L'autre fille

L'autre fille
De Annie Ernaux
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 28,00
À l'affiche du :
16 avril 2019 au 19 juin 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 21:00
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"Elle était plus gentille que celle-là". 
Celle-là c'est elle, Annie Ernaux. 
Des mots surpris de la bouche de sa mère l'été de ses 10 ans. Des mots comme des gifles quand on se croit unique et adorée. 
Pour la première fois Annie Ernaux s'adresse à Ginette,  la sœur cachée, la petite sainte. 
Avec des phrases courtes et dépouillées elle brise le secret de famille, s'interroge. 
Comment être quitte ? Pourquoi n'avoir rien dit ? 
L'écriture sonne comme un uppercut, un coup de tonnerre. 
L'adresse est franche et violente : l'incarnation une évidence. 
Sur un fil entre révolte et distance. 

 

Note rapide
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Toutes les critiques
30 mai 2019
7/10
2 0
La scénographie et la mise en lumière de Nadia Rémita et Pierre Pannetier trouvent un juste écho au texte d’Annie Ernaux. Sur scène, les lettres du mot gentille s’affichent avec des photographies d’un autre temps comme celle du bébé Cadum. Un mot fort car c’est lui qui créer le tourment d’une enfant maintenant devenue adulte. D’autant plus que quand on change les lettres de place, le prénom Ginette, cette sœur inconnue, apparaît. Pour les lieux importants, des livres marquent l’emplacement d’une tombe. De la mémoire reste des écrits, une belle image d’un sépulcre familiale. Des livres qui servent aussi d’endroit pour écrire, l’histoire est en train de se faire, de naître. Cela n’engendre pas que des moments de quiétude. La colère et le désarroi eux aussi s’expriment. Ils se font entendre grâce à de la musique électronique, des lumières vives et la prise de parole au micro. Cette dynamique prend vie grâce à l’interprétation de Laurence Mongeaud. Elle devient cette femme qui ressent le besoin de dire, de partager cette histoire secrète. « Je n’écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j’écrive ». Une interprétation pleine de fougue, d’émotions et de fragilité qui nous touche et nous emporte pendant plus d’une heure.
17 avr. 2019
9/10
7 0
Émouvant, envoûtant, magnifique.
Yvetot, un dimanche du mois d’aout dans les années 50, Annie a 10 ans, elle joue avec insouciance au soleil lorsque par hasard, au détour d’une conversation de sa mère, elle découvre l’existence de sa sœur ainée morte à 6 ans d’une diphtérie. Quelques mots frappent son oreille et écorchent son cœur pour toujours.
*Elle était plus gentille que celle-là. Dira sa mère.
Elle n’entendra plus jamais parler de cette sœur morte avant sa naissance et donc inconnue.
Annie (Laurence Mongeaud) part à l’encontre de cette sœur Ginette disparue si jeune un « Jeudi Saint » qu’elle ne peut être qu’une sainte…
*Tu es la gentille et moi la rebelle, l’intrépide,
Annie, lui écrit une longue lettre où la jalousie, la colère, la culpabilité, la douleur sont mêlées ainsi que la soif de vivre, d’être, de comprendre et d’accepter.
*Je suis venue au monde parce que tu es morte et je t’ai remplacée.
*Je n’écris pas parce que tu es morte, Tu es morte pour que j’écrive.
*Pour être, il a fallu que je te nie.
Le décor est sobre, juste quelques livres et quelques photos de famille.
En fond de scène une guirlande de lettre donne naissance au mot « GENTILLE », au dos de chaque lettre figure une photo de famille où Ginette est représentée.
Ce mot, se transformera plus tard en un autre, cela nous surprend et nous émeut mais je vous laisse la surprise…
Le texte est magnifique, simple et profond, il nous touche au plus profond de nous-même.
Laurence Mongeaud avec grand brio, nous émeut, nous captive. De l’enfance à l’âge adulte, elle incarne avec justesse et talent « L’autre fille » et nous dévoile avec passion ce douloureux secret de famille.
Un merveilleux moment de théâtre.
18 juil. 2017
7/10
11 0
“GENTILLE” c’est ce qui est écrit sur les panneaux, 6 panneaux suspendus au bout de 6 roses.
Annie Ernaux n’a jamais pardonné à ses parents de lui avoir caché l’existence de Ginette, morte à 6 ans. Annie est venue au monde deux ans après la mort de sa soeur aînée.

Les secrets de famille qui n’en a pas, et un jour ou l’autre un mot, une phrase, une allusion et tout finit par se savoir, on le reçoit de plein fouet, on s’en remet ou pas. Une cousine d’Annie lui a donc appris un jour, l’existence de cette grande soeur.
Alors Annie se révolte contre tout ce qui l’a entourée enfant, la religion, les parents, l’éducation.
Elle-même a failli mourir petite. Sa mère l’a soignée, lui faisant boire de l’eau de Lourdes ! On parle aujourd’hui de vaccination obligatoire, elle existait déjà en 1938 mais n’a pas sauvé Ginette. Les parents sont très pieux, ils ont la maladresse de lui dire “Elle était plus gentille que celle-là” alors qu’Annie fête ses 10 ans…

C’est une femme, qui a de la haine pour tout, sa mère en particulier, Annie ne nous dit rien sur la souffrance de ses parents, (un peu facile de rejeter la faute sur eux). C’est vrai on ne parlait pas de ces choses là aux enfants, pour les protéger sans doute, parce qu’on estimait que ça ne les regardait pas peut être.
Rien à reprocher à l’impeccable interprétation de Laurence Mongeaud, qui ressent avec intensité les mots durs d’Annie Ernaux.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor