Le Comte de Monte Cristo

Le Comte de Monte Cristo
  • Théâtre Essaïon
  • 6, rue Pierre-au-Lard
  • 75004 Paris
  • Rambuteau (l.11)
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Trois comédiens s’emparent du chef d’oeuvre de Dumas, remontent le fil de l’histoire, en bouleversent la chronologie, sur un rythme syncopé, incisif et vertigineux.

Jeté par des traîtres au fond d’un cachot pendant quatorze années, miraculeusement libre, considéré comme mort par ceux qui l’ont aimé et haï, Dantès devenu Comte de Monte-Cristo, construit patiemment sa vengeance, recueille les secrets de ses ennemis, et se lance dans un voyage dangereux, poussé comme le nuage de feu passant dans le ciel pour aller brûler les villes maudites.

Un jeu de mémoire dans lequel la vengeance et la douleur bataillent, les souvenirs se bousculent, se confondent, perdent le spectateur dans ce labyrinthe vertigineux imaginé par Dumas.

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22 févr. 2020
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« Le Comte de Monte-Cristo » d’Alexandre Dumas adapté par Véronique Boutonnet et mis en scène par Richard Arselin au théâtre Essaïon est une transposition théâtrale que l’on dévore des yeux et des oreilles.

Quelle gageure de monter en spectacle le roman d’Alexandre Dumas ou devrais-je écrire d’Auguste Maquet, sa main de l’ombre, mais là n’est pas le sujet. Tristan Petitgirard a mis en scène l’excellent « Signé Dumas » qui traite de l’ego démesuré d’Alexandre Dumas, que je vous recommande de voir si vous en avez l’occasion.

L’histoire du Comte de Monte-Cristo librement inspirée de celle de Pierre Picaud, simple cordonnier, tient en 6 volumes et 1.889 pages…eh bien on ne s’ennuie pas un seul instant dans ce condensé vertigineux qui se joue sous nos yeux ébahis en 1h30.

1815, 1838, 1829, …, les dates défilent à la vitesse grand V pour nous offrir une construction de ce spectacle déroutante.
Et c’est le bras vengeur d’Edmond Dantès, devenu Comte de Monte-Cristo, qui nous attrape sans jamais lâcher notre main, notre regard, pour nous instruire de sa terrible et glaciale vengeance.

Trois comédiens, et quels comédiens, vivent avec ferveur tous les personnages qui ont pris part à cet infâme conspiration pour jeter, sous une jalousie mal placée, un jeune marin de dix-neuf ans, promis à un bel avenir sur son navire « Le Pharaon », amoureux fou de la belle Mercédès, dans une geôle du château d’If dont on ne ressort que les pieds devant.

Une construction certes déroutante mais captivante dont il est préférable de se remémorer les principales étapes avant d’assister au spectacle, cela évitera les insupportables chuchotements que l’on entend en permanence dans la salle…

Edmond Dantès, depuis le Château d’If, revit comme un visiteur lambda, sous couvert d’anonymat, tout son parcours avec son regard hypnotique, et sous forme de flash-back nous comprenons, avec ses souvenirs qui se bousculent dans sa tête, toutes les étapes qui l’ont conduit dans cette misère, misère faite homme.
Son guide, comme celui que l’on rencontre dans les châteaux, à l’aide d’une lampe parcourt les geôles humides, à vous donner la chair de poule, qui ont uni Edmond Dantès et l’abbé Faria, son compagnon de captivité, qui fut en quelque sorte son sauveur, son rédempteur.
Ses explications, pour un Edmond Dantès muet, mettent en lumière l’horrible machination qui se met en mouvements dans une chronologie très astucieuse, comme dans un parcours de labyrinthe où la sortie ne fait que reculer, cachant cette lumière insoutenable pour des yeux endoloris.

Nous comprenons via des confessions obtenues, toutes les ficelles, les pièges, les ruses, que ce bras vengeur a patiemment élaborés pour justifier son implacable vengeance, sentence, où la ruine et la mort en seront les fruits.

Tour à tour les trois remarquables comédiens joueront avec intensité et sincérité les Edmond Dantès, Abbé Faria, Gaspard Caderousse, Pierre Morel, Danglars, Fernand Mondego…Comte de Morcef, Gérard de Villefort, Mlle de Saint Méran et tant d’autres qui ont pris part à cette fabuleuse histoire qui nous prend aux tripes.
Ils nous feront voyager de Marseille, au château d’If, en passant par l’Italie et allant même jusqu’aux contrées orientales aux sonorités reposantes.

Edmond Dantès sera tout de même pris par le doute, pouvait-il se faire vengeance, se substituer à Dieu ?

Rendez-vous au théâtre Essaïon pour entrer par la petite porte dans cette histoire fantastique. Avec sa cave voûtée, c’est le lieu idéal pour suivre les aventures d’Edmond Dantès.

Richard Arselin, sur un plateau nu, ayant comme seuls accessoires pour ses comédiens des manteaux aux dimensions virevoltantes confectionnés par Les Vertugadins, a mis en scène avec une précision folle l’imbrication des pièces du puzzle découpées habilement par Véronique Boutonnet. Ses lumières terrifiantes accompagnées de la musique de Franck Etenna donnent toute la mesure de l’implacable vengeance d’Edmond Dantès.

Véronique Boutonnet, Luca Lomazzi et Franck Etenna sont les trois comédiens qui jouent magnifiquement tous les personnages, dans une folie extrême qui nous provoque une joie intense et qui forcément donne envie de se replonger où tout simplement se plonger dans ce monument de la littérature française.
Je dois avouer que j’ai eu un faible pour la brillante palette de jeux de Véronique Boutonnet. Ses compagnons de route n’ont pas à rougir, mais c’est une femme qui leur tient tête royalement.

Il y a une lumière, une vie, un amour, dans leurs yeux et leurs voix qui font aimer le théâtre !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor