Le Fantôme de Canterville

Le Fantôme de Canterville
De Oscar Wilde
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 12,00 à 35,00
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Bienvenue au Manoir de Canterville ! Faites bien attention où vous mettez les pieds car le manoir est hanté...

Tous les soirs, le fantôme erre dans les couloirs à la recherche d'humains à effrayer ! Jusqu'au jour où s'installe la famille Otis : des humains pas effrayés du tout.

Entre les moqueries des parents et les plaisanteries des enfants qui s'amusent à lui jeter des coussins à la tête en riant, le pauvre fantôme en voit de toutes les couleurs... et cherche à se venger ! 

 

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19 juil. 2019
8,5/10
20 0
Il est dans de beaux draps, le fantôme de Canterville !
Dame, je voudrais vous y voir, vous ! Pas facile d'être un fantôme qui ne fait pas peur !

Un fantôme qui n'inspire ni crainte ni répulsion dans un manoir hanté, c'est un peu comme un homard à trois pinces, un peu comme Séréna Williams en tenue de tennis sobre ou encore un peu comme un ministre de l'Education Nationale sans réforme.
C'est inattendu et pour ainsi dire rarissime !

Leïla Moguez a eu la bonne idée d'adapter pour le jeune voire très jeune public la nouvelle d'Oscar Wilde publiée en 1887.

Le ministre Hiram B. Otis a acheté la propriété de Canterville Chase, à la stupéfaction générale, car on disait que le manoir était hanté.
Il faut dire aussi que le ministre en question était américain, et débarquait du côté d'Ascot, dans le comté du Berkshire, (les amateurs de précisions géographiques se régalent), avec sa famille composée de son épouse et de ses deux enfants, la douce Virginia et le turbulent et espiègle Washington.

L'adaptation de Melle Moguez va se concentrer judicieusement sur le fait que le fantôme en question n'est pas n'importe lequel des fantômes.
Sir Simon, c'est son nom, eut la malheureuse et définitive idée de trucider son épouse Lady Eleonore en 1575. On ne retrouva jamais le corps du mari meurtrier, mais son esprit trouble depuis le manoir.

Sans compter la tache de sang qui refuse obstinément de disparaître du tapis, et ce malgré tous les détergents possibles et imaginables.

Deux comédiens vont à eux seuls interpréter tout ce petit monde.
Hier, Aurélie Gendron et Pierre-André Ballande (PAB pour les intimes, dont j'avais notamment beaucoup aimé la prestation dans une précédente pièce, « Aladin, la prophétie »), les deux déboulent donc du fond de la salle rouge du Lucernaire et se chamaillent d'entrée de jeu, se disputant les différentes annonces d'avant représentation.

Immédiatement, les jeunes spectateurs comprennent que le spectacle sera décalé.

Le procédé est habile et fonctionne à la perfection.

Melle Gendron et M. Ballande vont donc interpréter à eux deux tous les rôles.
Là encore, nous ne sommes jamais perdus. Même quand la gouvernante Mme Umney se retrouve avec une barbe.
Quelques accessoires, quelques costumes, et le tour est joué.

Toute la famille est là, devant nous. Sans oublier le fantôme, avec chaînes et drap immaculé, comme de bien entendu !

Les spectateurs sont captivés par le récit et les péripéties de l'histoire.
Les grands comme les petits.
J'en veux pour preuve, suite à une réplique percutante de l'un des deux comédiens, la petite voix qui est montée du public pour affirmer haut et fort « N'importe quoi ! ».
Hilarité générale !

Oui, nous allons beaucoup rire.

Les deux ont une vraie vis comica, une vraie force comique.

(La version de « Colchiques dans les prés » est un grand moment. Je n'en dis pas plus et vous laisse découvrir...)

Pour autant, tout le monde dans le public est concentré et attentif.
C'est évidemment un signe qui ne trompe pas. Par moments, on entendrait les mouches voler.
La double énonciation, la distanciation, la catharsis, ces trois principes fondamentaux du théâtre fonctionnent parfaitement.

Une nouvelle fois, au Lucernaire, le parti-pris de prendre les jeunes spectateurs pour des êtres doués de raison est démontré. Aucune mièvrerie, aucune démagogie juvénile.
Les petits spectateurs sont respectés en tant que tels !

Ce spectacle est à conseiller sans modération à tous ceux qui ont la charge durant les après-midis d'été parisien de têtes plus ou moins blondes, à partir de 5 ans.

Quant à ceux qui n'ont plus personne à garder et n'ont plus qu'à occuper qu'eux-mêmes, ceux-là peuvent également venir assister à ce bien beau moment de théâtre.
De la bien belle ouvrage !
25 sept. 2017
4/10
11 0
Petite déception avec le Fantôme de Canterville, adaptation pour 5-10 ans de la nouvelle d’Oscar Wilde, qui passe un peu à côté de cette langue si vive et acérée.
Convaincre la tranche 5-10 ans, c’est un sacré challenge, les enfants changent bigrement ! Et le faire en leur donnant une teinture de la langue d’Oscar Wilde relève de l’ambition démesurée. La compagnie Anansi réussit assez bien à toucher toute la tranche d’âge, des grimaces et des pitreries pour les plus petits, des séquences sérieuses pour les plus grands.
Un beau travail, plus de 10 rôles, 2 acteurs, à coup de changement d’accessoires qui donnent à certaines scènes complexes une impression de décousu. L’intrigue de la nouvelle d’Oscar Wilde a été sérieusement adaptée, l’esprit est là, il manque quelques morceaux de bravoure, on est plus dans l’univers de Casper que dans celui d’origine.
Un moment sympathique, donc, mon vrai regret concerne la langue d’Oscar Wilde qui n’est pas là, de ne pas avoir vu les aphorismes fuser, les mots voler, la langue pétiller et scintiller. Baroudeur, qui ne l’attendait pas, a passé un bon moment, et c’est finalement l’essentiel.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor