Le froid augmente avec la clarté

Le froid augmente avec la clarté
De Thomas Bernhard
Mis en scène par Claude Duparfait
Avec Thierry Bosc
  • Thierry Bosc
  • Claude Duparfait
  • Pauline Lorillard
  • Théâtre national de la Colline
  • 15, rue Malte-Brun
  • 75020 Paris
  • Gambetta (l.3)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 36,00
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Après Des arbres à abattre, créé en collaboration avec Célie Pauthe à La Colline en 2012, Claude Duparfait revient à Thomas Bernhard, en mettant en scène les deux premiers volets de son autobiographie – romans d’initiation dans une Autriche défigurée par le nazisme.

Les déflagrations intimes de ces récits à vif seront interprétées par cinq acteurs et actrices – tous traversés par la pulsation de l’écriture et par la musique, dont la présence dans le spectacle fera écho à celle, salvatrice, qu’elle a eue dans la vie de Bernhard.

 

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4 juin 2017
9/10
17 0
Un grand moment de Théâtre, avec une remarquable interprétation des 5 acteurs et la scénographie épurée.
9,5/10
33 0
Voici un beau spectacle, un superbe moment de retrouvailles avec Thomas Bernhard, des aspects peu ou prou connus mais revendiqués de son enfance et de sa jeunesse, extraits de ses récits et reflétant la naissance de ses valeurs et de son regard.

Claude Duparfait s’est inspiré pour écrire ce spectacle de deux des cinq romans autobiographiques : L’Origine (publié en 1975) et La Cave (publié en 1976).

Qu’il s’agisse de ses poèmes, de ses romans, de ses discours ou de ses pièces, il semble que le Théâtre soit toujours présent dans les textes du grand maître. Nous y retrouvons cette même dimension éclairée et éclairante de représentation de la vie et les transpositions, les transcendances ou les sublimations des douleurs qui l’habitent, des sentiments qui le rongent comme des injustices qui le font réagir.

À chaque fois, l’accentuation des propos, la répétition des mots, la provocation des idées explosent de leurs apprêts et font ressortir la verve radicale et sans concession de cet auteur libertaire, cherchant par les nombreux monologues aux accents misanthropes, à dénoncer inlassablement les bassesses de l’humanité, ses vacuités et ses vanités.

Et toujours cette même toile de fond qui apparait : l’Autriche, son pays qu’il hait de l’avoir peut-être trop aimé et craint depuis son enfance. Malgré ses longues promenades dans la campagne, qu’il a adorées, auprès de son grand-père, « son philosophe privé ».

L’écriture théâtrale de Claude Duparfait fait le choix d’un récit façon biopic où la narration est jouée par un comédien dans le rôle du grand-père et par quatre comédiens qui se partagent le rôle de Bernhard. Les paroles sont réparties et mêlées par moments en duo ou en quatuor, les fondant et les confondant comme pour faire ressortir la force et la poésie des textes originels de l’auteur.

Alors bien sûr, nous sommes transportés, pris dans cette autofiction partagée, surpris à nouveau par ces colères sourdes qui éclatent quand il s’agit de montrer la brutalité des observations et la brusquerie de leurs réminiscences.

La distribution excelle : Thierry Bosc, Claude Duparfait, Pauline Lorillard ; Annie Mercier et Florent Pochet. Brillants, ils semblent tous porter la nécessité et l’urgence de délivrer ces bribes de l’histoire de vie de Bernhard qui témoignent des sources des thèmes majeurs de son œuvre.

Il y a du théâtre documentaire dans ce spectacle vif et précis, poétique, sarcastique et drôle. À ne pas manquer pour découvrir ou retrouver Thomas Bernard, ici merveilleusement servi.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor