Le bon grain

Le bon grain
  • Comédie Nation
  • 77, rue de Montreuil
  • 75011 Paris
Itinéraire
À l'affiche du :
12 novembre 2018 au 5 janvier 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
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Une farce à la Prévert dans laquelle la reine toute puissante, n’hésite pas à sacrifier son peuple pour sauver la planète. Amuser tout en donnant à réfléchir.

François Dumont dépeint avec dérision la vie d’un royaume pris dans la tourmente, dirigé par une reine qui s’occupe bien plus volontiers de son potager que de ses sujets.

Réchauffement climatique, décisions hâtives, révolte du peuple, inconséquence des classes dirigeantes… qui, pour finir, décident d’éliminer toute la population des chômeurs, gueux et inactifs du Royaume.

La pièce, affligeant miroir, tourne à la farce politique. Il vaut mieux en rire !

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20 nov. 2018
8,5/10
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En vert et contre tout ?
Rien ne va plus dans le royaume !

La reine jardine dans son beau potager. Elle est fière de ses radis, même piquants, elle se pâme devant ses légumineuses, ses raves et autres tubercules.
Ce qui est plutôt bien, non ?

Seulement voilà, la crise écologique menaçant, elle ordonne la fin de toutes les activités industrielles, plongeant ainsi son bon mais pauvre peuple dans le plus profond des marasmes.
Et ce peuple, il va gronder. Et pas qu'un peu.

C'est bien beau d'être écologiste, mais lui, le peuple, n'a pas les moyens de l'être, écolo !

Le chômage, la précarité s'abattent sur le royaume, l'ultra-capitalisme règne en maître, notamment par le biais de l'industrie pharmaceutique.
Devant la menace insurrectionnelle, sa majesté va donc entreprendre de séparer le bon grain de l'ivraie.

Le bon grain des nantis qui mangent la plus grosse part du gâteau économique, et l'ivraie représentée par tous ceux qui n'ont plus que les miettes à se mettre sous les dents qui leur restent.

Deux grains de sable vont enrayer la mécanique de ségrégation sociale : le roi en personne, influencé par son conseiller Sifouti.

Vous l'aurez compris, François Dumont (rien à voir avec le candidat écologiste à la présidentielle de 1974, celui qui vêtu d'un pull rouge avait scotché la France entière en montrant à la télé un verre d'eau), François Dumont donc, a écrit une fable écologique et politique.

Il va nous faire nous interroger sur un sujet fondamental : être écologiste, c'est bien, mais comment considérer l'écologie seule, sans la notion de partage des richesses ?
L'auteur de ce spectacle est parti d'un ouvrage écrit en 2008 par Jean-Paul Fitoussi (Sifouti, Fitoussi, vous avez saisi?), un ouvrage intitulé « La nouvelle écologie politique ».

La démonstration qui se déroule sous nos yeux est imparable.

Comment peut-on envisager un seul instant sauver la planète en sacrifiant en même temps ses habitants les plus démunis ?
Comment professer pouvoir lutter contre le dérèglement climatique tout en abandonnant les plus nécessiteux ?
On verra par là que c'est un sujet de la plus brûlante des actualités. Suivez mon regard du côté des ronds-points français et du 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré...

Voilà pour le fond.
Pour la forme, François Dumont a écrit une farce jubilatoire.
Oui, tous les codes de la farce populaire sont présents : pas de décor, un espace scénique et des costumes réduits à leur strict minimum, pas de lumières sophistiquées mouvantes, pas de noir dans la salle, des comédiens qui y vont, qui rentrent dedans et qui n'ont pas peur de retenir leur jeu.

C'est un théâtre qui peut se jouer partout, y compris... hors d'un théâtre. C'est d'ailleurs de cette façon qu'est né le spectacle, dans un petit village du Perche.

Les quatre comédiens ont des rôles interchangeables, modifiant juste au moment voulu un élément de costume.

La reine est interprétée de façon truculente par Mélody Doxin. Quelle vis comica, quelle force comique ! Qu'est-ce qu'elle m'a fait rire ! On sent l'influence de la mère Ubu dans sa composition.
C'est un vrai plaisir de la voir se démener sur le plateau.

Les trois autres comédiens, François Dumont en personne, Pierre Clarard et Hadrien Peters jouent leurs partitions respectives dans le même registre burlesque.

Le fin du spectacle aura le grand mérite d'être ouverte et de plonger chaque spectateur devant ses propres représentations de l'écologie politique, et donc devant ses propres responsabilités.

Vous aurez donc compris que ce spectacle fait partie de ces pièces qui nous interpellent, qui interrogent de manière on ne peut plus forte la société dans laquelle nous vivons, un spectacle qui nous propose de réfléchir à l'ambiguïté de ce monde qui nous entoure.

Un théâtre militant, un théâtre-miroir également.
Un théâtre que je vous recommande chaudement.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor