Expo Le Drapé

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Du 30 novembre 2019 au 8 mars 2020, l'exposition du Musée des Beaux-arts s’attache à l’étude du drapé, très présent dans l’art, que ce soit le dessin, la peinture ou la sculpture. 

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5 févr. 2020
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Enfin, Lyon nous offre une exposition de grande qualité avec « le Drapé » au Musée des Beaux-Arts jusqu’au 8 mars 2020. Enfin, le MBA a su ne pas se limiter pour une fois à ses propres collections et oser s’ouvrir à d’autres collections régionales et internationales. Enfin, cette exposition peut rivaliser avec celles d’autres villes européennes comme en Italie ou en Allemagne, où la culture est moins concentrée sur la capitale comme en France.

Aussi, cette exposition nous donne l’opportunité de voir des œuvres d’horizons divers, en provenance de fonds régionaux comme ceux des MBA de Grenoble, Reims, Orléans, Rennes, du musée Calvet d’Avignon, du musée Reattu d’Arles … mais aussi en provenance de musées prestigieux comme ceux du Louvre, des Offices de Florence, de Rome, du Rijksmuseum d’Amsterdam, du Museum of Modern Art de New-York ou bien de la Morgan Library and Museum de cette même ville. De plus, le parcours sur le Drapé nous propose un point de vue innovant car le sujet n’est traité ni sur un plan chronologique, ni sur un plan analytique (la tunique antique, l’habit religieux, le voile, le périzonium, le drap, etc …). Le thème nous est montré par rapport au processus de création. Quelles sont les pratiques d’atelier pour faire « survenir » le drapé ? Des mannequins de petite ou grande dimension sur lesquels l’artiste posera son drapé. C’est ce que nous révèle par exemple le dessin de Michel-ange « Etude de figure assise d’après mannequin pour la Sibylle d’ Erythrée » de la Chapelle Sixtine. L’artiste peut aussi décider d’un autre simulacre que le mannequin et ainsi prendre un modèle vivant nu qu’il va couvrir pour mieux faire advenir les formes de la nudité. « Caresser le nu », « Le faire sentir » disaient les théoriciens du 17ème siècle. Aussi, l’artiste va commencer à dessiner nu ce qu’il va draper ensuite. Les sculpteurs en feront tout autant comme Rodin et ses « Bourgeois de Calais ». Pierre de Wissant est sculpté nu avant d’être à nouveau sculpté drapé. Mais certains artistes contemporains s’éloigneront de ces acquis comme Giorgio de Chirico qui ira jusqu’à peindre les mannequins eux-mêmes dans « Les époux ». L’artiste Christo, quant à lui, poussera la provocation à emballer des statues classiques, comme un pied de nez à ces anciennes théories. Et Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ semble ricaner de ces conventions en nous montrant un tibia décharné avec « Figure drapée – vue de dos ». Une attention particulière, dans le processus de création, sera portée sur le pli : on peut remarquer notamment des dessins d’Albrecht Dürer, d’Andrea Del Sarto, de Grünewald, de Lorenzo di Credi, du Bronzino et de Pontormo. Ainsi que « La Porte de Déméter » d’Ernest Pignon-Ernest, et les plis monumentaux de « Sabine » d’ Alison Watt. Enfin, une partie fort intéressante nous montre comment, une fois la technique de création mise à l’épreuve, le drapé peut revêtir … sa fonction d’objet. Le drapé-voile, le drapé-drap (Imogen Cunningham ; la passionnante vidéo « l’Homme dans les draps » d’Alain Fleischer ; le strip-tease de la féministe Orlan toujours à la recherche d’une provocation révélatrice). D’autres fonctions du drapé nous sont présentées : le drapé-fantôme (Dali; les « Autoportraits ou la Vierge Marie » de Zineb Sedira qui nous interrogent) ; le drapé-linceul, et même le drapé-sac de couchage du migrant de Mathieu Pernot!). Une œuvre peut aussi se suffire à elle-même et ne pas être réduite à un objet clairement identifié. Etre, exister en tant que telle : ce sera la toile plissée d’ "Achrome" de Piero Manzoni. L’intérêt de cette exposition fort originale et menée de main de maître, réside aussi dans le fait d’avoir convoqué la danse, autre création artistique que celles de la peinture ou de la sculpture : la vidéo sur Brygida Ochaim dansant le drapé de Loie Fuller nous étonne. « La Lamentation » de Martha Graham est époustouflante. Anne Halprin avec « Parade and Changes » à nouveau mis en scène en 2008, nous montre des danseurs se drapant dans une immense feuille de papier kraft. Enfin Mourad Merzouki utilise des « mannequins » pour danser « Corps est graphique ».

Bravo au nouveau Pôle des Musées d’art de Lyon MBA/MAC qui signe ici une exposition de grande envergure. On attend avec impatience la prochaine …
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Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor