• Classique
  • Théâtre de la Tempête
  • Paris 12ème

L'école des Femmes

L'école des Femmes
De Molière
Mis en scène par Philippe Adrien
Avec Patrick Paroux
  • Patrick Paroux
  • Valentine Galey
  • Pierre Lefebvre
  • Joanna Jianoux
  • Gilles Comode
  • Pierre Diot
  • Raphaël Almosni
  • Enrique Vladimir
  • Théâtre de la Tempête
  • Route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de vincennes (l.1)
Itinéraire
Billets de 12,00 à 20,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Arnolphe a élevé sa pupille Agnès dans l’isolement le plus total afin de faire d’elle une épouse soumise et fidèle.

Mais l’innocence équivaut-elle à l’ignorance ? La violence semble être la langue naturelle d’Arnolphe : parler, pour lui, c’est dominer. Vivre ? « Se garantir de toutes les surprises. » Aimer ?

Posséder et façonner : « Ainsi que je voudrai, je tournerai son âme. » Le sérieux du projet se donne pour sagesse, mais Chrysalde, l’ami, ne s’y trompe pas : « Je le tiens pour fou de toutes les manières. » Aveuglé, Arnolphe se prend pour un héros de tragédie, mais il n’y a là d’autre fatalité que la logique d’une lubie qui se retourne contre lui : « Jusqu’où la passion peut-elle faire aller ? ».

Hélas, le bonhomme se trompe de genre : il n’y a pas de tragédie du cocuage ! Agnès, sous nos yeux, s’éveille aux sensations, au sentiment, à la parole enfin qui, une fois conquise, constitue la véritable école de liberté. L’oiseau est prêt à s’envoler. L’École des femmes, ou la défaite d’une tyrannie… Oui, Molière toujours, pour le défi, l’irrespect, la liberté par émancipation, qui laisse Arnolphe pantelant, « ne pouvant plus parler - Oh ! » sera son dernier mot.

Exit. Sous les rires.

 

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13 sept. 2016
9/10
39 0
Plus de 50 000 spectateurs ont déjà vu la mise en scène de l'Ecole des Femmes par Philippe Adrien. La création a eu lieu au Théâtre de la Tempête le 12 septembre 2013. Plusieurs tournées ont permis a à un public régional d'assister au spectacle qui a été nominé deux fois aux Molières, en 2014 pour la mise en scène du théâtre public et en 2015 pour la révélation féminine (pour le rôle d’Agnès).

L'exploitation est loin d'être terminée et le directeur du théâtre a eu la bonne idée de la reprendre pour cette rentrée. L'affluence sera sans doute forte sur ces quatre semaines plus pour goûter la vision de Philippe Adrien que pour entendre Molière dont on ne pense pas avoir encore le potentiel de nous étonner.

Et pourtant si ! La meilleure preuve ma été donnée par Philippe Adrien lui-même qui bien que connaissant plus que très bien cette oeuvre n'a pas retenu plusieurs éclats de rire le premier soir de la "reprise". Les comédiens ont perçu cette forme de satisfaction depuis la scène, ce qui les a rassurés, signifiant qu'il sont (toujours) sur la bonne voie.

Manifestement très ému, le metteur en scène a exprimé publiquement le sentiment qu'il avait vécu ce moment de manière inédite : Molière n'en finira jamais de nous surprendre, a-t-il commenté. Les personnages sont là pour nous dire à quel point nous prenons les fantômes qui nous entourent pour de la réalité. Ils sont terrifiants (et nous-mêmes le sommes sans doute aussi) et nous donnent envie de nous enfuir. En nous confrontant à l'être humain effrayé et effrayant, Molière nous démontre, à condition d'écouter le texte différemment, que ce qui est angoissant peut devenir en fait très drôle. Ce que l'on prend dans notre vie quotidienne pour une réalité ne l'est alors pas du tout.

La pièce commence par une évocation totalement volontaire de l'Angélus de Millet avec deux jardiniers-paysans qui entretiennent un lopin de terre symbolisant le printemps de la vie en illustrant la définition que Molière donne de la femme qui serait le potager de l'homme.
Entre temps la misogynie et le sadisme auront fait leur oeuvre sans triompher. C'est au contraire l'amour qui est le grand vainqueur, bien entendu entre les jeunes gens, Agnès et Horace, mais aussi, et c'est peut-être moins habituel de le montrer, dans le coeur d'Arnolphe qui lui dira finalement : faisons la paix, va petite traitresse, et rendons grâce au ciel qui fait tout pour le mieux.
Si bien que le spectacle est aussi noir qu'il peut devenir joyeux. Car qui rit d'autrui doit craindre qu'en revanche on vienne rire de lui.

A l’époque des mariages d’intérêt et des unions arrangées, Molière met en scène l’amour comme une force de libération et d’accomplissement de soi. Le printemps est à vif dans le coeur d’Arnolphe, en proie au démon de midi : le bonhomme est grotesque certes, mais ô combien vivant et captivant !

L'Ecole des Femmes est la première grande comédie de Molière. Elle parait paraît l’année même où Molière épouse Armande Béjart, de 20 ans sa cadette. Il était tentant de projeter l'homme dans le personnage d'Arnolphe. En faisant courir la rumeur que sa femme pouvait être sa fille on a cherché à briser sa carrière.
On retrouve des comédiens qui ont déjà joué dans des mises en scène de Philippe Adrien comme Patrick Paroux (Le Dindon), Pierre Lefebvre (Le Dindon, mais aussi formidable dans Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit qui fera elle aussi l'objet d'une reprise du 20 avril au 28 mai 2017).
Également Pierre Diot et Vladimir Ant qui figuraient eux aussi au générique du Dindon. Mais tous les comédiens sont excellents, également Valentine Galey qui nous campe une Agnès qui s'éveille à l'amour et au désir en démontrant que l'innocence ne se réduit pas à l'ignorance.

Plusieurs moments sont caricaturés, intentionnellement en provoquant un effet onirique (par exemple la scène de nu à sa toilette) ou comique, jusqu'aux saluts qui sont quelques instants d'arrêt sur image.
Il faut signaler le remarquable travail de maquillages et de postiches de Sophie Niesseron et Pauline Bry.
Il faut aller voir cette Ecole des femmes qui ne sera sans doute pas reprogrammée l'an prochain. Vous serez fin prêt pour une conversation imaginaire avec la fille de Molière qui démarre le 16 septembre sous le titre du Silence de Molière.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor