L'autre Fille (Basler)

L'autre Fille (Basler)
  • Théâtre Les Déchargeurs
  • 3, rue des Déchargeurs
  • 75001 Paris
  • Chatelet (l.1, l.4, l.7, l.11, l.14)
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Annie Ernaux adresse une lettre à sa soeur disparue deux ans avant sa naissance, morte à six ans, emportée par la diphtérie.

Cette soeur dont elle découvre l’existence passée en entendant les bribes d’une conversation entre une cliente et sa mère dont les paroles “ Elle était plus gentille que celle-là ” se gravent à jamais dans sa mémoire.

Elle, l’enfant vivant, dormira dans le lit de la sœur disparue, son cartable deviendra le sien, elle mettra ses pas dans les siens. Au fil de son existence, elle se construit contre elle, entre réel et imaginaire, au gré des objets, des photos, des paroles échappées.

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15 avr. 2019
7,5/10
2 0
Annie Ernaux possède une écriture dense, intense, forte avec des phrases courtes. Marianne Basler donne toute sa force, sa sensibilité, sa témérité à prendre l'identité de l'auteure.

Elle devient cette femme qui s'interroge sur son identité à travers celle d'une autre inconnue. A t'elle existé pour remplacer celle qui a disparu ? Est-ce qu'il faut aller apprendre à exister dans l'absence de l'autre ? Puis entre les souvenirs qu'elle a pu récolter ici et là, une révélation se fait à elle. «Je n’écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j’écrive, ça fait une grande différence».

On se laisse porter au coeur du tourment affectif. Les vibrations dans sa voix nous transmettent ces fêlures. Certains spectateurs ne peuvent pas s'empêcher de pleurer. Son jeu est d'une précision et d'une netteté troublante. D'autant plus, que son physique se rapproche étonnement de celui de l'auteure. La mise en scène sobre et efficace de Marianne Basler et Jean-Philippe Puymartin contribue aux émotions provoquées. Elle souligne avec élégance ce monologue intime où juste un bureau avec quelques livres et un porte sont nécessaires.

Nous sommes au coeur de la création, là où les mots deviennent récit.
10 nov. 2018
8/10
6 0
Un peu plus d’un mois après avoir vu Romane Bohringer prendre à bras le corps un des romans d’Annie Ernaux, c’est au tour de Marianne Basler de s’emparer d’un autre court roman de l’autrice. Les mots ciselés, la parole simple mais directe de l’écrivaine sont un matériel exceptionnel pour toute bonne actrice et Marianne Basler sert à la perfection cette écriture et cette histoire.

On sent l’actrice impliquée : le texte avant tout. La mise en scène est sobre, une petite musique par ici, une voix par là, une porte au loin qui restera fermée pendant pratiquement toute la pièce, rien d’ostentatoire. Car ce texte mérite toute notre écoute, car le jeu de Marianne Basler mérite toute notre attention.

Malgré les petits bruits parasites non-naturels de certains spectateurs qui nous empêchent parfois de rester concentré, mais c’est le lot de toute expérience collective, comme on me l’a fait remarqué dernièrement (je ressens de plus en plus l’incapacité de faire abstraction du téléphone qui vibre, des chuchotements…), on est touché par l’émotion portée par l’interprète.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor