Le pavé dans la Marne

Le pavé dans la Marne
De Jean-Paul Farré
Mis en scène par Ivan Morane
Avec Jean-Paul Farré
  • Jean-Paul Farré
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 13,00 à 35,00
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« Les temps sont venus du sarcasme et de la prophétie » Antoine Vitez

« La guerre de 14, ça c’est du vrai feu d’artifice, pas comme ceux du 14 juillet ! Pourtant, elle a duré beaucoup moins longtemps que dans la réalité et s’est arrêtée après la défaite, lors de la bataille de la Marne... Et voilà, les mots qui fâchent sont écrits. Oui, je persiste et signe, le miracle de la Marne n’a pas eu lieu... C’est peut-être dommage pour les historiens, mais mieux pour le nombre de soldats qui ne sont pas morts inutilement pour la patrie au champ d’honneur ».

Et si les Allemands avaient gagné la bataille de la Marne ? Malicieuse uchronie...

Jean-Paul Farré n’hésite pas à bousculer le récit national et nos certitudes sur la Grande Guerre. Et c’est l’occasion d’une réécriture de l’Histoire par un clown qui sait être grave sous le rire.

 

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28 oct. 2017
9/10
36 0
Que se serait-il passé si en 1914, les Allemands avaient gagné la bataille de la Marne ?
Oui, oui, la guerre aurait été terminée !

Au lieu de durer 1562 jours, elle n'en aurait compté que 47.
Dix fois moins de morts, la Champagne et les Ardennes cédées à l'ennemi, sans oublier accessoirement que le général Pétain serait retombé à jamais dans le plus total anonymat dès 1915...
Et hop ! Remballez barda et bandes molletières !

Voici le postulat de départ de ce Pavé dans la Marne, que Jean-Paul Farré a tout d'abord publié sous forme d'un livre, voici trois ans.

Bien entendu, le passage à la scène s'est vite imposé !

M. Farré a donc proposé à son ami de quarante ans Ivan Morane de lire son ouvrage pour mettre en forme et en scène cette épatante uchronie.

Le résultat de cette collaboration amicale et artistique est un véritable petit bijou théâtral !

Ivan Morane a fait de son copain une sorte de M. Loyal-conférencier-clown, qui va défendre sa thèse sur un petit théâtre, fait de bric et de broc, avec des marionnettes, des ombres chinoises, des rideaux-cartes...
Le théâtre dans le théâtre...
Le théâtre aux armées, le théâtre des opérations.
Le comédien fera tout lui-même : frapper les trois coups, ouvrir et fermer les rideaux, changer les décors, demander les lumières adéquates...
Cette brillante trouvaille fonctionne à merveille.

Le comédien est purement et simplement captivant.
Avec sa faconde habituelle, de sa voix reconnaissable entre toutes, avec son féroce et irrésistible humour, il nous fait remonter le temps et bifurquer au moment voulu.

Le propos est on ne peut plus documenté. On sent bien que la période passionne le comédien !

Un comédien qui n'est pas seul sur scène.

L'accompagne au violon Muriel Raynaud au violon. (Elle interprètera des sonneries militaires, la chanson de Craonne, etc, etc...)
Au violon, certes, mais pas que.
Côté jardin, lorsqu'elle ne joue pas, elle incarne de façon muette toutes les femmes qui sont restées à l'arrière, alors que leurs hommes partaient à la boucherie.
Ce parti-pris d'Ivan Morane est lui aussi très réussi.

Tout ceci est captivant et drôle.
On sent bien le discours anti va-t-en-guerre, on perçoit bien la dénonciation des militaires cyniques ou inconscients, l'incurie des politiques...
L'analyse est brillante !

Et puis, au moment où l'on s'y attend le moins, Jean-Paul Farré nous assène un véritable coup de massue.
Il devient alors bouleversant.

Et l'on comprend !

Nous comprenons pourquoi la période le fascine, nous comprenons le pourquoi et le besoin d'avoir écrit ce livre et monté ce spectacle.
Les dix dernières minutes sont déchirantes. La salle n'en mène pas large.

On l'aura compris, ce spectacle est un véritable hommage au théâtre, mais pas du tout à la guerre.
Rompez !
26 oct. 2017
8,5/10
24 0
Sur l’affiche, trois enfants nous scrutent, ils sont mignons, comme tous les enfants ils aiment se déguiser, le petit garçon en pioupiou et les petites filles en infirmières prêtes à voler à son secours, pourtant on sent dans leur regard une inquiétude...

Leur neveu Jean-Paul Farré a lui aussi le goût de la comédie et du déguisement.

Il jette son pavé dans la Marne, déjà tout un symbole et une drôle de façon de raconter la Grande Guerre, ses généraux, ses diplomates.

Tel un bateleur de foire, il raconte comment tout a commencé, l’assassinat de l’Archiduc d’Autriche et de sa femme, les répercussions en Europe, l’assassinat de Jaurès, partisan de la paix. Un cours d’Histoire à sa manière, aidé par une grande carte de l’Europe, ou se costumant en chauffeur de taxi, marionnettes en mains pour représenter les troufions.

Une présentation grinçante de la gabegie militaire qui aura coûté la vie de jeunes hommes et détruit des foyers. Le narrateur a de la verve et l’on sourit parfois malgré tout.

Mais il y a aussi la douceur, la musique, le violon, un bruit de machine à coudre, une jeune femme s’affairant à coudre une jupe. Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs, les usines. Ne pas oublier non plus les poètes, les écrivains qui ont payé leur écot.

La Grande Guerre, la « der des der », tu parles ! Mais avec Jean-Paul Farré, de toutes façons il a décidé que la bataille de la Marne avait mis un terme aux hostilités. Il a assez d’imagination pour chambouler la grande Histoire.

La fin est émouvante, un bel hommage que Jean-Paul a rendu à ses grands-pères, Adrien, mort pour la France et à Alfred.

« Quelle connerie la guerre » J. Prévert.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor