Le Marronnier de la rue Caulincourt

Le Marronnier de la rue Caulincourt
Mis en scène par Pascal Vitiello
  • Le Funambule Montmartre
  • 53, rue des Saules
  • 75018 Paris
  • Lamarck Caulaincourt (l.12)
Itinéraire
Billets de 11,00 à 30,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Secret de famille.

Histoire de trois générations de femmes sur fond de l'histoire du XXème siècle, de guerres et de non dits.

 

Des énigmes, des histoires d'amour, une grande histoire d'amour, une pièce sur le fil de nos émotions qui nous renvoie à notre propre histoire...

 

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19 déc. 2016
8/10
45 0
La rue Caulaincourt, deux appartements, deux vies. Le marronnier, l’arbre généalogique d’Edith. C’est une bonne candidate pour la psychogénéalogie !

Cette jeune femme romancière, tient grâce aux cigarettes et à l’alcool, elle écrit le roman de sa famille, mais il y a des lacunes, et puis surtout, cette obsession de culpabiliser, de vouloir savoir à tout prix pourquoi depuis trois générations, les femmes de la famille se retrouvent seules, abandonnées.

Un arrière grand-père mort au champ d’honneur durant la Grande Guerre, et un grand-père américain, venu libérer la France et découvrir l’amour. Mais Jo, un jour retourne aux USA pour les obsèques de son père et ne revient pas, ne donne aucune nouvelle à Mona ou à Louise. Pourquoi ?

Lucie, la voisine, une amie de la famille, une très chère grand-mère, a un petit-fils aux USA qu’elle adore, et elle veille sur Edith avec affection. Un jour, elle décide après des lettres retrouvées, de demander à son Gary de petit-fils, d’enquêter sur la disparition de Joseph. Elle a une idée derrière la tête et charge Edith de contacter le jeune homme...

L’histoire de ces femmes est touchante, on retrouve des échos de notre propre famille, pas toujours aussi complexe, quoique !

Toujours un plaisir de retrouver Bérangère Dautun, gracieuse, ferme, et protégeant Lou Guyot.
14 déc. 2016
7/10
43 0
Bérengère Dautun est une de ces actrices que l'on n'oublie pas quand on a la chance de la voir sur scène. Je me souviens d'elle soutenant le combat d'Emile Zola dans J'accuse ! au Studio Hébertot.
Elle était là très sensible Comtesse de Ségur, née Rostopchine à la Comédie Bastille. Et plus récemment elle se glissa dans la peau de Carole Weisweiller pour raconter un pan de la vie de "monsieur Cocteau".

Isabelle est allée la découvrir dans une pièce que propose le Funambule Montmartre et qui prend ses racines comme le Marronnier, rue Caulaincourt. Elle a apprécié cette saga familiale lourde de secrets, et voilà ses impressions :

Lorsque nous rentrons dans la salle, Edith (Lou Guyot) cigarette à la main, écrit fébrilement sur une feuille de papier. On comprend qu’elle se trouve dans l’appartement de sa mère, Mona, qui vient de décéder. Comme souvent pendant une période de deuil, on se replonge dans le passé, les photos, les correspondances et on essaye de comprendre d’où on vient. On réalise alors parfois, qu’en plus de la douleur de la perte, de nombreuses questions constituant notre identité resteront sans réponse. C’est cet impact des non-dits, de la transmission au fil des générations, qui va former la trame de la pièce rédigée et adaptée pour le théâtre par Véronick Bourdoncle.

Edith a choisi de partir sur les traces de son passé et d’en faire un livre. Mais pas sous n’importe quel angle : ce sont les femmes qui l’intéressent. Pourquoi, depuis trois générations, les femmes de sa famille ont-elles perdu leur mari par abandon ou disparition inexpliquée… ? Y a-t-il une malédiction qui la toucherait elle aussi, célibataire endurcie ? Elle s’enregistre dans un dictaphone : "Et moi Edith, orpheline d’une mère exclusive. Quatrième génération d’une longue lignée de femmes seules, rongées par le malheur et la solitude. Je suis seule. "

Sur le même palier, rue Caulaincourt vit Lucie (Bérengère Dautun), grande amie de la famille, qu’Edith considère comme sa grand-mère adoptive. Cette dernière connait de nombreux détails sur l’histoire de la famille et va aider Edith à enquêter sur son passé.
Les deux femmes sont aux antipodes. Edith est torturée par cette quête de vérité, elle est souffrance et colère tout à la fois. Elle en veut à sa mère d’avoir été "Mona avant d’être mère", un personnage de roman excentrique, manipulatrice et fascinante. Lou Guyot joue à la perfection cette trentenaire stressée qui fume et boit trop parce que sa vie est vide, sans amour, hantée par le sentiment d’abandon.

Edith au contraire a sa vie derrière elle. Elle est positive, très énergique et encourage Lucie à se battre et à ne pas s’apitoyer sur son sort. Quand on demande à Berengère Dautun, sociétaire de la Comédie Française de 1972 à 1997, de définir son personnage, elle répond : "amour et ténacité". Son jeu est celui d’une battante qui peut aussi se laisser émouvoir et nous émouvoir. Ainsi lorsqu’enfin éclate la vérité, elle qui pensait être soulagée est en fait extrêmement troublée : "Pourquoi faut-il que ce soit moi qui ouvre la boîte de Pandore. Vos maux se répandent sur moi. Ce poison qui vous a rongé me ronge maintenant. A quoi ça va servir ? "

Bien sûr, je ne vais pas vous révéler les secrets de famille qu’Edith va être la première à élucider. Du reste, ce n’est pas tant le secret qui importe que le comportement que l’on adopte dans certaines circonstances pour ne pas baisser les bras devant le destin. Y a-t-il prescription ? Probablement jamais complètement, c’est bien cela qui nous touche dans cette pièce.

Le jeu tout en finesse des actrices rattrape quelques lourdeurs dans le texte. Pascal Vitiello (qui a déjà signé plusieurs mises en scène avec l'actrice) nous fait passer d’un appartement à l’autre dans une jolie mise en scène, sobre et intimiste. Allez-y avant le 31 décembre. Vous passerez un bon moment. Attention ! Les portes n’ouvrent qu’un quart d’heure avant le spectacle.
Lucie et Édith habitent rue Caulaincourt, sur le même palier. Édith se débat dans le travail douloureux du deuil de sa mère morte récemment. Lucie, grande amie de la famille est considérée comme la grand-mère adoptive d’Édith. Elle sait mille et une choses de l’histoire familiale.

Depuis trois générations, le départ brutal du grand-père d’Édith reste inexpliqué et ronge les pensées jusqu’à en devenir un secret de famille. Un secret incompréhensible tant l’amour scellait ce couple alors.

Depuis trois générations, trois femmes se retrouvant chacune leur tour sans compagnon, semblent se transmettre le sentiment d’abandon de mère en fille comme une malédiction qui pèse sur leurs vies empêchant le bonheur de s’y installer tout à fait.

Depuis trois générations, chaque femme de cette famille se bat pour comprendre, pour exorciser ce mal d’amour et cette culpabilité qui s’en nourrit.

Édith veut trouver cette vérité que personne ne connait. Lucie l’aide de sa présence bienveillante et affectueuse, Ses conseils et les bribes de mémoire qui lui reviennent vont influer le cours des recherches. Avec la pugnacité de Lucie et le besoin de vaincre d’Édith, le temps du silence s'arrête. L’incroyable vérité est enfin mise à jour.

Le texte de Veronick Bourdoncle est poignant et réjouissant à la fois, avec en toile de fond les questions de la transmission dans l’histoire familiale, du sentiment d’abandon et de la quête du père. Les sentiments de colère rentrée et de rage bouillonnante face à ce secret à l'injustice pesante baignent l’ensemble des situations avec justesse et sans pathos. Les yeux brillent, les émotions affluent parfois car les comédiennes nous cueillent, sereinement mais surement. Et les deux font la paire !

Bérengère Dautun éblouit de son talent et incarne une Lucie adorable, digne et pêchue, donnant du fil à retordre à la morosité et à l’abattement. Elle sait aussi être émue et troublante dans les moments où les souvenirs rattrapent Lucie comme pour la surprendre. Une magnifique comédienne.

Lou Guyot joue finement le rôle d’Édith, elle parvient à nous émouvoir et à nous montrer avec adresse et une jolie maîtrise, l’évolution de son personnage au fil de l’histoire. Une agréable comédienne.

La mise en scène de Pascal Vitiello, volontairement sobre, permet aux personnages de s’installer dans les situations avec précision et simplicité et nous montre deux femmes nous captiver de leurs confidences et savourer la quiétude de la délivrance.

C’est une belle histoire, c’est très bien joué, c’est un joli moment inattendu et prenant à voir sans hésitation.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor