L'autre fille

L'autre fille
De Annie Ernaux
  • Théâtre Les Déchargeurs
  • 3, rue des Déchargeurs
  • 75001 Paris
  • Chatelet (l.1, l.4, l.7, l.11, l.14)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 28,00
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"Elle était plus gentille que celle-là". 
Celle-là c'est elle, Annie Ernaux. 
Des mots surpris de la bouche de sa mère l'été de ses 10 ans. Des mots comme des gifles quand on se croit unique et adorée. 
Pour la première fois Annie Ernaux s'adresse à Ginette,  la sœur cachée, la petite sainte. 
Avec des phrases courtes et dépouillées elle brise le secret de famille, s'interroge. 
Comment être quitte ? Pourquoi n'avoir rien dit ? 
L'écriture sonne comme un uppercut, un coup de tonnerre. 
L'adresse est franche et violente : l'incarnation une évidence. 
Sur un fil entre révolte et distance. 

 

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10 nov. 2018
8/10
3 0
Un peu plus d’un mois après avoir vu Romane Bohringer prendre à bras le corps un des romans d’Annie Ernaux, c’est au tour de Marianne Basler de s’emparer d’un autre court roman de l’autrice. Les mots ciselés, la parole simple mais directe de l’écrivaine sont un matériel exceptionnel pour toute bonne actrice et Marianne Basler sert à la perfection cette écriture et cette histoire.

On sent l’actrice impliquée : le texte avant tout. La mise en scène est sobre, une petite musique par ici, une voix par là, une porte au loin qui restera fermée pendant pratiquement toute la pièce, rien d’ostentatoire. Car ce texte mérite toute notre écoute, car le jeu de Marianne Basler mérite toute notre attention.

Malgré les petits bruits parasites non-naturels de certains spectateurs qui nous empêchent parfois de rester concentré, mais c’est le lot de toute expérience collective, comme on me l’a fait remarqué dernièrement (je ressens de plus en plus l’incapacité de faire abstraction du téléphone qui vibre, des chuchotements…), on est touché par l’émotion portée par l’interprète.
18 juil. 2017
7/10
8 0
“GENTILLE” c’est ce qui est écrit sur les panneaux, 6 panneaux suspendus au bout de 6 roses.
Annie Ernaux n’a jamais pardonné à ses parents de lui avoir caché l’existence de Ginette, morte à 6 ans. Annie est venue au monde deux ans après la mort de sa soeur aînée.

Les secrets de famille qui n’en a pas, et un jour ou l’autre un mot, une phrase, une allusion et tout finit par se savoir, on le reçoit de plein fouet, on s’en remet ou pas. Une cousine d’Annie lui a donc appris un jour, l’existence de cette grande soeur.
Alors Annie se révolte contre tout ce qui l’a entourée enfant, la religion, les parents, l’éducation.
Elle-même a failli mourir petite. Sa mère l’a soignée, lui faisant boire de l’eau de Lourdes ! On parle aujourd’hui de vaccination obligatoire, elle existait déjà en 1938 mais n’a pas sauvé Ginette. Les parents sont très pieux, ils ont la maladresse de lui dire “Elle était plus gentille que celle-là” alors qu’Annie fête ses 10 ans…

C’est une femme, qui a de la haine pour tout, sa mère en particulier, Annie ne nous dit rien sur la souffrance de ses parents, (un peu facile de rejeter la faute sur eux). C’est vrai on ne parlait pas de ces choses là aux enfants, pour les protéger sans doute, parce qu’on estimait que ça ne les regardait pas peut être.
Rien à reprocher à l’impeccable interprétation de Laurence Mongeaud, qui ressent avec intensité les mots durs d’Annie Ernaux.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor