet Envers du Music-hall, écrit par Colette, l'immense comédienne qu'elle est a purement et simplement subjugué (le verbe n'est pas encore assez fort) tout le Studio-Théâtre.
Véritablement subjugué !

Dès son apparition côté cour, elle envoûte le public.

Aucun décor. Quelques chaises blanches, un escabeau de bibliothèque.
Et c'est tout.
(On reconnaît la volonté et le parti-pris minimalistes de Marcel Bluwal, le mari-collaborateur artistique...)

Un très bel ensemble début XXème siècle veste/jupe longue couleur brique, chemisier blanc avec un col-Claudine (forcément...), une petite cravate noire, un canotier de la même couleur, sublimes bottines assorties, elle est splendide.

Et Melle Lebrun commence à parler, de sa voix reconnaissable entre toutes.

Durant une heure et trente minute, elle va interpréter cette galerie de personnages que Colette à connus, lors des différentes tournées de music-hall.
(Colette a en effet sillonné la France, on l'oublie souvent, dans une carrière de mime, montrant parfois, ô scandale pour l'époque, un sein nu.

La comédienne incarne, durant une heure trente, en une quinzaine de tableaux, ces compagnons de tournée de la future auteure du « Blé en herbe » et de la série des Claudine.

Elle fait d'ailleurs plus que les incarner : elle est ces « abeilles pauvres et sans butin », cette jeune première, cette femme aux haltères, cette directrice de troupe, ce régisseur, ce Gonzalez tout timide et en permanence fauché, j'en passe et des meilleures...

Elle EST ces artistes ambulants en tournée !
Elle en tire le portrait parfois tendre, touchant, parfois caustique, parfois vachard, elle les raconte, elle les vit.

Sa façon de dire ce texte, sa manière de dérouler les mots, ses intonations, sa diction parfaite, sont autant de démonstrations du métier et de l'art du comédien.
Durant cette heure et trente minutes, j'avais devant moi ces hôtels plus ou moins miteux, ces artistes de music-hall brinquebalés par la vie.
Je vivais pleinement ces situations de jalousies, de petites mesquineries, de petits bonheurs, de grandes tristesses, de joies et de déceptions vécues par les différents personnages.

Et pourtant, bien entendu, Danièle Lebrun était seule sur scène.

Tous les apprentis-comédiens, tous les étudiants dans les conservatoires et écoles supérieures de théâtre devraient venir voir ce Singulis, et écouter ces mots magnifiés de Colette.

Et se dire en sortant du Studio-théâtre « Voilà, je veux devenir Danièle Lebrun ! »

Une leçon, vous dis-je !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor