L'autre fille

L'autre fille
De Annie Ernaux
  • Théâtre Les Déchargeurs
  • 3, rue des Déchargeurs
  • 75001 Paris
  • Chatelet (l.1, l.4, l.7, l.11, l.14)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 28,00
Evénement plus programmé pour le moment
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"Elle était plus gentille que celle-là". 
Celle-là c'est elle, Annie Ernaux. 
Des mots surpris de la bouche de sa mère l'été de ses 10 ans. Des mots comme des gifles quand on se croit unique et adorée. 
Pour la première fois Annie Ernaux s'adresse à Ginette,  la sœur cachée, la petite sainte. 
Avec des phrases courtes et dépouillées elle brise le secret de famille, s'interroge. 
Comment être quitte ? Pourquoi n'avoir rien dit ? 
L'écriture sonne comme un uppercut, un coup de tonnerre. 
L'adresse est franche et violente : l'incarnation une évidence. 
Sur un fil entre révolte et distance. 

 

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Il y a 4 heures
9/10
3 0
Yvetot, un dimanche du mois d’aout dans les années 50, Annie a 10 ans, elle joue avec insouciance au soleil lorsque par hasard, au détour d’une conversation de sa mère, elle découvre l’existence de sa sœur ainée morte à 6 ans d’une diphtérie. Quelques mots frappent son oreille et écorchent son cœur pour toujours.
*Elle était plus gentille que celle-là. Dira sa mère.
Elle n’entendra plus jamais parler de cette sœur morte avant sa naissance et donc inconnue.
Annie (Laurence Mongeaud) part à l’encontre de cette sœur Ginette disparue si jeune un « Jeudi Saint » qu’elle ne peut être qu’une sainte…
*Tu es la gentille et moi la rebelle, l’intrépide,
Annie, lui écrit une longue lettre où la jalousie, la colère, la culpabilité, la douleur sont mêlées ainsi que la soif de vivre, d’être, de comprendre et d’accepter.
*Je suis venue au monde parce que tu es morte et je t’ai remplacée.
*Je n’écris pas parce que tu es morte, Tu es morte pour que j’écrive.
*Pour être, il a fallu que je te nie.
Le décor est sobre, juste quelques livres et quelques photos de famille.
En fond de scène une guirlande de lettre donne naissance au mot « GENTILLE », au dos de chaque lettre figure une photo de famille où Ginette est représentée.
Ce mot, se transformera plus tard en un autre, cela nous surprend et nous émeut mais je vous laisse la surprise…
Le texte est magnifique, simple et profond, il nous touche au plus profond de nous-même.
Laurence Mongeaud avec grand brio, nous émeut, nous captive. De l’enfance à l’âge adulte, elle incarne avec justesse et talent « L’autre fille » et nous dévoile avec passion ce douloureux secret de famille.
15 avr. 2019
7,5/10
1 0
Annie Ernaux possède une écriture dense, intense, forte avec des phrases courtes. Marianne Basler donne toute sa force, sa sensibilité, sa témérité à prendre l'identité de l'auteure.

Elle devient cette femme qui s'interroge sur son identité à travers celle d'une autre inconnue. A t'elle existé pour remplacer celle qui a disparu ? Est-ce qu'il faut aller apprendre à exister dans l'absence de l'autre ? Puis entre les souvenirs qu'elle a pu récolter ici et là, une révélation se fait à elle. «Je n’écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j’écrive, ça fait une grande différence».

On se laisse porter au coeur du tourment affectif. Les vibrations dans sa voix nous transmettent ces fêlures. Certains spectateurs ne peuvent pas s'empêcher de pleurer. Son jeu est d'une précision et d'une netteté troublante. D'autant plus, que son physique se rapproche étonnement de celui de l'auteure. La mise en scène sobre et efficace de Marianne Basler et Jean-Philippe Puymartin contribue aux émotions provoquées. Elle souligne avec élégance ce monologue intime où juste un bureau avec quelques livres et un porte sont nécessaires.

Nous sommes au coeur de la création, là où les mots deviennent récit.
10 nov. 2018
8/10
5 0
Un peu plus d’un mois après avoir vu Romane Bohringer prendre à bras le corps un des romans d’Annie Ernaux, c’est au tour de Marianne Basler de s’emparer d’un autre court roman de l’autrice. Les mots ciselés, la parole simple mais directe de l’écrivaine sont un matériel exceptionnel pour toute bonne actrice et Marianne Basler sert à la perfection cette écriture et cette histoire.

On sent l’actrice impliquée : le texte avant tout. La mise en scène est sobre, une petite musique par ici, une voix par là, une porte au loin qui restera fermée pendant pratiquement toute la pièce, rien d’ostentatoire. Car ce texte mérite toute notre écoute, car le jeu de Marianne Basler mérite toute notre attention.

Malgré les petits bruits parasites non-naturels de certains spectateurs qui nous empêchent parfois de rester concentré, mais c’est le lot de toute expérience collective, comme on me l’a fait remarqué dernièrement (je ressens de plus en plus l’incapacité de faire abstraction du téléphone qui vibre, des chuchotements…), on est touché par l’émotion portée par l’interprète.
18 juil. 2017
7/10
9 0
“GENTILLE” c’est ce qui est écrit sur les panneaux, 6 panneaux suspendus au bout de 6 roses.
Annie Ernaux n’a jamais pardonné à ses parents de lui avoir caché l’existence de Ginette, morte à 6 ans. Annie est venue au monde deux ans après la mort de sa soeur aînée.

Les secrets de famille qui n’en a pas, et un jour ou l’autre un mot, une phrase, une allusion et tout finit par se savoir, on le reçoit de plein fouet, on s’en remet ou pas. Une cousine d’Annie lui a donc appris un jour, l’existence de cette grande soeur.
Alors Annie se révolte contre tout ce qui l’a entourée enfant, la religion, les parents, l’éducation.
Elle-même a failli mourir petite. Sa mère l’a soignée, lui faisant boire de l’eau de Lourdes ! On parle aujourd’hui de vaccination obligatoire, elle existait déjà en 1938 mais n’a pas sauvé Ginette. Les parents sont très pieux, ils ont la maladresse de lui dire “Elle était plus gentille que celle-là” alors qu’Annie fête ses 10 ans…

C’est une femme, qui a de la haine pour tout, sa mère en particulier, Annie ne nous dit rien sur la souffrance de ses parents, (un peu facile de rejeter la faute sur eux). C’est vrai on ne parlait pas de ces choses là aux enfants, pour les protéger sans doute, parce qu’on estimait que ça ne les regardait pas peut être.
Rien à reprocher à l’impeccable interprétation de Laurence Mongeaud, qui ressent avec intensité les mots durs d’Annie Ernaux.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor