Le passé

Le passé
De Léonid Andreïev
Adapté par Julien Gosselin
Mis en scène par Julien Gosselin
  • MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
  • 9 Bd Lénine,
  • 93000 Bobigny
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« Ses phrases », dit Julien Gosselin en parlant de Léonid Andréïev, « vous creusent un trou dans le cœur ». Ses textes, son théâtre, interrogent un désir obsédant, celui de vivre en excédant les limites de l’existence. Sa voix n’était pas de celles qui s’accordent avec quelque régime que ce soit. Pour la faire entendre, le metteur en scène s’est attaché à transformer son propre langage artistique : accueillir le passé, c’est aussi laisser revenir son théâtre, jouer avec la nostalgie des signes d’autrefois.

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Le théâtre ne se conjugue-t-il qu’au présent ? Julien Gosselin lui préfère le futur antérieur. Ce n’est pas par hasard qu’avec la compagnie Si vous pouviez lécher mon cœur, il s’est fait connaître par une adaptation des Particules élémentaires, de Michel Houellebecq, suivie de travaux sur l’écriture romanesque de Roberto Bolaño ou Don DeLillo, présentés à l’Odéon en 2014, 2016 et 2018.

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20 nov. 2022
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​Percutant, Poignant. Puissant.

Léonid Andréïev 1871-1919 est un journaliste et écrivain russe militant anti tsariste puis militant antibolchévique, peu connu en France dont Maxime Gorki dira :
“Léonid Nikolaévitch Andréïev était talentueux de nature, organiquement talentueux ; son intuition était étonnamment fine. Pour tout ce qui touchait aux côtés sombres de la vie, aux contradictions de l’âme humaine, aux fermentations dans le domaine des instincts – il était d’une effrayante perspicacité.” 

Julien Gosselin nous fait découvrir cet auteur à travers cinq de ses œuvres dont deux pièces de théâtre et trois nouvelles.

*Ekatérina Ivanovna 1912. (Pièce) Descente aux enfers, d’une femme de la société bourgeoise échappant à l’agressivité de son époux qui l’accuse à tort de tromperies.
*Requiem 1916. (Pièce) Un personnage mystérieux recrée une pièce dans la chambre d’une maison abandonnée devant un faux public.
*L'Abime 1902 Deux étudiants amoureux arpentent la campagne et sont attaqués par des clochards. Quand le jeune homme reprend conscience, il perd la raison et devient agressif jusqu'au viol.
*Le brouillard 1902 aventures terrifiantes, cruelles et néfastes d’un adolescent avec le sexe.
*La résurrection des morts 1910-1914 Journée avant l’apocalypse. La douleur disparait et tous devient merveilleux….

Le rideau se lève, nous sommes dans un salon bourgeois du siècle dernier pompeusement décoré, le feu crépite dans la cheminée, côté jardin et côte cour des portes s’ouvrent sur les différentes pièces.
Soudain, un coup de feu retentit, les portes claques, le spectacle commence…Qu’ils soient sous nos yeux où à l’intérieur de la datcha , les comédiens sont filmés en live, leurs images sont renvoyées sur un immense écran en hauteur. Ce procédé original et astucieux, nous révèle leurs mimiques et leurs expressions qui nous sautent aux yeux et nous chavirent. Nous apercevons leurs silhouettes derrières les vitrages, cela donne une impressionnante vitalité et véracité aux différents tableaux.

Julien Gosselin fractionne Ekatérina Ivanovna en quatre épisodes qu’il imbrique entre les quatre autres œuvres choisies de Léonid Andréïev.
Les différentes séquences, s’enchainent, se complètent et s’enrichissent pour former Le Passé.

Les premiers épisodes d' Ekatérina Ivanovna sont interprétées comme un vaudeville avec des courses à travers les couloirs et des portes qui claquent. Cela allège la noirceur de cette œuvre tourmentée, déstabilisante et bouleversante. Les personnages sont excessifs et effroyables.

Plus tard, dans la pénombre, en bord de scène, Carine Caron nous bouleverse dans le monologue de L’Abime.

Puis nous sommes interloqués par Le brouillard, un film en noir et blanc, les personnages sont caricaturaux et « métamorphosés » par des masques aux expressions terrifiantes et aux voix stridentes. C'est percutant et fort.

La scénographie de Lisetta Buccellato est magnifique et nous allons de surprises en surprises. Le cœur s’emballe parfois tant l’émotion est grande. Certaines scènes sont époustouflantes.

La musique de Guillaume Bachelé et Maxence Vandevelde, alternant entre rythmes orageux, puissants et douces mélodies mélancoliques, intensifie les émotions et nous transperce.
Le dernier épisode est d’une intensité et d’une fureur magistrale, Victoria Quesnel est extraordinaire et fascinante.Elle interprète avec violence et brio ‘La danse des 7 voiles’ qui s’achemine dans une crise de folie excessive et endiablée. Victoria Quesnel est bouleversante, Quel talent !

Les comédiens Guillaume Bachelé, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Carine Goron, Victoria Quesnel, Achille Reggiani, Maxence Vandevelde nous entrainent avec grands talents dans ce monument théâtral dont nous ne sortons pas indemnes mais heureux d’avoir été dévorés par de tumultueuses émotions.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor