Le dernier carton

Le dernier carton
  • Théâtre du Gymnase
  • 38, boulevard de Bonne-Nouvelle
  • 75010 Paris
  • Bonne Nouvelle (l.9)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 35,00
À l'affiche du :
13 janvier 2020 au 19 février 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 20:00
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Face à lui, le déménageur, Oussama.

Qui est-il ? Que sait-il ? Pourquoi refuse-t-il de partir ?

Entre ces deux hommes aux abois la peur couve comme l’orage qui gronde, puis éclate, et soudain plus rien n’est comme avant.

 

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14 janv. 2020
10/10
4 0
« Dernier carton » d’Olivier Balu au théâtre du petit Gymnase dans une mise en scène de Laurent Ziveri est un huis clos qui déménage par ses rebondissements.

« Dernier Carton », une pièce qui a vu le jour il y a dirons-nous quelques mois et que le jeune et talentueux auteur a décidé de mettre dans les mains d’un metteur en scène chevronné.
Le résultat est surprenant, nous sommes happés par la tension grandissante de cette confrontation entre deux hommes aux univers complètement différents, opposés tant dans leur intellect que dans leur culture : l’un est issu des beaux quartiers et l’autre de la banlieue.

Au lever du rideau, nous sommes dans l’appartement de Richard, un présentateur vedette du petit écran d’une émission littéraire qui fait les belles soirées de sa chaîne.
Trônent au milieu de la pièce, qui semble être le séjour, un escabeau et un carton : le dernier du déménagement sur lequel Richard est assis…
Diane, la femme de Richard l’a quitté et il a décidé de fuir ce foyer qui n’en est plus un.

Le déménageur a laissé son collègue dans le camion et vient prendre congé de Richard en lui faisant signer le bordereau d’intervention.

Une rencontre brève qui tourne court au développement de l’intrigue, mais c’est sans compter la plume d’Olivier Balu qui sans cesse nous captivera avec les moult rebondissements qu’il a concoctés, jusqu’à la scène finale qui pourrait bien donner une suite à ce huis clos.

Mais ne brûlons pas les étapes et revenons dans ce salon où se dévisagent nos deux hommes et essayons de comprendre ce qui les retient dans ce face à face à l’allure tendue.

En effet, le déménageur devient de plus en plus envahissant mettant mal à l’aise Richard qui ne sait plus quoi faire pour s’en débarrasser, lui qui est fortement perturbé par le départ de son amour.
Un départ qui ne s’explique pas même si nous comprenons que la différence d’âge pourrait être l’une des raisons.

Un déménageur envahissant qui semble être à ses heures perdues un écrivain.
Il a d’ailleurs adressé son manuscrit à Richard par l’intermédiaire de la chaîne, mais il semblerait que ce dernier ne l’ait pas reçu…

Commence alors une confrontation entre le jeune homme, qui pourrait être son fils, et cet homme d’âge mûr déboussolé par l’épreuve qu’il traverse : le loup, chef de meute, contre le renard, à la jeunesse et la vivacité insolentes.
Le déménageur veut absolument savoir si Richard a lu son livre ! Rien d’autre ne l’intéresse !
Il s’ensuit alors des répliques acides, virulentes.
Au fur et à mesure que le fil de la pelote de leur vie se déroule, ils sont tour à tour agressifs, violents et les masques tombent.
Des mots qui sortent de leurs bouches comme un exutoire à leurs conditions d’homme, des mots qui les lient le temps d’une soirée au-delà de leurs peurs et doutes.

Ils vont se livrer sans pudeur, avec leurs émotions, se mettre à nu pour mieux casser les codes des barrières sociales qui les séparent.
Ils vont confronter leurs vérités pour mieux se comprendre et avancer dans cet échange qui va bien au-delà d’une simple rencontre dans un hasard des plus troublants…
Ils sont tous les deux au bord d’un précipice : qui va sauter le premier ?

Un suspens très bien ficelé, à l’humour noir, qui va à l’essentiel dans son écriture et qui nous tient en haleine jusqu’à la scène finale.

Laurent Ziveri a su tirer partie avec intelligence et rigueur de tous les rebondissements qui organisent ce face à face en leur donnant vie. Il a construit sa mise en scène en emboîtant avec précision toutes les pièces du puzzle, comme celles d’une pièce policière : redoutable et efficace, mettant en avant la sincérité des jeux.

C’est la première fois que je voyais en chair et en os Patrice Laffont sur scène : il est d’un naturel désarmant. Il s’approprie son personnage avec une telle ferveur qu’il en est crédible à 100%. Un regard perçant, des silences percutants, alliant le cynisme à une présence émouvante ponctuée de rires libérateurs des tensions.

Michaël Msihid dans le rôle du jeune déménageur qui ne sait plus très bien comment il doit se comporter face à ce monstre de présentateur vedette est tout aussi naturel que Patrice Laffont dans sa palette de jeux très étendue. Il est émouvant dans sa sincérité de vouloir comprendre qui il est et où il va.

Chacun à la recherche de « la vérité », Patrice Laffont et Michaël Msihid nous entraînent dans leur folie généreuse d’être sur scène : ils partagent leur bonheur à la complicité évidente.

Un jeune auteur bienveillant à l’approche simple, prometteur, un auteur à suivre qui pourrait bien nous séduire à la rentrée avec sa prochaine pièce naviguant dans l’univers du vaudeville…
1 nov. 2017
8/10
51 0
Un appartement vide. Ou presque.
Seuls restent un escabeau et un carton. Le dernier.

Olivier Balu, un tout jeune auteur-metteur en scène va nous livrer un thriller psychologique à la Bertrand Blier.

Deux hommes apparemment totalement étrangers l'un pour l'autre, dans un lieu pratiquement vide, vont s'affronter.
Nous ne savons pas grand chose de ces deux-là.

Petit à petit, les masques vont tomber.

Au fur et à mesure que l'intrigue avance, nous allons percer à jour ces deux personnages, plus désespérés l'un que l'autre.
Vraiment percer à jour ? Voire...

On aura compris en tout cas que l'auteur va respecter les trois fameuses unités théâtrales : action, temps, lieu.
Une petite tragédie va se dérouler devant nous.

Richard est l'animateur télé d'une grande émission littéraire en fin de soirée.

Diane, sa compagne, vient de le quitter. D'où le déménagement qu'il est en train de terminer. D'où son désespoir.

Oussama, quant à lui, est le déménageur.
Nous connaissions le concept de « Poète et paysan », nous allons découvrir celui de « Déménageur et écrivain ».

En effet, avant de regagner son camion, il va demander à Richard si celui-ci a lu son livre, un livre qu'il lui aurait fait parvenir par l'intermédiaire de la chaîne TV.
La mécanique narrative est enclenchée.

Pour une intrigue bien ficelée, voici une intrigue bien ficelée.
Durant cette heure et dix minutes, j'ai été suspendu aux lèvres des deux comédiens, cherchant en permanence à démêler les dits et non-dits, les vrais et faux semblants.
D'autant qu'Olivier Balu s'y entend pour brouiller les pistes !

Impossible de lâcher Michael Msihid et Patrice Laffont.
Les deux comédiens m'ont totalement séduit.

La mayonnaise prend immédiatement entre les deux, une vraie cohérence règne sur le plateau.

Patrice Laffont est tour à tout désabusé, cynique, violent, émouvant, tendre, drôle.
Il nous montre une très jolie palette de jeu, il fait de son personnage quelqu'un de très intéressant.

Ce personnage se montre parfois très drôle, dans un registre humour noir, qui semble convenir tout à fait au comédien, comme s'il se régalait de nous faire rire et sourire. La scène « du bocal » fait partie de ces moments où le public s'amuse beaucoup, au milieu de ces instants de tension forte.

Michaël Msihid quant à lui incarne le mystère, se dévoilant peu à peu.
Lui aussi est parfait, tout en tension plus ou moins contenue.

De violents moments viendront émailler la pièce.
La mise en scène est alors très précise, très forte, presque chorégraphiée.
Ce qui pourrait tourner au ridicule est ici totalement maîtrisé : ces scènes intenses sont elles aussi tout à fait crédibles.

La fin de la pièce, que je ne raconterai évidemment pas, nous donnera envie d'imaginer la suite des relations entre ces deux hommes.

Au final, j'ai réellement apprécié ce dernier carton-là.

Une vraie rigueur se dégage de tout cela, ainsi qu'un vrai plaisir théâtral.
J'aurai passé un nouveau très bon moment au théâtre Essaïon.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor