Le Dur Désir de Durer, Dromesko

Le Dur Désir de Durer, Dromesko
  • Le Monfort théâtre
  • 106, rue Brancion
  • 75015 Paris
  • Porte de Vanves (l.13)
Itinéraire
Billets de 10,00 à 28,00
Evénement plus programmé pour le moment
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On avait quitté Igor et Lily et toute leur troupe, les animaux compris autour d’un banquet et de multiples cérémonies.

Deuxième volet d’un diptyque, Le Dur désir de durer, démarre là où s’est arrêté Le Jour du Grand Jour. On les retrouve dans le même dispositif que traversent les comédiens, musiciens, danseurs comme on traverse sa vie.

Ici, le Théâtre Dromesko évoque le temps qui passe, l’abandon, le désenchantement, la fragilité de la vie, ses tempêtes aussi, jusqu’à la disparition, avec l’inconnu et le mystère qui nous attend tous, derrière la porte. Il n’y a plus qu’à se laisser emporter... Une suite ? Plutôt une suite en avant face aux lendemains qui déchantent, avec dans le dos les rengaines du passé et sous les pieds le vertige d’être encore là aujourd’hui. Sur ce petit bout de plancher perdu au milieu du public, ponton flottant sur cette marée humaine, nous allons passer et repasser, courant ou trainant, seuls ou nombreux, allant toujours dans la même direction. Apercevoir des fragments de parcours, des parenthèses de vie avant un « après », ou après un «avant ».

Une vierge naine, un homme portant un jeune enfant, un chirurgien dans son habit de lumière… Tous, anonymes de la vie et normaux de l’imaginaire.

 

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17 févr. 2018
8/10
14
C’est drôle parfois la vie, on croise quelqu’un, on lui parle cinq secondes, cette personne a juste le temps de mentionner le nom Dromesko, allez comprendre pourquoi cela pique notre curiosité, la personne disparait, on pense à elle avant le début du spectacle puis on se dit qu’on ne la remerciera jamais assez pour avoir évoqué ce spectacle.

Alors attention, ce spectacle, dont les thèmes sont éternels : la vie, la mort, le passage, que dis-je, la traversée d’un état à un autre n’est pas exempt de défauts, car après un départ en fanfare avec ces corps sans tête à quatre jambes qui supportaient et faisaient avancer la Vierge Naine de Séville (ça je l’ai lu dans le programme) et ces musiciens tout droit sortis d’un Freak Show, le soufflé retombe quelque peu. Je ne suis pas à une contradiction près, moi qui écris beaucoup, mais les parties écrites/parlées font baisser le rythme et l’attention (je ne parle pas de la qualité de l’écriture, qui est bien présente, je précise). Car le Théâtre Dromesko sait nous transporter dans un ailleurs grâce à ces images qui m’ont fait penser aux meilleurs films de Kusturica (les naissances, les mariages…), il y aurait aussi quelque chose de Fellinien (j’imaginerais bien un jeune garçon qui verrait ce spectacle et qui tomberait amoureux d’une des artistes, un peu comme dans Amarcord).

Ce que je n’ai pas dit, c’est que nous sommes ici dans un dispositif bifrontal (et on est très mal assis, mais ça, c’est une autre histoire) et il y a une seule entrée et une seule sortie. Ce sont ces traversées qui fascinent. Rien ne s’arrête mais on fait tout pour durer ou faire durer le plaisir. Et c’est très bête, mais voir un personnage tirer un lit d’hôpital, le sortir de scène et le voir revenir de l’autre côté alors que le lit n’a pas fini sa sortie, ça me fait rire.

La dernière demi-heure est fantastique : un personnage ne parvient pas à sortir, se heurtant à un mur invisible, là où des dizaines d’individus (joués par les huit autres comédiens) entrent et sortent de plus en plus rapidement, le vent (et le burlesque) s’invite dans la partie, un "chien-taureau", un poney, pas de truie hier soir mais cet oiseau… irréel. Je ne me souviens pas en avoir vu un tel de toute ma vie. Est-ce un contorsionniste ? Une marionnette ? C’est un marabout (je me suis renseigné) d’un autre âge, qui joue remarquablement bien. Ses ailes, son bec, ses pattes sont tout un poème (oui, je sais, j’ai déjà écrit cela du corps de Robert Lepage, mais Robert Lepage est-il un marabout ? Ahhh…)

« Le dur désir de durer »… à chaque fois que j’écris ce titre, j’ai envie d’écrire « Le dur désir d’aimer », allez comprendre…
24 janv. 2018
5,5/10
34
Voici un spectacle gentiment sympathique, gentiment foutraque pour gentils bobos.
Un spectacle gentiment gentil, quoi.

Un mélange d'un peu de cirque, d'un petit peu de danse, d'un petit peu de musique, d'un petit peu de texte (le titre fait référence à l'ouvrage éponyme de Paul Eluard).

Le public sera assis sur deux gradins en bi-frontal.
Un couloir sépare donc les deux séries de rangées.
C'est dans ce couloir que se déroulera le spectacle, avec un propos assez simple : à mon côté cour, c'est le monde de la jeunesse et de la naissance, à mon côté jardin, c'est le lieu de la mort.
Au milieu, on essaiera de durer, même si c'est dur, quoi...

Les comédiens-danseurs-musiciens défilent dans différents tableaux.

Un peu de cirque, donc.
Quelques numéros avec des animaux qui passent, un cochon, un poney, un marabout. Un marabout ailé, pas un de ceux qui distribuent des petits papiers au métro Belleville, non, un oiseau très digne dont on m'assure qu'il s'appelle Charles et qui va se percher sur le dos tatoué d'une artiste.
(L'artiste en question aura au préalable montré ses fesses, en compagnie d'un de ses camarades, ce qui n'est quand même guère provocateur, mais ceci déclenche quelques rires...)

Un peu de danse, donc.
Un léger flamenco (est-ce pour attirer Anne Hidalgo, dont sa mairie finance ? Je ne sais...) et une jolie scène de tempête, avec un gros ventilateur. Une scène très très mais alors très inspirée du spectacle Snowshow du merveilleux clown russe Slava).

Un peu de musique. Un nain à l'accordéon, un joueur de tambour sur échasses et un violoncelliste sur un petit fauteuil roulant avec une lampe qui l'éclaire quand il roule.

Un peu de texte, avec notamment un assez long monologue qui fait immédiatement retomber la pulsation et le rythme du très beau premier numéro. (Je vous laisse éventuellement découvrir...)
Est-ce un passage tiré du livre d'Eluard ? Je ne sais, j'aurais bien aimé en savoir davantage...

Un élément du spectacle me faisant penser à l'histoire du théâtre anglais élisabéthain m'a fasciné.
La queen Elisabeth the First exigeait que les pièces qu'on présentait à sa cour comportassent un chien sur scène, dans un numéro qui fît beaucoup rire.
Ce qui, au passage, exaspérait au plus haut point un certain William Shakespeare qui était plus ou moins obligé d'en passer par là...
Hier, le moment du spectacle qui a déclenché l'hilarité fut l'apparition... d'un petit chien tout noir, qu'on avait affublé d'une paire de cornes toutes blanches.
On aura compris que rien ne change sous le soleil des projecteurs.
Et je referme ma parenthèse historique.

Après les saluts bi-frontaux, on offre à boire aux spectateurs.
Moi, je suis quand même resté sur ma faim.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Originalité
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor